Opéra de Toulon – Opéravenir https://www.operavenir.com Culture Nouvelle Sun, 05 Mar 2023 19:54:04 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.3 Wonderful Town https://www.operavenir.com/wonderful-town/ Sun, 05 Mar 2023 19:54:04 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3087 (Lire la suite)]]> le rêve de réussite américain

Wonderful Town de Bernstein

Splendeurs et secrets de la comédie musicale américaine

Reprise à l’Opéra de Toulon de la Comédie musicale américaine Wonderful Town  de Leonard Bernstein (1918-1990) sur un livret de Jérôme Chodorov et Joseph Fields avec des  Lyrics de Betty Comden et Adolph Green. La Création a eu lieu à  Broadway, au Winter Garden Théâtre, le 25 février 1953. La création française à Toulon a été un événement musical en 2018. Les représentations  de la production de Toulon auront lieu  les vendredi 24 mars 20h, samedi 25 mars 20h et dimanche 26 mars 14h 30.

L’œuvre sera chantée en anglais avec sonorisation et surtitrage sous la direction musicale de Larry Blank. Mise en scène d’Olivier Bénézech a qui l’on doit ce beau travail de redécouverte. La Chorégraphie est de  Johan Nus. Scénographie : Luc Londiveau. Costumes : Frédéric Olivier. Orchestre et Choeurs de l’Opéra de Toulon. Avec des interprètes spécialistes de cette esthétique musicale et  théâtrale : Jasmine Roy, Rafaëlle Cohen, Dalia Constantin, Van Kempen, Maxime de Toledo, Thomas Boutilier, Franck Lopez, Jacques Verzier, Scott Emerson, Sinan Bertrand et Julien Salvia.

L’intrigue sur fond d’émigration intérieure lors de  la crise des années 30

L’action se déroule durant l’été 1935, à New York, dans le quartier de Greenwich Village. Les deux sœurs Sherwood, Ruth et sa cadette Eileen, s’y installent, débarquant de leur Ohio natal, afin de « conquérir » la ville. La première ambitionne de devenir écrivain ; la seconde désire être actrice. Ruth se présente dans les bureaux d’un magazine, éditeur d’histoires courtes, et rencontre Robert ‘Bob’ Baker qui tombe amoureux d’elle.  De son côté, Eileen fait la connaissance de Frank Lippencott…

Le découpage  cinématographique de l’œuvre

Acte 1 Ouverture (orchestre) Christopher Street (un guide, les villageois)

Ohio (Ruth, Eileen) Conquering New York (Ruth, Eileen, un cadet, Violet, les villageois)

One Hundred Easy Ways (Ruth) What A Waste (Robert, les éditeurs)

A Little Bit in Love (Eileen) Pass the Football (Wreck, les villageois)

Conversation Piece (Ruth, Eileen, Frank, Robert, Chick) A Quiet Girl (Robert) Conga ! (Ruth, danseurs)

Acte 2

Entr’acte (orchestre) My Darlin’ Eileen (Eileen, un ivrogne, un policier)

Swing ! (Ruth, les villageois) Ohio (reprise : Ruth, Eileen) It’s Love (Robert, les villageois) Ballet at the Village Vortex (danseurs ; orchestre) Wrong Note Rag (Ruth, Eileen, les villageois) It’s Love (reprise : ensemble)

Le sens de l’œuvre

À travers les improbables pérégrinations de deux sœurs qui débarquent du fin fond de l’Ohio pour tenter leur chance à New York, Bernstein affirme son amour pour cette ville. Wonderful Town, avec ses épisodes chorégraphiques survoltés et sa somptueuse orchestration, est un prélude à West Side Story. L’atmosphère électrique des quartiers branchés de Greenwich Village et de Chelsea, est incroyablement décrite par des rythmes jazzy et latinos. Une histoire loufoque et dingue où tout finit par une seule attitude : « Swing ! ». Montrer au monde qu’à NY, si on  travaille et avec de la chance on peut réussir. Le rêve de la réussite individuelle s’offre à tous. Sauf pour les laissés-pour-compte  du libéralisme. What a waste ! chante le chœur, quel gâchis !

La partition synthèse de  jazz  et de classique, influence de Gershwin

Pour bien interpréter cette œuvre il faut : 4 trompettes, 3 trombones, percussions, piano (célesta optionnel), cordes. Détail de la nomenclature : Anches I : flûte, clarinette mib, clarinette sib, saxophone alto. Anches II : clarinette sib, clarinette basse, saxophone alto, saxophone baryton. Anches III : hautbois, cor anglais, clarinette sib, saxophone ténor. Anches IV : flûte piccolo, flûte, clarinette sib, saxophone ténor. Anches V : clarinette sib, saxophone alto, saxophone basse, basson.  Il existe une version concert de cette œuvre. Comme pour  l’orchestration de Porgy and Bess, c’est un mélange réussi de Big Band de jazz très cuivré et d’orchestration ravélienne. A cela s’ajoute la touche latino qui plaisait tant à Bernstein. Comme il le  dit lui-même « c’est de la musique juive européenne exportée sur le continent américain avec trois influences  précises, le jazz, le classique et les rythmes tropicaux. ».

