Concerts symphoniques à l’Opéra de Toulon – Opéravenir https://www.operavenir.com Culture Nouvelle Thu, 02 Mar 2023 01:22:04 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.3 Une heure avec de la belle musique à l’Opéra de Toulon https://www.operavenir.com/une-heure-avec-de-la-belle-musique-a-lopera-de-toulon/ Thu, 02 Mar 2023 01:22:04 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3073 (Lire la suite)]]> Une heure à l’Opéra, de Beethoven à Poulenc ! en passant par Ravel, Gounod et Donizetti

By TV83.info -Mar 1, 20230

Maurice Ravel et Francis Poulenc

Que du bonheur !
Une heureuse initiative de  programmation, à la fois par la  qualité et par le souci d’incitation à la musique moderne. L’opéra de Toulon propose un concert récital d’une heure le samedi 4 mars à 20h avec l’orchestre symphonique de l’opéra de Toulon placé sous la direction de Victorien Vanoosten. En soliste le ténor Kiup Lee.

Cinq œuvres au programme
L’ouverture de Coriolan de Beethoven composée en 1807 pour une pièce allemande inspirée de la vie du général  Gaius Marcius, général patricien de l’ancienne Rome au Ve siècle avant J.C. Il bat l’armée des Volsques et conquiert leur cité, Coriali ; en hommage les romains  le nomment Coriolanus. Peu après sa victoire, la plèbe se rebelle contre les consuls ; Coriolan parvient à la calmer. Malgré cela, cédant au peuple manœuvré par quelques envieux, le Sénat refuse de l’élire comme consul. Coriolan s’emporte, menace les sénateurs qui le condamnent à l’exil. Il rejoint alors les Volsques et vient assiéger Rome à la tête de leur armée. Les larmes et les prières de sa mère, de son épouse et des femmes romaines finissent par le faire renoncer à son projet et les Volsques, révoltés, l’assassinent. Sur ce thème Shakespeare écrira un de ses chef d’œuvres. Dans l’histoire Coriolan, incapable de résoudre son dilemme moral, se suicide. L’ouverture, créée en mars 1807 lors d’un concert chez le prince Lobkowitz, rencontre un tel succès que  la partition est publiée immédiatement à Vienne. Beethoven la considéra toujours comme une de ses œuvres favorites. Il réussit à transcrire en musique toute la palette des sentiments humains qui traversent cette tragédie.

La Sinfonietà de Francis Poulenc. Ce pur joyau de la musique moderne, La Sinfonietta, est l’unique symphonie de Francis Poulenc. Composée en 1947 dans un esprit néo-classique, elle constitue un hommage délicat aux symphonies de Joseph Haydn et de Mozart. Il s’agit alors d’une commande de la BBC. Intimidé par un genre qu’il n’aurait jamais osé aborder de lui-même, il intitule modestement son œuvre Sinfonietta, malgré les dimensions finalement imposantes qu’il donne à sa pièce. En fait c’est une œuvre rayonnante de lumière, de bonheur et de fraîcheur, jaillie de l’esprit d’un des plus remarquables stylistes musical de notre temps. Elle correspond à un moment d’accomplissement de ce jeune artiste  désormais reconnu et accepté même dans ses déchirements intimes. Le deuxième mouvement est une perle de la musique française. Quelle bonne idée d’avoir programmé cette œuvre !

La Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel.  Partition émouvante on pourrait dire envoutante. Composée en 1899, la Pavane pour une infante défunte de Ravel répondait à une commande de la princesse de Polignac, sa dédicataire. Le jeune compositeur avait été introduit dans le salon de la mécène par son maître Gabriel Fauré. Créé par le pianiste Ricardo Vines le 5 avril 1902 lors d’un concert de la Société nationale de musique, le morceau correspond effectivement aux caractéristiques de la pavane, une danse de cour lente et grave du XVIe siècle, de forme binaire, à répétition. En dépit de son titre évocateur, la dimension pittoresque de la pièce reste cependant assez mince : « Je n’ai songé, en assemblant les mots qui composent son titre, qu’au plaisir de faire une allitération », expliquait Ravel. Il ajoutait, quant au caractère de l’œuvre : « Ce n’est pas la déploration funèbre d’une infante qui vient de mourir mais bien l’évocation d’une pavane qu’aurait pu danser telle princesse, jadis, à la cour d’Espagne. » En 1910, le compositeur arrangea lui-même le morceau pour petit orchestre, version donnée aux Concerts Hasselmans le 25 décembre 1911.

Victorien Vanoosten chef d’orchestre

Victorien Vanoosten
Ce jeune chef est déjà un musicien accompli qui fait une brillante carrière. Titulaire de quatre Masters, il a étudié à Paris et à Helsinki avec Esa-Pekka Salonen, Pierre Boulez, David Zinman, Peter Eötvös, Jorma Panula, Alain Altinoglu, Tugan Sokhiev, mais aussi Michel Béroff, Ruben Lifschitz, Denis Pascal ou encore Jean-Claude Pennetier. Lauréat des Fondations Banque Populaire, Meyer et Sylff (Tokyo), il s’est illustré dans plusieurs concours internationaux, notamment de Besançon, Salzbourg et Radio-France et a remporté le prix « Talent chef d’orchestre ADAMI ».

Kiup Lee ténor

Kiup Lee
Né en Corée du Sud le jeune ténor  Kiup Lee a fait ses études à l’Université Kyunghee à Séoul.  Il a débuté à l’Opéra de Séoul dans Nathanaël des Contes d’Hoffmann, puis a chanté, toujours dans son pays des rôles de premier plan, tels Nemorino de  L’élixir d’amore et Rodolfo  de La Bohème, ainsi que la 9ème Symphonie de Beethoven et le Requiem de  Mozart, en concert.  Après avoir entamé sa carrière en Corée du Sud, il intègre l’International Opera Academy à Gand, afin de se perfectionner.  Durant son cursus en Belgique, il chante plusieurs rôles du répertoire, ainsi que des rôles d’opéra contemporain. Après une année à Gand, il entre à l’Académie de l’Opéra National de Paris, chantant régulièrement à l’Amphithéâtre Bastille et à l’Opéra Garnier.

Le public découvrira ce  beau  ténor dans deux œuvres du répertoire : de Roméo et Juliette  de  Gounod Ah Lève-toi soleil et de  Donizetti le délicieux Una Furtiva lagrima de l’Elisir d’amore. Écoutons-le  dans le difficile air de la Fille du régiment de Donizetti (vidéo)

On le voit, ce concert devrait attirer les mélomanes et même  les plus  curieux et avisés. En ces temps d’inquiétude où la culture est si indispensable il faut  féliciter l’Opéra de Toulon qui propose cette soirée de haut niveau à des conditions tarifaires attractives pour les familles et le public.

Jean François Principiano

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Ennéade de Labelle à l’Opéra de Toulon le 10 février Décevant! https://www.operavenir.com/enneade-de-labelle-a-lopera-de-toulon-le-10-fevrier-decevant/ https://www.operavenir.com/enneade-de-labelle-a-lopera-de-toulon-le-10-fevrier-decevant/#respond Sat, 11 Feb 2023 16:26:02 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3034 (Lire la suite)]]> Concert tendance New Age à l’Opéra de Toulon

By TV83.info -Fév 11, 20230

Lors de la présentation de la soirée musicale intitulée Ennéade nous transcrivions les intentions louables  qui devaient présider à ce concert Schoenberg, Phill Glass, Labelle.

Ce dernier dans sa profession de foi  évoquait ses rencontres, ses intentions, ses inspirations.

Hier soir le résultat concret  fut malheureusement décevant.

Schoenberg en exergue, Philip Glass au piano
La  première  partie  s’ouvrit avec La Nuit Transfigurée de Schoenberg dans la transcription pour orchestre de chambre de William Goutfreind sous la direction de  Simon Proust.

La Nuit transfigurée est une page bouleversante écrite en 1899 pour celle dont le jeune compositeur était amoureux et qui deviendra son épouse par la suite : Mathilde Von Zemlinsky (sœur du  compositeur Alexandre Zemlinsky, qui fut le professeur et le mentor de Schoenberg). Ils auront deux enfants, Gertrud et Georg. (La vraie version  plus en finesse expressive est pour sextuor à cordes). Cette œuvre de jeunesse, a été écrite bien avant sa période dodécaphonique, avec des accents de romantisme tardif. On y perçoit principalement l’influence de Wagner et de Brahms, certains enchaînements harmoniques évoquant fortement Tristan et ses accords de neuvième sans fondamentale. Cette belle  musique inspirée  et poétique a été bien rendue par les cordes de l’Orchestre de Toulon  sous la direction d’un jeune chef d’orchestre attentif et précis.

Les Trois Etudes 7, 8 et 9  de Philip Glass, sous les doigts  experts de Vanessa Wagner ont été  également une belle découverte  de ce maître, l’un des représentants les plus éminents de la musique minimaliste, notamment de l’école répétitive américaine.

L’Événement attendu.
En deuxième partie l’œuvre de Labelle mérite que l’on s’y attarde un peu puisque c’était l’événement attendu. On ne peut nier le côté sympathique de l’idée de base du métissage entre la musique traditionnelle réunionnaise, le maloya  et la formation classique.

C’est une tentative qui a porté ses fruits dans des mains heureuses, chez Ravel, Bartok, Kodaly ou Gershwin. De même que l’utilisation de l’appareillage électronique, un peu moins démagogique certes, chez Xenakis, Messiaen, Grisey, Dufour ou Nono… Dans le cas de Ennéade de Labelle on s’aperçoit vite que cette synthèse n’est en fait qu’une juxtaposition plaquée artificiellement, sans développement organique ni qualité d’écriture. L’orchestre de Toulon est désormais habitué à une musique plus musclée que ces quelques cellules harmoniques ou rythmiques naïves répétées ostinato.

Instants de Poésie
Quelques instants de poésie authentique bien venus grâce aux percussionnistes  Tom Leichnig  et  Hadrien Santos da Silva n’ont pu sauver le reste d’une œuvre rhétorique et boursouflée, aux titres galactiques et cosmiques servant d’habillage au vide. Mais le vide est difficile à meubler lorsque l’inspiration  est aussi pauvre. L’accueil du public est resté poli devant ce déploiement de moyens aboutissant à un résultat somme toute bien modeste. Souhaitons à ce jeune compositeur qui est aussi un DJ reconnu et un charmant garçon de rencontrer un jour  l’inspiration et la force de dépassement le libérant des ornières de la facilité.

Jean François Principiano

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Mozart en famille à Toulon! https://www.operavenir.com/mozart-en-famille-a-toulon/ https://www.operavenir.com/mozart-en-famille-a-toulon/#respond Mon, 28 Nov 2022 23:58:37 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2776 (Lire la suite)]]> La Famille Mozart s’installe à l’Opéra de Toulon

Le  vendredi 2 décembre concert intéressant programmé par l’Opéra de Toulon  et proposé au public dans une distribution de qualité jeune et féminine, Lucie Leguay à la direction et Marie Vermeulen au piano accompagnée par l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon.

Le fil rouge est l’appartenance à la famille Mozart avec des pages de Franz Zaver, le petit fils, Léopold, le père et Wolfgang Amadeus le  génial fils.

Une perle praguoise

Une écoute attentive du programme montrera évidemment l’apparition d’un  génie parmi  une famille de bons musiciens. D’ailleurs il serait un peu cruel de tenter de faire la comparaison entre la lumineuse symphonie Prague et le reste du programme qui comporte néanmoins beaucoup de charmes et de métier.

Du Père, Leopold Mozart, la Symphonie Eisen D15 ouvrira la soirée : Allegro  Andante non poco. Presto. C’est une œuvre  bien écrite, galante et sympathique d’une  légèreté toute rococo qui aurait sans doute sombré dans l’oubli sans le nom de Mozart qui lui est accolé.