La vision d’Olivier Bénézech metteur en scène

Il dit : « Bernstein aura contribué à forger mon goût pour le Musical. Le vrai. Théâtre populaire intelligent, perfection des rapports texte/musique, engagement politique, Bernstein est le mythe fondateur du Musical contemporain. Sans lui le genre ne se serait pas développé de la même manière, et toute une génération de compositeurs, de Sondheim à Lin-Manuel Miranda, n’auraient pas reçu les mêmes forces créatrices. » Il ajoute : « Le livret de Wonderful Town provient d’un film des années 50, qui faisait se dérouler l’action en 1935. Cette histoire est du coup très surannée, sauf la musique bien entendu. Le fond de l’histoire c’est New York, une ville qui change perpétuellement. Donc l’évidence s’est faite rapidement : présenter une version d’aujourd’hui, un spectacle très contemporain, qui puisse rendre un hommage à la modernité de Big Apple. »

Un très bel exemple  de métissage artistique réussi, bien en accord avec la culture musicale nord-américaine, véritable melting pot d’influences porteuses de renouveau. A voir avec bonheur et plaisir. Le succès de la création française de Wonderful Town à l’Opéra de Toulon en 2018 a été confirmé par l’attribution du Grand Prix de l’Académie Charles Cros à son enregistrement DVD.

Jean François Principiano

4 photos

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Une heure avec de la belle musique à l’Opéra de Toulon https://www.operavenir.com/une-heure-avec-de-la-belle-musique-a-lopera-de-toulon/ Thu, 02 Mar 2023 01:22:04 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3073 (Lire la suite)]]> Une heure à l’Opéra, de Beethoven à Poulenc ! en passant par Ravel, Gounod et Donizetti

By TV83.info -Mar 1, 20230

Maurice Ravel et Francis Poulenc

Que du bonheur !
Une heureuse initiative de  programmation, à la fois par la  qualité et par le souci d’incitation à la musique moderne. L’opéra de Toulon propose un concert récital d’une heure le samedi 4 mars à 20h avec l’orchestre symphonique de l’opéra de Toulon placé sous la direction de Victorien Vanoosten. En soliste le ténor Kiup Lee.

Cinq œuvres au programme
L’ouverture de Coriolan de Beethoven composée en 1807 pour une pièce allemande inspirée de la vie du général  Gaius Marcius, général patricien de l’ancienne Rome au Ve siècle avant J.C. Il bat l’armée des Volsques et conquiert leur cité, Coriali ; en hommage les romains  le nomment Coriolanus. Peu après sa victoire, la plèbe se rebelle contre les consuls ; Coriolan parvient à la calmer. Malgré cela, cédant au peuple manœuvré par quelques envieux, le Sénat refuse de l’élire comme consul. Coriolan s’emporte, menace les sénateurs qui le condamnent à l’exil. Il rejoint alors les Volsques et vient assiéger Rome à la tête de leur armée. Les larmes et les prières de sa mère, de son épouse et des femmes romaines finissent par le faire renoncer à son projet et les Volsques, révoltés, l’assassinent. Sur ce thème Shakespeare écrira un de ses chef d’œuvres. Dans l’histoire Coriolan, incapable de résoudre son dilemme moral, se suicide. L’ouverture, créée en mars 1807 lors d’un concert chez le prince Lobkowitz, rencontre un tel succès que  la partition est publiée immédiatement à Vienne. Beethoven la considéra toujours comme une de ses œuvres favorites. Il réussit à transcrire en musique toute la palette des sentiments humains qui traversent cette tragédie.

La Sinfonietà de Francis Poulenc. Ce pur joyau de la musique moderne, La Sinfonietta, est l’unique symphonie de Francis Poulenc. Composée en 1947 dans un esprit néo-classique, elle constitue un hommage délicat aux symphonies de Joseph Haydn et de Mozart. Il s’agit alors d’une commande de la BBC. Intimidé par un genre qu’il n’aurait jamais osé aborder de lui-même, il intitule modestement son œuvre Sinfonietta, malgré les dimensions finalement imposantes qu’il donne à sa pièce. En fait c’est une œuvre rayonnante de lumière, de bonheur et de fraîcheur, jaillie de l’esprit d’un des plus remarquables stylistes musical de notre temps. Elle correspond à un moment d’accomplissement de ce jeune artiste  désormais reconnu et accepté même dans ses déchirements intimes. Le deuxième mouvement est une perle de la musique française. Quelle bonne idée d’avoir programmé cette œuvre !

La Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel.  Partition émouvante on pourrait dire envoutante. Composée en 1899, la Pavane pour une infante défunte de Ravel répondait à une commande de la princesse de Polignac, sa dédicataire. Le jeune compositeur avait été introduit dans le salon de la mécène par son maître Gabriel Fauré. Créé par le pianiste Ricardo Vines le 5 avril 1902 lors d’un concert de la Société nationale de musique, le morceau correspond effectivement aux caractéristiques de la pavane, une danse de cour lente et grave du XVIe siècle, de forme binaire, à répétition. En dépit de son titre évocateur, la dimension pittoresque de la pièce reste cependant assez mince : « Je n’ai songé, en assemblant les mots qui composent son titre, qu’au plaisir de faire une allitération », expliquait Ravel. Il ajoutait, quant au caractère de l’œuvre : « Ce n’est pas la déploration funèbre d’une infante qui vient de mourir mais bien l’évocation d’une pavane qu’aurait pu danser telle princesse, jadis, à la cour d’Espagne. » En 1910, le compositeur arrangea lui-même le morceau pour petit orchestre, version donnée aux Concerts Hasselmans le 25 décembre 1911.

Victorien Vanoosten chef d’orchestre

Victorien Vanoosten
Ce jeune chef est déjà un musicien accompli qui fait une brillante carrière. Titulaire de quatre Masters, il a étudié à Paris et à Helsinki avec Esa-Pekka Salonen, Pierre Boulez, David Zinman, Peter Eötvös, Jorma Panula, Alain Altinoglu, Tugan Sokhiev, mais aussi Michel Béroff, Ruben Lifschitz, Denis Pascal ou encore Jean-Claude Pennetier. Lauréat des Fondations Banque Populaire, Meyer et Sylff (Tokyo), il s’est illustré dans plusieurs concours internationaux, notamment de Besançon, Salzbourg et Radio-France et a remporté le prix « Talent chef d’orchestre ADAMI ».