Le père, Le fils, le petit fils  et le saint esprit de la musique

Franz Zaver Mozart

De Franz Zaver Mozart  fils 1818 le concerto pour clavier N° 2 sera  interprété par Marie Vermeulen sous la direction de Lucie Leguay et l’orchestre symphonique de l’Opéra de Toulon. Franz Xaver Wolfgang Mozart 26 juillet 1791 – 29 juillet 1844, également connu sous le nom de Wolfgang Amadeus Mozart fils, était le plus jeune enfant survivant du couple Mozart. Compositeur, pianiste, chef d’orchestre et professeur de la fin de la période classique dont le style musical d’un romantisme précoce, fut fortement influencé par la dernière manière  de son père, le savoir-faire mais le génie en moins. On peut imaginer la pression sur cet homme  pendant toute sa courte vie. C’est difficile d’être le fils d’un génie ! Malgré tout le concerto présenté  possède un certain souffle et son lyrisme romantique surprendra le public. Il ne déshonore pas le nom de Mozart ! (vidéo)

Enfin la deuxième partie sera consacrée à  la Symphonie Prague de Wolfgang Amadeus (1756-1791) datant de 1786. Un vrai petit chef d’œuvre de force et de sensibilité. Symphonie portée par « une gravité attentive et une ardeur de vivre », cette œuvre en ré est bâtie curieusement pour l’époque ; elle est construite seulement en 3 mouvements sans menuet et la symbolique maçonnique y est omniprésente.

Défendre un air de famille

Les interprètes auront la  responsabilité de défendre cet air de famille avec tout leur talent. Révélée à l’occasion de sa distinction au premier Tremplin pour Jeunes Cheffes d’Orchestre à la Philharmonie de Paris en 2018, Lucie Leguay poursuit une carrière éclectique lui permettant d’aborder un très large répertoire. Depuis 2019 elle assiste de grands chefs d’orchestre tels que Mikko Franck à l’Orchestre Philharmonique de Radio France, Matthias Pintscher à l’Ensemble intercontemporain et à l’Orchestre National d’île de France, Alexandre Bloch à l’Orchestre National de Lille et Arie Van Beek à l’Orchestre de Picardie. C’est un des grands espoirs féminins dans la direction d’orchestre.

La jeune pianiste Marie Vermeulin, se forme auprès de Marie-Paule Siruguet au Conservatoire de Boulogne, Hortense Cartier-Bresson au CNSMD de Lyon et se perfectionne auprès de Lazar Berman et Roger Muraro. En 2004, elle remporte le 1er Prix du Tournoi International de Musique de Rome et  en 2006, le 2e Prix au Concours International Maria Canals de Barcelone, puis en 2007 le 2e Prix du Concours International Olivier Messiaen de Paris.

Concert présenté par le corniste et musicologue Joël Nicod

Vendredi 2 décembre 20h Opéra de Toulon

De 22 € à 5 € infos : 04 94 92 70 78

www.operadetoulon.fr

Jean François Principiano

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Hollywood music https://www.operavenir.com/hollywood-music/ Sat, 22 Oct 2022 13:28:59 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2703 (Lire la suite)]]> Concert hollywoodien à l’opéra de Toulon

By TV83.info -Oct 22, 20220

Des musiques  plein la vue
Concert hollywoodien à l’opéra de Toulon

Dans une atmosphère chaleureuse où dominait la jeunesse, le concert intitulé Hollywood  music a tenu ses promesses, fréquentation et enthousiasme !

Musique et Cinéma
On imagine mal un film ou une série sans leurs musiques. Elles accompagnent le spectateur, le guident dans ses émotions, le trompent parfois, et s’avèrent être un excellent allié pour la narration. Aujourd’hui, certains compositeurs de bandes originales sont des vedettes. Non contents d’être des arguments de vente des films auxquels ils collaborent (John Williams et

Ennio Morricone ou Nino Rota  en sont des exemples parfaits), ils sont devenus de véritables stars, remplissant des salles de concert immenses.

Séduire
Sans être des chefs d’œuvre d’inspiration, les partitions proposées à Toulon avaient de quoi séduire. Et avant tout les jeunes scolaires qui, le matin même, avaient pu participer  à une action d’initiation musicale menée par le Festival de Toulon.

Nous  avons pu apprécier vendredi soir  la présentation impeccable de Joël Nicod, musicien lui-même et musicologue cultivé, pédagogue sans démagogie qui a bien replacé ces œuvres dans la vie culturelle d’outre-Atlantique.

L’orchestre symphonique de Toulon, ce soir-là très cuivré, fortement enrichi de musiciens invités, avait une fière tenue pour défendre cette esthétique musicale aux accents spectaculaires. On peut souhaiter que la ville de Toulon, TPM et la nouvelle direction prendront conscience de la nécessité de préserver cet outil artistique de qualité en maintenant une  phalange permanente.

Un chef à l’aise dans ce style
Le chef d’orchestre hollandais  Ernst Van Tiel, remarqué pour l’enregistrement de la musique du film The Artist, semblait au mieux dans ce répertoire. Une battue énergique, un peu complaisante dans les tempi. Le tout servi par un souci d’efficacité qui alla crescendo tout au long de la soirée. Il fut l’artisan de la réussite musicale.

Une pluralité de styles.
À la finesse d’écriture de Bernard Herrmann (Fahrenheit suite) il sut imprimer une réelle poésie personnelle par une intense respiration sonore.

Dans Leo Shiffrin en ouverture (Mission impossible) Van Tiel a surtout insisté sur les sonorités  robustes d’une orchestration qui emprunte beaucoup aux rythmes latinos. Plus problématique m’a semblé l’équilibre des divers pupitres dans la difficile  orchestration de Forrest Gump de Alan Silvestri.

Le moment fort musicalement de la soirée fut sans doute la très belle Psycho Suite  de Herrmann confiée à la section des cordes. On passait au-delà du  descriptif cinématographique pour atteindre à une authentique originalité  d’écriture proche de Bartok et Janacek.

Dépasser l’accompagnement des images
L’un des clichés autour de la musique de films consiste à penser qu’elle n’est qu’un accompagnement soulignant l’action. Au contraire, elle doit exister comme un personnage à part entière, qui apporte une dimension émotionnelle supplémentaire. Le septième art s’est beaucoup inspiré  à ses débuts de l’opéra et du post romantisme allemand.

Le compositeur John Williams

La musique symphonique post mahlérienne (exemple Korngold) qui en en découla a ainsi fait les beaux jours du cinéma durant de nombreuses années, avant qu’un besoin de renouveau amené par Hollywood incite à s’éloigner de cette inspiration importée par les juifs  d’Europe fuyant l’antisémitisme. Un compositeur américain, et ses partitions désormais mythiques, vont effectuer cette révolution : il s’agit de John Williams qui crée un style nouveau, Hollywood music.

Adhésion publique, émotion finale
Dans cet état d’esprit  notons l’interprétation éclatante des deux partitions williamsiennes (Harry Potter et la Marche des Aventuriers de l’Arche perdue.) faisant figure de tubes. Tiel a bien compris les ressources sonores des apports cuivrés de la  formation toulonnaise.  Il les a exploité à fond faisant sonner l’orchestre avec une rutilance de bon aloi.

Devant les applaudissements  mérités le chef proposa en bis  la scène d’amour de Vertigo  de Bernard Hermann mettant en valeur tout le lyrisme retenu  de cette partition touchante.

Dernier salut, dernier hommage aux deux musiciens de l’orchestre prenant leur retraite, le contrebassiste Patrice Serrus et le corniste Bruno Badoux qui ont bien mérité de la musique.

En conclusion un concert plébiscité par un public nouveau et nombreux  qui en a eu les oreilles plein la vue. Voilà l’essentiel du succès et du mérite de cette soirée, sur le grand écran de nos mémoires. Mission accomplie !

Jean François Principiano

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Cinéma et musique vivante https://www.operavenir.com/cinema-et-musique-vivante/ https://www.operavenir.com/cinema-et-musique-vivante/#respond Tue, 18 Oct 2022 19:00:22 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2690 (Lire la suite)]]> La 16e édition du FiMé – Festival International des Musiques d’Écran

By TV83.info -Oct 18, 20220

La 16e édition du FiMé – Festival International des Musiques d’Écran
Le retour des toiles animées !

Du 5 au 15 novembre sur l’agglomération toulonnaise le cinéma  et la musique seront à la fête conjointe dans le cadre de ce Festival original animé par Luc Benito et Laurence Recchia.

Des chefs d’œuvre du cinéma muet sont projetées avec en direct la musique du film (parfois créée pour l’occasion) jouée par de talentueux musiciens contemporains (éléctro, jazz, rock, musique classique…). Du grand spectacle !

Une riche  programmation : Après une trop longue absence, le FiMé fait son retour en novembre sur la métropole toulonnaise. Cette année pas de thématique, juste le plaisir de se retrouver et de partir à la découverte de films d’hier sur des musiques d’aujourd’hui.

Samedi 5 novembre – 20H – Opéra de Toulon
Ciné-concert « Le Cirque »
Film muet américain de Charlie Chaplin (1928) – 70 min.
accompagné par l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Toulon
Direction musicale Cyril Englebert
De 5€ à 15€

Dimanche 6 novembre – 15H – Salle Jean Moulin, Ollioules
Ciné-concert « Laurel et Hardy premiers coups de génie »
Création Sur 3 courts-métrages
accompagnés au piano par Franck Pantin
7€ – 10€

Mardi 8 novembre – 20H30 – Théâtre Le Rocher, La Garde
Ciné-concert « La Princesse aux huitres»
Film muet allemand d’Ernst Lubitsch (1919) – 65 min.
accompagné par Cesar Swing (jazz manouche)
Loïs Cœurdeuil (guitare solo), Rémy Grégoraci (guitare rythmique), Sam Favreau (contrebasse), Jo Labita (accordéon) Création
De 6€ à 16,50€

Jeudi 10 novembre – 20H – Théâtre Marelios, La Valette-du-Var
Ciné-concert « Les lois de l’Hospitalité »
Film muet américain de Buster Keaton (1923) – 85 min.
Christian Leroy (clavier), Pascal Ducourtioux (percussions et mélodica)
De 7€ à 15€

Vendredi 11 novembre – 20h30 – Cinéma Le Royal, Toulon
Ciné-concert « Loulou »
Film muet allemand de Georg Wilhelm Pabst (1929) – 135 min.
accompagné par Airelle Besson (trompette) et Benjamin Moussay (piano)
10€ – 15€

Samedi 12 novembre – 20H30 – Théâtre Denis, Hyères
Ciné-concert « Nosferatu »
Film muet allemand de Friedrich Wilhelm Murnau (1922) – 92 min.
accompagné par le Stefan Orins trio (jazz)
Éric Navet (vibraphone, synthétiseur, batterie), Stefan Orins (piano), Nicolas Mahieux (contrebasse)
10€ – 15€

Dimanche 13 novembre – 15H – Espace des arts, Le Pradet
Ciné-concert « Charlot Octave et Bobine»
Deux films muets américains de Charlie Chaplin (1917)
Charlot Policeman (Easy Street) – 26 min.
Charlot s’évade (The Adventurer) – 26 min.
accompagné par Les Voix Animées (quatuor vocal) / Luc Coadou (direction)
10€ – 15€

Mardi 15 novembre – 19H30 – Liberté, Toulon
Ciné-concert « Metropolis »
Film muet allemand de  Fritz Lang (1927 – version intégrale restaurée) – 2h33
Accompagné par Actuel Remix (musiques électroniques)
Remix électro de Richie Hawtin et Iannis Xenakis par Xavier Garcia et Jérôme Lopez
De 5€ à 24€

Depuis 2005, le Festival International des Musiques d’Écran explore les croisements entre musique et cinéma sur le principe du ciné-concert. C’est une des plus évidentes réussites culturelles du Var. Elle est bien soutenue par des mécènes et sponsors qui ont compris l’enjeu de l’urgence culturelle en ces temps d’inquiétudes : La Métropole Toulon Provence Méditerranée, le Département du Var et la Région Sud. Les Villes de Toulon, La Valette-du-Var, La Garde, Le Pradet, Ollioules. L’Opéra de Toulon, Le Liberté, Scène nationale de Toulon, Le Conservatoire TPM, Le Cinéma Royal.