Kiup Lee ténor

Kiup Lee
Né en Corée du Sud le jeune ténor  Kiup Lee a fait ses études à l’Université Kyunghee à Séoul.  Il a débuté à l’Opéra de Séoul dans Nathanaël des Contes d’Hoffmann, puis a chanté, toujours dans son pays des rôles de premier plan, tels Nemorino de  L’élixir d’amore et Rodolfo  de La Bohème, ainsi que la 9ème Symphonie de Beethoven et le Requiem de  Mozart, en concert.  Après avoir entamé sa carrière en Corée du Sud, il intègre l’International Opera Academy à Gand, afin de se perfectionner.  Durant son cursus en Belgique, il chante plusieurs rôles du répertoire, ainsi que des rôles d’opéra contemporain. Après une année à Gand, il entre à l’Académie de l’Opéra National de Paris, chantant régulièrement à l’Amphithéâtre Bastille et à l’Opéra Garnier.

Le public découvrira ce  beau  ténor dans deux œuvres du répertoire : de Roméo et Juliette  de  Gounod Ah Lève-toi soleil et de  Donizetti le délicieux Una Furtiva lagrima de l’Elisir d’amore. Écoutons-le  dans le difficile air de la Fille du régiment de Donizetti (vidéo)

On le voit, ce concert devrait attirer les mélomanes et même  les plus  curieux et avisés. En ces temps d’inquiétude où la culture est si indispensable il faut  féliciter l’Opéra de Toulon qui propose cette soirée de haut niveau à des conditions tarifaires attractives pour les familles et le public.

Jean François Principiano

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Châteauvallon annonce son Festival d’Eté ! https://www.operavenir.com/chateauvallon-annonce-son-festival-dete/ https://www.operavenir.com/chateauvallon-annonce-son-festival-dete/#respond Mon, 27 Feb 2023 21:50:58 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3069 (Lire la suite)]]> Le Festival d’été de Châteauvallon  dévoilé au Public

By TV83.info -Fév 27, 20230

De l’humour, du théâtre, des performances des concerts… et une pléiade de têtes d’affiche annoncées au Festival d’été de Châteauvallon du 22 juin au 26 juillet 2023.

Charles Berling

Charles Berling s’adresse au public
« Le Festival d’été de Châteauvallon, créateur de joies et d’émotions se prépare à vous offrir une édition exceptionnelle à plus d’un titre. La danse dans ce qu’elle a de plus charnel et de plus spectaculaire sera à la fête dans cette première partie du festival.

Puis, dans un second temps, nous aurons la joie d’accueillir dans notre bel Amphithéâtre un grand évènement en collaboration avec l’Opéra de Toulon, vénérable et fidèle institution qui sera en travaux pour une cure de rajeunissement.

Ces représentations magistrales, inoubliables que nous préparons activement avec toutes les équipes seront le premier chapitre d’une histoire de plusieurs années partagée avec l’Opéra. Réservez dès maintenant, il y aura de la danse bien sûr, du théâtre, de la grande musique et nous n’oublierons pas les belles soirées Noctambules.

 L’été sera beau et chaud, nous vous promettons de grands évènements. Venez nombreux ! »

Pré- Programme  du Festival de  Châteauvallon
Nederlands Dans Theater  The Big Crying 22 et 23 juin
Le Nederlands Dans Theater est l’une des plus grandes compagnies de danse contemporaine au monde. Elle donnera  un spectacle dans l’Amphithéâtre de plein air.
Un programme en deux pièces interprété par 19 danseurs. Tout de noir vêtus, ces virtuoses, âgés de 18 à 23 ans, mettent en lumière pulsions de vie et de mort dans The Big Crying et nous plongent dans le tumulte de nos souvenirs d’enfant avec Bedtime Story.

Héros-Limite  24 juin

Le musée des contradictions – 24 juin

Lignes de vie  30 juin

Prélude Kader Attou 30 juin

Lignes de Vie par  Antoine Le Menestrel
Depuis 30 ans, le célèbre grimpeur Antoine Le Menestrel subjugue le public avec ses spectacles de danse de façade. Cet été, il investit Châteauvallon accompagné de 5 performeurs. Entre danses et parkour, ils nous offrent un spectacle poétique à découvrir en famille.

Prélude par Kader Attou
Avec « Prélude », le chorégraphe Kader Attou marque l’installation de sa compagnie Accrorap dans la Région Sud. Figure majeure du hip-hop, il invite neuf danseurs dans son univers poétique et énergique. De quoi émerveiller petits et grands.

« On achève bien les chevaux » Ballet de l’Opéra national du Rhin, Clément Hervieu-Léger et Daniel San Pedro– 6 juillet
On achève bien les chevaux, qui a inspiré le célèbre film de Sydney Pollack retrace l’histoire de nombreux couples en quête d’espoirs. Tous sont prêts à tout pour subsister pendant la crise de 1929, en dansant jusqu’à l’épuisement… Dans une mise en scène magistrale qui va faire vibrer les 32 danseurs du Ballet de l’Opéra national du Rhin et les 8 comédiens de la Compagnie des Petits Champs, le chorégraphe et les deux metteurs en scène s’allient pour remettre au goût du jour ce célèbre texte d’Horace McCoy.

Le partage de la culture vivante
Le Festival d’été de Châteauvallon reçoit le soutien de Toulon Provence Méditerranée, Ville d’Ollioules, Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, Département du Var, Pass Culture, Réseau Mistral, Mutuelles du Soleil et la Sagem.

Partenaires médias : ARTE, Télérama, Les Inrockuptibles et Mistral FM.

Performances, musique, danse théâtre… le programme complet du Festival d’été de Châteauvallon : est sur le site chateauvallon-liberte.fr.

TV83 informera sur toute cette riche programmation lors de son déroulement.

La Culture est ce qui nous rassemble et nous aide à mieux vivre. Partageons là !

795 chemin de Châteauvallon, Ollioules, 09 80 08 40 40 reservation@chateauvallon.com

Jean François Principiano

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Conférence sur Rabelais par Jean François Principiano Historien Samedi 4 mars 11h association « A » de Toulon 9 rue Fougassière Toulon entrée libre. https://www.operavenir.com/conference-sur-rabelais-par-jean-francois-principiano-historien-samedi-4-mars-11h-association-a-de-toulon-9-rue-fougassiere-toulon-entree-libre/ Fri, 24 Feb 2023 10:49:22 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3049 (Lire la suite)]]> François Rabelais, le rire de la Renaissance Française

By TV83.info -Fév 24, 20230

Conférence de Jean François Principiano samedi 4 mars
L’Association A des anciens professeurs et élèves de Toulon invite, en ses locaux, rue  Fougassiére, a une conférence  consacrée à l’écrivain humaniste et philosose  François Rabelais.

François Rabelais

Témoignant d’un don prodigieux pour l’invention verbale dans ses romans parodiques Gargantua et Pantagruel, François Rabelais, 1493-1553, a donné à la langue française ses lettres de noblesse. « Guerre picrocholine  », « moutons de Panurge », « abbaye de Thélème », « Dive Bouteille » et « substantifique moelle » sont autant de traces que les aventures de ses géants ont laissées dans la langue.

Contemporain de François Ier, premier monarque de la Renaissance française, et des premières tensions avec la religion réformée naissante, Rabelais est un écrivain humaniste à la curiosité pétillante. Son rire paillard d’érudit bon vivant résonne encore.,

De l’obscurité à la lumière
Ce fut d’abord un Obscur moine franciscain, puis il devint le médecin le plus réputé de son temps. D’origine modeste, il fréquenta les papes, fut le protégé d’un cardinal et l’auteur favori du roi François Ier. Croyant sincère, il écrivit des livres dont la truculence et l’audace de pensée lui valurent les foudres de la Sorbonne. Célèbre dans toute l’Europe, il acheva sa vie dans un quasi-dénuement, au service des humbles, à Saint-Maur près de Paris…

Un  des géants méconnus de la littérature
Génie libre et tonitruant il sut créer avec les mots de la rue et les légendes d’almanachs une des œuvres les plus puissantes de son temps. Il libéra la langue française et  l’esprit de ses contemporains sans céder à la facilité. Rabelais exploite le recul de l’Église pour poser la question du bonheur terrestre et pour inviter les individus à se réconcilier avec l’existence quotidienne.

Une vie d’engagements
Dans ses deux œuvres majeures, « Pantagruel » et « Gargantua », il fait preuve d’un style hors du commun, d’une richesse de vocabulaire exceptionnelle et associe des opinions éclairées sur l’éducation, l’extension des savoirs ou la guerre, à une technique littéraire où le récit historique se mêle aux inventions fantastiques. La conférence évoquera le contexte historique de cette création inégalable dans la vie littéraire.

Rabelais par Gustave Doré

Virtuose du langage
Il écrivit une suite à son diptyque de « Pantagruel » et de « Gargantua », le « Tiers Livre » et le « Le Quart Livre ». Par ailleurs, le « Cinquième Livre », qui paraît à titre posthume a été un sujet de doute concernant son authenticité. Son style libre aurait pu être celui de la langue française mais on lui préféra le langage bien policé de Amyot, une langue de traducteur regrettait Louis Ferdinand Céline dans un pamphlet célèbre.

La liberté de pensée
Virtuose du langage et grand créateur de mots, polémiste, savant, précurseur dans de nombreux domaines, François Rabelais réalise donc la synthèse entre la tradition comique carnavalesque du Moyen Age et les nouveaux savoirs de la Renaissance. Sa vie et son œuvre polymorphe, qui donnent à rire et à penser, qui échappent à tout classement, sont le triomphe de la liberté d’esprit.

Samedi 4 mars 10h 30  dans les locaux de l’association « A » de Toulon rue Fougassière  conférence François Rabelais le rire de la Renaissance française par Jf Principiano. Entrée libre  Infos et réservations  9 Rue Fougassière 06 88 28 577

http://www.adetoulon.org/contact.htm

alain.beslant@free.fr

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Ennéade de Labelle à l’Opéra de Toulon le 10 février Décevant! https://www.operavenir.com/enneade-de-labelle-a-lopera-de-toulon-le-10-fevrier-decevant/ https://www.operavenir.com/enneade-de-labelle-a-lopera-de-toulon-le-10-fevrier-decevant/#respond Sat, 11 Feb 2023 16:26:02 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3034 (Lire la suite)]]> Concert tendance New Age à l’Opéra de Toulon

By TV83.info -Fév 11, 20230

Lors de la présentation de la soirée musicale intitulée Ennéade nous transcrivions les intentions louables  qui devaient présider à ce concert Schoenberg, Phill Glass, Labelle.

Ce dernier dans sa profession de foi  évoquait ses rencontres, ses intentions, ses inspirations.

Hier soir le résultat concret  fut malheureusement décevant.

Schoenberg en exergue, Philip Glass au piano
La  première  partie  s’ouvrit avec La Nuit Transfigurée de Schoenberg dans la transcription pour orchestre de chambre de William Goutfreind sous la direction de  Simon Proust.