Informations / réservations FiMé : 07 81 26 26 11
Billetterie en ligne : www.fimefestival.fr

Jean François Principiano

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Concert de musiques de films à l’Opéra de Toulon https://www.operavenir.com/concert-e-musique-de-films-a-lopera-de-toulon/ https://www.operavenir.com/concert-e-musique-de-films-a-lopera-de-toulon/#respond Sat, 08 Oct 2022 18:29:00 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2671 (Lire la suite)]]> Hollywood Music

Concert de musique de film à l’opéra

Hollywood sur Rade !

Concert symphonique original le vendredi 21 octobre 20h sous la direction de Ernst van Tiel. Au programme des œuvres de  Hermann, Schiffrin, Williams et Silvestri.

Des pépites musicales

Les mélomanes ont un peu tendance à écouter avec condescendance la musique de film considérée trop souvent comme décorative et dont la finalité est de se mettre au service des images. C’est un peu dommage car il y a dans ce répertoire des pépites que l’on retrouvera à l’occasion de ce concert.

Par exemple la musique de Bernard Hermann 1911-1975 dont on entendra  la suite Fahrenheit 451 ou de Leo Schifrin, Mission impossible, John Williams, les Aventuriers de l’Arche perdue, Harry Potter à l’école des sorciers ou encore Alan Silvestri  Forrest Gump.

Un grand chef hollandais

L’orchestre  symphonique de l’Opéra de Toulon sera dirigé par Ernst van Tiel assistant de Valery Gergiev, qui l’invite à diriger des opéras au Mariinsky Théâtre : Elektra, Lucia di

Lammermoor, Rigoletto… Il travaille avec de nombreux solistes, comme Anna Netrebko et Maxim Vengerov, avec qui il enregistre les concertos pour violon de Wieniawski.

Avec le Philharmonique de Bruxelles, il enregistre la partition originale du film The Artist composée par Ludovic Bource. Il a remporté, pour avoir dirigé la musique de ce film, cinq oscars, sept Baftas, trois Golden Globes et six César.

Spécialiste de ciné-concerts avec orchestres lives, Ernst van Tiel dirige la plupart des grands titres, d’Alexander Nevski à Star Wars, de Vertigo à Rencontres du troisième type, en passant par Harry Potter.

La soirée sera présentée par le musicologue Joël Nicod.

Hollywood Music vendredi 21 octobre 20h

Infos :04 94 92 70 78 et billetterie@operadetoulon.fr

Tarif associatif : orchestre  et 2e balcon 18€   / 3e balcon 11 € /moins de 26 ans 5 €

Réservations par téléphone 06 11 81 54 73 et eweismann@hotmail.fr ou elyaweismann@gmail.com

Jean François Principiano

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Ewa Vesin chantera Tosca à l’Opéra de Toulon https://www.operavenir.com/ewa-vesin-chantera-tosca-a-lopera-de-toulon/ Mon, 03 Oct 2022 14:27:17 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2637 (Lire la suite)]]> Opéra de Toulon : Tosca change d’interprète.

By TV83.info -Oct 3, 20220

la soprano polonaise Ewa Vesin

Ewa Vesin remplacera Keri Alkema souffrante dans le rôle-titre
L’Opéra informe que Mme Keri Alkema, qui devait interpréter le rôle de Floria Tosca est malheureusement souffrante et a dû se retirer de la production, c’est Mme Ewa Vesin qui interprétera le rôle et nous l’en remercions.

Ewa Vesin

Ewa Vesin vient d’être remarquée positivement à Montpellier dans ce même rôle au mois de mai  dans une mise  en scène pasolinienne qui a troublé le public. (Ce sera très différent à Toulon avec le travail de Sylvia  Paoli.) Après avoir fait ses débuts à Sydney dans Tosca, elle a incarné Aïda à Prague, puis Turandot à Rome. On l’a vue aussi dans Die tote Stadt de Korngold, dans La Bohème de Puccini ou dans Halka de Moniuszko à Varsovie. C’est donc une belle et talentueuse soprano polonaise de  haut lignage au début de carrière fulgurant qui tiendra ce rôle écrasant musicalement et scéniquement. In bocca al Lupo !

Cantatrice et grande comédienne
Né à Lublin elle a chanté en 2003 d’abord en Pologne, à l’opéra de Lodz au Festival Lyrique de Poznan et à l’opéra de Varsovie.  Mais sa renommée devient rapidement internationale. En 2016 elle aborde les  rôles de soprano dramatique comme  Maddalena d’Andréa Chénier de Giordano, Halka de Stanisław Moniuszko, Aïda de Verdi ou Turandot de Puccini. Elle va chanter  prochainement à l’Opéra de Rome Mère Marie du Dialogue des Carmélites de Poulenc.  Elle est invitée à Prague ainsi qu’en Allemagne à Hanovre  pour plusieurs représentations de Tosca cette saison. Elle possède une voix puissante, un legato d’une grande maîtrise et une belle musicalité. La critique romaine a salué sa performance dans le difficile rôle de Renata dans l’Ange de Feu de Serge Prokofiev mis en scène par Emma Dante en ces termes : « Sur scène une formidable distribution, pour l’homogénéité interprétative et pour l’excellence individuelle. En particulier la Renata d’Ewa Vesin, toujours sur scène, cette partition exigeant un effort surhumain pour la soprano. Ewa Vesin ne semble jamais fatiguée, sa voix est d’une grande ductilité. C’est une  splendide actrice qui chante ou une grande chanteuse qui joue la comédie. Ce qui devrait être la règle générale dans tout opéra ».

Écoutons là dans  son très beau Vissi d’Arte de Tosca, un enregistrement de l’Opéra National de Pologne.

Nous la retrouverons avec plaisir à Toulon pour trois représentations les 7, 9 et 11 octobre.

Jean François Principiano

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Concert Nouveaux Mondes Korngold et Dvorak https://www.operavenir.com/concert-nouveaux-mondes-korngold-et-dvorak/ Sun, 28 Aug 2022 15:37:00 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2473 (Lire la suite)]]>

Rentrée symphonique à l’Opéra de Toulon

Samedi 10 septembre la rentrée musicale aura lieu  à Toulon avec un nouveau directeur Jérôme Brunetière  et un  concert symphonique intitulé « Nouveaux Mondes » consacré à deux grandes œuvres du répertoire, Le Concerto pour violon de Korngold et la Symphonie du Nouveau de Dvorak. Deux partitions majeures  de compositeurs européens à la découverte des Etats Unis !

Le concerto pour Violon de Erich Wolfgang Korngold (1945)

Commencé en 1937 et terminé en 1945 alors que Korngold est en exil loin de son Autriche natale, c’est une partition dense et lyrique digne de l’auteur de la Ville Morte un des  opéras les plus représentatifs du style post romantique de ce jeune prodige qui s’est réfugié de l’autre coté de l’atlantique ou il continua sa carrière surtout comme compositeur de musiques de film (Ivanhoé notamment). Certains thèmes du concerto sont d’ailleurs empruntés a  trois de ses  musiques de films.

Structurée en trois parties Allegro, Romanza et finale c’est une partition d’environ 30 minutes qui oscille entre lyrisme et virtuosité. Elle nécessite un archet impérial et une solide incrustation digitale dès le premier mouvement, une grande  musicalité et un legato sans faille dans le mouvement lent et une maîtrise rythmique dans la cadence finale. Depuis son commanditaire et créateur Jascha Heifetz, les plus grands violonistes l’ont inscrit à leur répertoire. A ma connaissance il sera donné pour la première fois à Toulon. C’est le jeune violoniste russe Serguei Dogadin  1er prix du Concours Tchaîkowsky de violon, 34 ans, qui sera l’interprète de cette œuvre brillante et passionnée (voir vidéo) accompagné par l’orchestre de l’Opéra de Toulon (permanents + musiciens intermittents) sous la baguette du chef d’orchestre norvégien  Eivind Gullberg Jensen.

La Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak (1893)

Dvorak écrit sa 9ème Symphonie alors qu’il réside aux Etats-Unis. Le Conservatoire de New York lui avait proposé le poste de directeur. Les critiques de l’époque ont voulu y voir le début d’une musique « américaine ». Mais si Dvorak s’est inspiré de différents styles présents sur le sol américain, tels les musiques indiennes et irlandaises, la Symphonie « du Nouveau Monde » reste essentiellement imprégnée de l’âme tchèque du compositeur. La structure de la Symphonie est des plus “classiques”. Composée dans la tonalité de mi mineur (comme la Quatrième Symphonie de Brahms), elle s’ouvre par une courte introduction, Adagio. Le climat nostalgique est confié au cor puis aux bois ; il est subitement interrompu par le thème principal de l’Allegro molto qui reviendra par la suite comme un leitmotiv. Son rythme de polka, de danse paysanne, et son modalisme très original lui confèrent une puissance au caractère héroïque.

L’Optimisme musical

Le final, Allegro con fuoco, tire sa substance des trois mouvements précédents. Introduit par les cuivres, il s’impose par son esprit typiquement tchèque, fait de mystère et d’un élan passionné. Le climat pastoral qui s’installe, diffuse encore quelques ombres nostalgiques, révélatrices de l’éloignement de la patrie (Dvorak ne retrouvera son pays que deux ans plus tard). La symphonie, environ 50 minutes, se conclut dans l’optimisme le plus éclatant. Eivind Gullberg Jensen aura sans doute à cœur de mettre en valeur les pupitres des cuivres de l’orchestre de Toulon. (4 cors, 2 en mi, 2 en ut, 2 trompettes en mi, 3 trombones 2 ténors et basse, 1 tuba) …

Beau moment musical en perspective !

« Nouveaux Mondes » concert symphonique  samedi 10 septembre 20h Prix entre 5 et 22 € 

contact@operadetoulon.fr

Jean François Principiano

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Une vie professionnelle à l’opéra de Toulon https://www.operavenir.com/claude-henri-bonnet-une-vie-professionnelle-a-lopera-de-toulon/ Fri, 01 Jul 2022 13:06:00 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2213 (Lire la suite)]]> Claude-Henri Bonnet  19 ans d’opéras !

By TV83.info -Juil 1, 20220

Ce vendredi 1e juillet voit donc le départ de notre ami Claude-Henri Bonnet à la tête de l’Opéra de Toulon. Un départ imposé par l’âge et non par le manque d’énergie de l’homme qui fut pendant près de  vingt ans le grand réformateur de la maison lyrique varoise.

Un grand directeur
Claude-Henri Bonnet né en 1948* a fait ses armes à l’opéra de Lyon auprès de Louis Erlo. Lorsqu’il prend la succession de Guy Grinda en 2003 le chantier toulonnais était  déjà en  état de transformation grâce au professionnalisme de Grinda qui avait œuvré pour sortir  l’opéra de Toulon du provincialisme feutré dans lequel il prospérait.

Passant de la Concession à la Régie municipale, l’outil culturel, par la volonté d’Hubert Falco allait prendre un tournant positif. Dès le début Bonnet sut maîtriser la tâche qui lui incombait. Il s’entoura d’hommes et de femmes de qualité qui servirent (et certains servent encore) la cause du rayonnement culturel de l’Établissement Public de Coopération Culturelle avec bonheur (Jérôme Gay, Régis Vian des Rives, Stéphane Martucci, Christian et Christophe Cesarini, Marc Antoine Vellutini, Valérie Caranta, Claudine Garcia, Anthony Duclos, Eric Margouet, Luc Londiveau,  Isabelle Beer-Demander, Kévin Bouffard, Sylvie  Morin  Bouttefroy, Delphine Fontana, Mila Lamdani, Beatrice Skaza, Sabine Dubar, Frank Fabre, Hervé Revest, Audrey Thibault, Pascal Verdery, Christian Tessore, Mylène Souteirat,  Laurence Monti, Monique Dautemer, Giuliano Carella, Jurgen Hempel, Catherine Alligon, Christophe Bernollin et tous les autres…) C’était la marque d’un grand directeur qui allait s’affirmer peu à peu dans plusieurs domaines.