La Nuit transfigurée est une page bouleversante écrite en 1899 pour celle dont le jeune compositeur était amoureux et qui deviendra son épouse par la suite : Mathilde Von Zemlinsky (sœur du  compositeur Alexandre Zemlinsky, qui fut le professeur et le mentor de Schoenberg). Ils auront deux enfants, Gertrud et Georg. (La vraie version  plus en finesse expressive est pour sextuor à cordes). Cette œuvre de jeunesse, a été écrite bien avant sa période dodécaphonique, avec des accents de romantisme tardif. On y perçoit principalement l’influence de Wagner et de Brahms, certains enchaînements harmoniques évoquant fortement Tristan et ses accords de neuvième sans fondamentale. Cette belle  musique inspirée  et poétique a été bien rendue par les cordes de l’Orchestre de Toulon  sous la direction d’un jeune chef d’orchestre attentif et précis.

Les Trois Etudes 7, 8 et 9  de Philip Glass, sous les doigts  experts de Vanessa Wagner ont été  également une belle découverte  de ce maître, l’un des représentants les plus éminents de la musique minimaliste, notamment de l’école répétitive américaine.

L’Événement attendu.
En deuxième partie l’œuvre de Labelle mérite que l’on s’y attarde un peu puisque c’était l’événement attendu. On ne peut nier le côté sympathique de l’idée de base du métissage entre la musique traditionnelle réunionnaise, le maloya  et la formation classique.

C’est une tentative qui a porté ses fruits dans des mains heureuses, chez Ravel, Bartok, Kodaly ou Gershwin. De même que l’utilisation de l’appareillage électronique, un peu moins démagogique certes, chez Xenakis, Messiaen, Grisey, Dufour ou Nono… Dans le cas de Ennéade de Labelle on s’aperçoit vite que cette synthèse n’est en fait qu’une juxtaposition plaquée artificiellement, sans développement organique ni qualité d’écriture. L’orchestre de Toulon est désormais habitué à une musique plus musclée que ces quelques cellules harmoniques ou rythmiques naïves répétées ostinato.

Instants de Poésie
Quelques instants de poésie authentique bien venus grâce aux percussionnistes  Tom Leichnig  et  Hadrien Santos da Silva n’ont pu sauver le reste d’une œuvre rhétorique et boursouflée, aux titres galactiques et cosmiques servant d’habillage au vide. Mais le vide est difficile à meubler lorsque l’inspiration  est aussi pauvre. L’accueil du public est resté poli devant ce déploiement de moyens aboutissant à un résultat somme toute bien modeste. Souhaitons à ce jeune compositeur qui est aussi un DJ reconnu et un charmant garçon de rencontrer un jour  l’inspiration et la force de dépassement le libérant des ornières de la facilité.

Jean François Principiano

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Lorsque l’histoire tourne à la rigolade https://www.operavenir.com/lorsque-lhistoire-tourne-a-la-rigolade/ https://www.operavenir.com/lorsque-lhistoire-tourne-a-la-rigolade/#respond Fri, 10 Feb 2023 15:42:57 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3031 (Lire la suite)]]> Berlin Berlin !  La Comédie qui fait tomber les murs à l’Opéra de Toulon !

By TV83.info -Fév 10, 20230

Meilleure comédie de l’année 2 Molières 2022
Berlin Est. Emma et Ludwig veulent s’enfuir et passer à l’Ouest. Emma se fait engager comme aide-soignante chez Werner Hofmann pour s’occuper de sa vieille mère sénile. Elle n’est pas là par hasard, cet appartement possède un passage secret qui mène de l’autre côté du Mur. La situation est déjà suffisamment compliquée mais si en plus Werner est un agent de la Stasi, qu’il tombe fou amoureux d’Emma, et que l’appartement est un nid d’espions, ça tourne au  burlesque.

Un humour décapant
Après « Thé à la menthe, ou t’es citron » ou encore « Frou-Frou les bains », Patrick Haudecoeur joint sa plume à celle de Gerald Sibleyras pour un spectacle à l’humour décapant.

L’intrigue prend place à Berlin-Est, dans l’appartement de la mère de Werner Hofmann (Maxime d’Aboville) : un agent de la Stasi biberonné à l’endoctrinement de la dictature stalinienne. La charmante Emma (Anne Charrier) se présente pour prendre la suite de l’ancienne aide-soignante et s’occuper de la vieille femme acariâtre. Elle a cependant une autre idée en tête. L’appartement, sous ses dehors austères, cache en réalité un passage pour se rendre de l’autre côté du mur qui fait la séparation entre l’Est et l’Ouest. Avec l’aide de son fiancé Ludwig (Patrick Haudecoeur), elle élabore le plan d’utiliser sa couverture pour parvenir à traverser le sous-terrain et atteindre la zone  dite libre.

Une cascade de qui-pros-quos
C’était sans compter sur le fait que Werner tombe transi d’amour sous son charme, que l’appartement est truffé d’espions et que le couple sera  victime de multiples qui-pro-quos qui ne cessent de compliquer leurs plans. La pièce se transforme alors en une comédie   boulevard sur fond historique du Berlin des années 80. Un  spectacle sympathique qui a la faveur du public et qui a été  justement moliérisé ! A voir.