Un grand programmateur
Usant de son charme et de sa persuasion diplomatique il  a su convaincre de renouveler les programmations et les publics en proposant des coopérations avec les grandes scènes internationales et des artistes invités de haut lignage. Avec étonnement, on a vu se multiplier les œuvres les plus belles et les plus rares du répertoire ; pour exemple l’Etoile de Chabrier, Faisons un opéra et le Petit Ramoneur de Britten en 2003 ou encore Le Freischütz de  Carl Maria von  Weber qui fut donné pour la première fois à Toulon en 2010 ou encore la Rondine de Puccini, l’Heure Espagnole de Ravel, Le dialogue des Carmélites de Poulenc, Ariane à Naxos de Richard Strauss, Street Scène de Kurt Weill en 2010 et L’Opéra de Quat’sous en 2016, sans compter les comédies musicales américaines faisant de Toulon un véritable Broadway sur la rade. Ainsi sous peine d’exhaustivité on peut dire que tous les genres du spectacle musical furent programmés par Bonnet, de Mozart à Haendel, de Wagner à Menotti, de Lully à Verdi, de Puccini à Giordano, de Sondheim à  Bernstein.  Et le public a plutôt bien  suivi contribuant ainsi au rayonnement de la Ville.

Un grand passeur de modernité
Sans doute son plus grand mérite fut son carnet d’adresse permettant de nombreuses « créations »  Ce qui permit de faire venir à Toulon des chanteurs, des metteurs en scène et des chefs d’orchestre  nouveaux, sortant la scène varoise de l ’ académisme consensuel qui faisait jadis sa spécialité.

Ainsi Mireille  Larroche et la Péniche Opéra, Serge Baudo, Rani Calderon, Jean Philippe Delavault, Gino Zampieri, Frédérique Lombart, Jean Louis Benoit, René Koering, Laurence Equilbey, Bernard Pisani, Bélier-Garcia, Laurent Peduzzi, et plus récemment Olivier Bénézech, Daniel Benoin, Henning Brockhaus, James Bonas, Frédéric Andrau, Jean Lacornerie, Denis Podalydes, Eric Ruf ou Olivier Py. On n’oubliera pas des grands noms de l’art lyrique comme  Varduhi Abrahamyan, Roberto de Biasio, Stanislas de Barbeyrac, Marcelo Puente, Enkeledja Shkosa, Deniz Yetim, Maria Luigia Borsi, Ermonela Jaho, Stefan Vinke, Marc Laho, Jurgen Muller, Nika Guliashvili, Carlo Lepore, Francesco Marsiglia, Daniela Bruera, Roman Shulakoff, Nathalie Manfrino, Cécile Galois, Karine Deshayes, Vincent Le Texier, Serban Vasile, Alasdair Kent, Ève-Maud Hubeaux, Julia Novikova, Valerio Galli, Marzena Diakun, …la liste serait trop longue.

Un grand négociateur
Comprenant que le temps était à la mutualisation et constatant une stagnation de la subvention (l’opéra ne reçoit rien de l’État) Claude-Henri sut conclure des accords de coopération et de coproduction avec les autres opéras de France voire du monde, Paris, Bordeaux, Nice, Marseille, Lyon, Aix en Provence le Grand Théâtre de Provence, Saint Etienne, l’Opéra du Rhin etc…Bref il a fait entrer la mondialisation de la culture dans cet écrin magnifique légué par l’histoire.

Crises et fractures
Bien sûr il y eut de nombreuses crises et soubresauts lors de ce long règne (2003-2022) qui a connu aussi des temps de tension et des ruptures conflictuelles. L’orchestre et les chœurs ont intenté un long procès (qui n’est pas terminé) à TPM pour préserver leurs droits et légitimer leurs revendications syndicales. Il y a eu aussi  des regrets lorsque le Corps de Ballet a disparu. Des blessures sont encore en cicatrisation notamment le licenciement du directeur adjoint Jérôme Gay a qui l’on doit le renouvellement exceptionnel des Concerts Symphoniques tout au long de cette période.

Le soutien d’Hubert Falco
Devant l’évolution qu’a connu l’offre culturelle Toulonnaise et Varoise, Bonnet a maintenu le  cap courageusement. Son amitié loyale avec le Maire de Toulon  a  surement joué. Des efforts ont été faits pour diversifier les ressources avec l’action Mission développement et Mécénat et  une politique de partenariat industriel (Club Orfeo et Camerata) particulièrement réussie.

Avec les abonnés et les associations culturelles toulonnaises, avec l’Education Nationale dans le souci de former le public de demain, les rapports ont été respectueux de l’indépendance de chacun. L’association Opéravenir, fondée en 1987 a soutenu l’effort de modernisation  et de renouvellement sans se départir de son intérêt pour le sort des personnels.

Ainsi au moment où la page se tourne pour l’homme et l’ami de la musique que fut Claude Henri pendant ces années de responsabilités directoriales, nous voulons nous remémorer que des nombreuses soirées de bonheur partagé et témoigner de toutes les réussites.

Claude Henri Bonnet et Jerôme Brunetiére

Et si l’on pense à l’avenir, n’est-il pas un peu pour quelque chose dans le choix par TPM et le Conseil d’administration présidé par Yann Tainguy, de son successeur Jérôme Brunetière qui est un de ses amis de longue date ? Continuité donc dans l’effort collectif pour la Ville.

Comme disait Alexandre Dumas : dans la vie ce qui compte le plus ce n’est pas  seulement ce que l’on fait mais ce que  l’on permet  aux autres de faire. Bonne et sereine retraite monsieur le Directeur.

Jean François Principiano

* Claude-Henri Bonnet est né en Ardèche à Privas en 1948 d’un père né aussi en Ardèche mais dont la famille s’était établie en Provence à Maillane depuis plus d’un siècle, et d’une mère d’origine Corse née en Ardèche.