Une pièce de Patrick Haudecœur et Gérald Sibleyras. Mise en scène José Paul avec Loïc Legendre, Lysiane Meis, Anne-Sophie Germanaz, Guillaume Bouchède, Jacques Fontanel, Michel Lerousseau, Raïssa Mariotti, Grégory Gerreboo, Benoît De Meyrignac Décor Édouard Laug Costumes Juliette Chanaud Lumière Laurent Béal. Musique Michel Winogradoff

Opéra de Toulon Théâtre  Berlin Berlin dimanche 19 février  20h

Boulevard de Strasbourg  Toulon · billetterie@operadetoulon.fr

Tel 04 94 93 03 76 et  04 94 09 30 29

Jean François Principiano

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Cosi fan tutte à l’Opéra de Toulon https://www.operavenir.com/cosi-fan-tutte-a-lopera-de-toulon/ Sat, 28 Jan 2023 14:52:01 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2954 (Lire la suite)]]> Cosi fan tutte à l’Opéra de Toulon

By TV83.info -Jan 28, 20230

Mozart Baba cool!
Devant une salle comble frémissante d’impatience, le chef d’œuvre de Mozart a tenu toutes ses promesses vendredi soir dans la mise en scène éclatante de jeunesse et de fraîcheur de Christophe  Gayral . Une direction musicale  structurante du jeune chef belge Karel Deseure qui a déjoué les difficultés de cette partition raffinée, les qualités d’un plateau vocal et choral très engagé et bien soutenu par un orchestre de l’Opéra de Toulon au mieux de sa forme et la  cheffe de chant et pianoforte Kira Parfeevets. Trois heures de bonheur dans un  écrin  de style hippie revisitant le livret de Da Ponte sans le dénaturer.

De la couleur avant toute chose
Cette production qui vient de Saint Etienne fait la part belle aux lumières de Marie Christine Soma réalisées par Romain Portolan et à la jeunesse. Les décors simples mais fonctionnels de Mathieu Lorry-Dupuy soulignent l’engagement et le rayonnement scénique des cinq principaux protagonistes. L’ambiance est  celle des années 70 gentiment peace and love, pétards aux lèvres… Le public est plongé dans une succession d’effets de voiles colorés et un tourbillon de déplacements qui conférent à la soirée une fluidité bien en cohérence avec le thème de cet opéra (apparemment) léger. La scène du mariage a été particulièrement suggestive de sensualité.

Deux jeunes hommes, Ferrando et Guglielmo, parient avec leur ami Don Alfonso que leurs fiancées sont incapables de leur être infidèles. Ils se déguisent alors tous deux afin d’essayer de séduire l’amante de l’autre, et éprouver si, comme le pense Don Alfonso, « elles font toutes ainsi » (cosi fan tutte, en italien) ! Sur cette trame empruntée à l’Orlando Furioso de l’Arioste, le librettiste Da Ponte permet à Mozart d’écrire un chef d’œuvre mélancolique, lucide et légèrement misogyne.

Une direction d’orchestre élégante et précise
La battue de Karel Deseure est  sans doute  une  des causes de la réussite musicale de la représentation. Le jeune chef évite un des pièges de la partition, la succession  un peu statique des morceaux dans ce style encore proche du marivaudage musical. Au contraire, s’appuyant sur  la fraîcheur des voix féminines et l’autorité de celles  des hommes, il a  rendu justice aux effets  déjà pré romantiques que le compositeur glisse entre deux récitatifs. Par exemple dans le trio Soave sia il vento bercé doucement jusqu’à la fausse cadence sur le mot desio telle une interrogation inquiète et fugace ou bien dans le duo Ah guarda sorella ou encore dans le  début du  splendide sextuor Alla bella Despinetta. Autant de moments fort bien réussis sur le plan musical, sans jamais couvrir les voix, mettant en valeur les solistes des différents pupitres notamment la clarinette quasi omni présente dans la partition.

Un plateau vocal homogène

Karel Deseure,Barbara Kits et Marion Lebégue

Barbara Kits, drapée dans sa fidélité, est apparue impérieuse dans son difficile air Come Scoglio (sans doute le morceau le plus impegnativo de toute la partition). Par son timbre clair et puissant sa musicalité et sa technique très sure elle a incarné vocalement et scéniquement  une Fiordiligi proche de la perfection. La Dorabella de Marion Lebégue a séduit par son legato, l’ampleur de son médium et surtout la qualité de sa diction italienne.

Les nombreux duos et ensembles   qui parsèment l’œuvre de trouvailles harmoniques ont été exprimés avec délicatesse et musicalité, notamment  Prendero quel brunettino. Notons la belle performance scénique de Pauline Courtin incarnant Despina, la charmante et coquine soubrette dans son air Una donna a quindici anni lorsqu’elle essaye de convaincre ses maîtresses  de se laisser aller aux joies de la liberté sentimentale…

Vérité et vaillance

Vincenzo Nizzardo,David Bizic, Dave Monaco et Pauline Courtin

Les hommes n’ont pas démérité non plus. Ainsi l’Alfonso de David Bizic, devenu un des habitués de la scène lyrique varoise, qui a porté le rôle du copain libertin (tout est relatif) avec fermeté, élégance et ampleur vocale. Splendide son  Tutti accusano le donne qui a permis d’apprécier sa  voix de baryton-basse chaude et généreuse. L’Air du ténor Tradito Schernito est particulièrement tendu. Dave Monaco  dont le splendide legato est un modèle mozartien de musicalité a su conférer à sa douleur mêlée de regrets amoureux une vérité authentique. Vincenzo Nizzardo  a  campé un  Guglielmo  vainqueur avec vaillance, prestance vocale et une musicalité émouvante. Peut-être est-il le seul conscient de la cruauté de ce jeu lorsqu’il chante Donne mie la fatto a tanti…ou tout simplement porte-t-il le ressenti intime de Mozart ?

Cosi fan tutti !
Le final de l’œuvre montre les protagonistes masculins se précipiter sur un poste de télévision, pantoufles aux pieds, ce qui peut laisser perplexe par rapport à ce que dit la musique à ce moment-là.  Pourtant  cela correspond parfaitement à cette comédie de mœurs grinçante, la Scuola degli amanti, l’école des amoureux.

En effet, les deux femmes infidèles sont confondues, Alfonso le maître du jeu a gagné son pari, Despina rejoint ses maîtresses et leur tend les pantoufles, symbole de servitudes domestiques futures, les deux hommes leurs pardonnent de s’être laissées séduire…  Mais comme punition chacun retrouve sa chacune  initiale… En montrant les deux garçons  se détacher du groupe féminin pour suivre une rencontre sportive télévisée, ships en main, Christophe Gayral souligne peut-être la monotonie  à venir de leur vie conjugale  à  tous les quatre ! …

Le temps d’une soirée, le bonheur les a frôlé … Ainsi en est-il des enthousiasmes de la jeunesse ! On commence  dans l’idéal libertaire et on finit la télécommande à la main. On passe à côté de l’être de sa vie  sans le savoir ! C’est vrai pour tout le monde Cosi fan tutti quanti !

Jean François Principiano

Prochaines représentations : Dimanche 29 janvier 14h30 et Mardi 31 janvier 20h

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L’Opéra de Mozart Cosi fan tutte dévoilé! https://www.operavenir.com/lopera-de-mozart-cosi-fan-tutte-devoile/ Fri, 06 Jan 2023 17:14:12 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2875 (Lire la suite)]]> Conférence sur Cosi fan tutte  de Mozart

By TV83.info -Jan 6, 20230

Jeudi 12 janvier 15h salle de la Méditerranée Toulon Entrée libre

Dans le cadre de son partenariat avec la Camerata (les amis de l’opéra de Toulon), l’association Opéravenir propose le 12 janvier à 15h  Maison de la Méditerranée Toulon une  conférence-rencontre intitulée Cosi Fan tutte  dévoilé ! en préparation aux représentations qui seront données  les 27, 29 et 31 janvier à l’Opéra de Toulon.

Composé en 4 mois
Composé en  italien en quatre mois l’opéra  dramma giocoso  Cosi fan tutte (ossia la Scuola degli amanti) de Mozart, sur un livret de Da Ponte, voit le jour à l’automne de 1789 alors que résonnent déjà à Vienne les échos de la Révolution française.

La première représentation eut lieu   avec un franc succès à l’ancien Hofburgtheater à la veille du 34eme anniversaire de Mozart, le 26 janvier 1790. La mort de l’empereur Joseph II, protecteur et frère maçon de Mozart  mit un terme à la carrière de Così, qui ne fut repris que six fois du vivant de Mozart avant de disparaître, le puritanisme romantique acceptant mal une telle débauche d’immoralité – Beethoven reprochait à Mozart d’avoir commis cet ouvrage mysogine et Wagner en condamnait le pessimisme.

Il fallut attendre la toute fin du XIXème siècle pour  que ce chef d’œuvre revienne à l’affiche, notamment grâce à l’insistance de Richard Strauss, admirateur inconditionnel de Mozart, qui l’imposa à Munich puis à Berlin et à Vienne, au moment où Freud commençait ses recherches sur l’inconscient et la sexualité.

Toutes  les mêmes !
Dans un café napolitain, Don Alfonso discute avec deux  amis, Guglielmo et Ferrando, qui prétendent que leurs fiancées sont fidèles et honnêtes. Alfonso, philosophe sceptique, considère quant à lui que la fidélité des femmes n’existe pas et parie avec les jeunes gens qu’il arrivera à le prouver le soir même. Les deux amis acceptent de jouer le jeu : ils prétendent devoir partir à la guerre puis vont tenter sous de fausses identités de séduire les fiancées esseulées.

Tout d’abord révoltées par leurs avances, Fiordiligi et Dorabella repoussent dans un premier temps les jeune gens  déguisés sous les traits de deux beaux soldats Turcs. Mais sous la pression de leur servante Despina, complice d’Alfonso et qui leur conseille de céder à l’appel de l’amour, les deux jeunes femmes finissent par succomber à la tentation. Chacune cède alors  au fiancé de l’autre.

Quittant leur déguisement, les jeunes gens reviennent précipitamment et feignent de découvrir la trahison de leur fiancées qui étaient prêtes à se marier avec les turcs…. C’est alors que, à la grande confusion des deux sœurs, ils dévoilent leur stratagème et accordent un pardon condescendant.

« Ainsi font-elles toutes ! », ricane Don Alfonso avant d’unir les jeunes amants, mais  cette fois chacun reprenant son  partenaire , celui d’avant la supercherie. Ce sera leur punition car cette aventure leur  aura permis de découvrir le véritable appel du désir sans pouvoir l’assouvir (pour le moment ?)

Et  tous de conclure dans un somptueux sextuor : « Heureux l’homme qui prend toute chose du bon côté et, à travers toutes les vicissitudes, se laisse guider par la raison… »  On le voit  il y a dans cette  œuvre un certain parfum de misogynie. Toutes des p… sauf ma mère ! comme on dit à Naples !

Musique « psychologique »
Sur ce livret original, Mozart a composé une musique d’un raffinement extrême, qui sous-tend tout un univers psychologique, particulièrement féminin, d’une prodigieuse diversité.

Contrairement aux opéras de jeunesse de Mozart et plus encore que dans ses autres grands chefs d’œuvre, Così fan tutte est avant tout un opéra d’ensembles.

Bien sûr, chaque personnage aura droit à ses airs règlementaires (à peu près un air par personnage et par acte). Mais sur les 31 numéros que comporte la partition, on compte 6 duos, 2 duos masculins, 2 duos féminins et 2 duos mixtes, 6 trios, 1 quatuor, 2 quintettes, 1 sextuor, 1 chœur, et 2 finals (qui font intervenir tous les personnages).