1959-1966 Études secondaires dans une école de Père Maristes dont le corps professoral était également constitué de Pères Jésuites.

1966-1973 Études supérieures de Sciences couronnées par un Doctorat de Biologie

1973-1976 Engagement dans la Marine Nationale au cours de son service national, (actuellement Capitaine de Frégate C.R.)

1976-1979 Marine Marchande (Officier au long cours)

1979 Régisseur puis Délégué général, Opéra de Lyon (et Festival d’Aix en Provence)

1987 Conseiller à la Programmation, Opéra de Paris

1991 Gérant et producteur artistique, IMG Artist’s France (Londres, Paris)
(En même temps, de 1994 à 1998, conseiller musical de la Maison de la Culture de Grenoble)

1996 Directeur du Festival de Musique de Toulon

2001 Élu sur la liste de M. Hubert Falco Sénateur Maire de Toulon

2001 nommé Adjoint à la Culture

2003 Directeur de l’Opéra de Toulon

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Dieu est grand Mozart est son prophète! https://www.operavenir.com/dieu-est-grand-mozart-est-son-prophete/ https://www.operavenir.com/dieu-est-grand-mozart-est-son-prophete/#respond Tue, 14 Jun 2022 08:59:34 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2166 (Lire la suite)]]> Le Requiem de Mozart en offrande dans le Var

By TV83.info -Juin 14, 20220

Le chef d’œuvre de Mozart résonnera à Toulon, Saint Maximin et Lorgues les 17, 22 et 23 juin.

Un concert gratuit proposé par l’Opéra de Toulon Hors les Murs. Mozart pour tous !

Un cadeau inestimable
Le Requiem en ré mineur de Mozart est un cadeau à l’humanité. La partition aurait été composée pour le comte Franz de Walseg qui souhaitait rendre hommage à sa jeune épouse décédée. Voulant garder cette commande discrète, il a dépêché un intermédiaire pour traiter avec Mozart.  Le compositeur créa la majeure partie de ce requiem alité car il était très diminué physiquement. Le 4 décembre 1791, profitant d’une amélioration passagère de son état, des amis interprètent les parties déjà composées. Son état s’aggrave brutalement dans la soirée malgré la présence de deux des meilleurs médecins de Vienne. Il meurt le 5 décembre 1791 vers une heure du matin. Constance, sa femme, demande à Franz Xaver Süssmayr un élève de son mari, qui avait reçu les dernières indications du Maître, de terminer la partition. Ceci afin de toucher la somme promise en fin de travail par le comte et d’autre part, pour honorer les derniers souhaits de son défunt mari.

Une orchestration sobre
L’œuvre est écrite pour quatre solistes (soprano, alto, ténor et basse), un chœur à quatre voix et un orchestre classique réduit, composé de deux cors de basset (clarinettes ténor), deux bassons, deux trompettes, trois trombones, des timbales, un ensemble à cordes et une basse continue (orgue). L’absence des bois aigus (flûtes, hautbois) et du cor d’harmonie ne passe pas inaperçue. Ainsi la sonorité de l’orchestre est fortement définie par les sons souples et graves des cors de basset et des cordes. L’orchestration, sobre, renforce la gravité et la transparence de l’œuvre, et crée une atmosphère sombre, voire  austère, proche de la délivrance mystique.

Importance du Chœur
Dans ce Requiem, le chœur à quatre voix occupe le devant de la scène, il n’y a que de courts passages purement instrumentaux. À quelques exceptions près, l’orchestre ne fait que servir le chœur. C’est aussi le cas des chanteurs solistes, ils apparaissent humbles et discrets, et sont essentiellement employés comme ensemble musical (excepté dans le Tuba mirum et le Recordare). L’écriture chorale est d’une liberté considérable, ne serait-ce que dans le Kyrie, pour déployer sa magnificence. La  fin de l’œuvre complétée  avec humilité par Süssmayr est plus virtuose et vocale.

Le sens de l’œuvre
J’ai toujours été touché par le Lacrimosa  partiellement de la main de Mozart. C’est comme, une berceuse de la mort, très proche de la cantate de Bach « Ich habe genug ». Une musique de déploration mais aussi de consolation. (Video).

Wolfgang Amadeus Mozart  est mort en tentant d’achever ce morceau. On perçoit sur la partition (et même à l’écoute) l’instant de la rupture. Tout le reste est de la main de Süssmayr. C’est aussi très beau. Ça ressemble à Mozart. Ça à la couleur de Mozart, le goût du Mozart, mais ce n’est plus du Mozart.

Mozart meurt en écrivant son Requiem, il a 35 ans. 35 ans de génie et  de travail. La joie, l’espérance, le courage, la confiance, l’enthousiasme, l’amour, la beauté, la fraternité apparaissent comme matérialisés par cette musique, plus proches et accessibles à tous.

C’est en cela que paradoxalement, cette messe des morts peut apprendre à vivre et rendre les hommes meilleurs.

Requiem de Mozart Vendredi 17 juin 20h direction musicale Marzena Diakun avec Clarisse Dalles soprano, Julie Nemer mezzo, Benoit Rameau ténor, Adrien Mathonat basse. Orchestre et chœur de l’Opéra de Toulon.Église Saint-Louis 3 rue Jourdan Toulon.

Réservations mission-mecenat@operadetoulon.fr dans le cadre de l’Opéra Hors les Murs animé par Régis Vian des Rives Directeur délégué au développement et au mécénat. Tél +33 (0)4 94 05 35 42 Port +33 (0)6 24 72 38 78 www.operadetoulon.fr

Attention le Requiem sera redonné le mercredi 22 juin 21h30 en la Basilique de Saint-Maximin et également le jeudi 23 juin 21h en la  Collégiale Saint-Martin de Lorgues.

Direction musicale Philippe Bernold, Soprano, Mario Grange, Mezzo Valentine Lemercier, Ténor Camille Tresmontant, Basse Adrien Mathonat.

Jean François Principiano

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