Par ailleurs, les instruments à vent, présents dans presque tous les numéros, avec des parties souvent très développées, tiennent une place majeure dans l’orchestration

Cet usage important des flûtes, bassons, cors, et surtout des clarinettes, donne à cet opéra une ambiance assez proche des sérénades  galantes de Mozart.

Le sens de l’œuvre
Si Così fan tutte n’en finit pas de fasciner les commentateurs et le public, c’est aussi que cette œuvre entretient un lien étrange entre le livret et la musique.

Dans cette comédie un peu perverse et souvent misogyne où chacun (sauf peut-être Alfonso) finit par se faire duper, on ne sait pas où s’arrête le jeu et où commence la sincérité des sentiments. En cela, le texte et la musique ne fournissent pas toujours la même réponse.

On se demande donc souvent si les couples initiaux convenus  ne sont pas moins bien appariés que les couples nés du désir et des affinités profondes.

On sait qu’à cette époque, les  femmes n’étaient pas libres de la spontanéité de leurs attirances et pouvaient en garder une frustration.

Au-delà des mots dictés par l’ordre moral, la musique de Mozart exprime cette nostalgie  légère et coquine d’autant que la mise en scène de la production qui a triomphé à Saint Étienne -reprise à Toulon – est particulièrement suggestive moderne et colorée. Elle devrait beaucoup plaire.

Jeudi 12 janvier Salle de la Méditerranée 15h place Commandant Infernet Toulon Rencontre autour de Cosi Fan tutte de Mozart  par Jean François Principiano. Partage de la galette des rois et Pot de l’amitié « lyrique » à l’issue de la réunion. Entrée libre.

Outre cette conférence, Opéravenir Jeunesse  pilote également une animation au Lycée Bonaparte de Toulon auprès des élèves de première et terminales enseignement de spécialité  histoire des arts, en présentant l’œuvre lors d’une rencontre au Lycée le 16 janvier  et en les invitant à la représentation du 31 janvier à l’Opéra de Toulon.

Information  04 94 48 62 75 et  06 11 81 54 73
eweismann@hotmail.com

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La Périchole à Toulon https://www.operavenir.com/la-perichole-a-toulon/ https://www.operavenir.com/la-perichole-a-toulon/#respond Thu, 29 Dec 2022 23:47:55 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2861 (Lire la suite)]]> La Périchole brûle les planches à l’Opéra de Toulon

By TV83.info -Déc 29, 20220

Laurent Campellone et Laurent Pelly

Troisième spectacle  de la saison, la Périchole d’Offenbach a tenu toutes ses promesses le 28 décembre lors de la première sur la scène varoise. Une version très théâtrale servie par une distribution jeune et dynamisée, dans une mise en scène alerte et rythmée de Laurent Pelly et une direction musicale attentive de Laurent Campellone. Une réussite !

Le choix du rythme
Laurent Pelly l’avait annoncé lors des représentations du Théâtre des Champs-Elysées : « nous avons opté  pour un théâtre chanté ». C’est évident dès les premières scènes et le premier duo entre la Périchole et Piquillo d’autant que le  chef  Laurent Campelonne choisit des tempi rapides. L’ensemble de la représentation, d’ailleurs, donna une impression générale de tourbillon irrésistible. Ce  choix global correspond bien à la légèreté du propos qui évoque les tourments d’un couple de jeunes chanteurs des rues confrontés à la misère et aux séductions du pouvoir d’un vice-roi du Pérou madré et corrompu comme il se doit.

Décors et costumes suggestifs
Cette coproduction du Théâtre des Champs-Elysées avec Toulon, Dijon et Liège s’appuie sur  une scénographie dessinée par Chantal Thomas transformant  avec bonheur le Lima de pacotille en un cadre urbain vaguement hispanique où évoluent les divers protagonistes, saltimbanques, petit peuple, intrigants colorés  de toutes sortes, dont les dialogues ont été un peu retouchés et modernisés par Agathe Mélinand.

Jean-Jacques Delmotte pour les costumes et Laurent Pelly pour les décors offrent un écrin évocateur d’un exotisme intemporel polychrome qui s’efforce d’échapper aux lieux communs  d’une Amérique latine de carte postale. Cette intemporalité bienvenue  universalise les scènes de chœurs et de danses bien réglées par le réalisateur de la mise en scène Paul Higgins. Parfois cependant, le rythme des sketchs s’emballe un peu trop au détriment de la musicalité, de la substance vocale de l’œuvre.

Sensibilité préservée
On saura donc gré à Antoinette Dennefeld  (soprano) d’avoir su conserver une belle sensibilité dans les grands moments lyriques de la partition comme dans l’air de la Lettre ou dans sa déclaration d’amour à son compagnon d’infortune. Elle a été aussi convaincante comme chanteuse que comme comédienne.

Philippe Talbot, Antoinette Dennefeld et Alexandre Duhamel

Le ténor léger  Philippe Talbot  est doté d’une voix agréable, d’une grande souplesse, avec des  aigus faciles et un phrasé musical. Sa jeunesse d’amoureux déluré et sa  tristesse de mari récalcitrant a conquis le public (salle comble).

Le Don Andrès cocasse et gauche d’Alexandre Duhamel a tous les arguments  scéniques pour entrainer sa cour dans cette folle nuit « incognito ». Il a  été éclatant de drôlerie dans le final du deuxième acte, menant l’aventure chorale à son apogée avec une maitrise  superbe d’autorité.

Prestations remarquées dans  les rôles secondaires de Rodolphe Briand (Don Miguel de Panatellas), Lionel Lhote (Don Pedro de Hinoyosa), Eddy Letexier irrésistible dans le Marquis de Tarapote. Soulignons la fraîcheur et l’impertinence des trois cousines Chloé BriotAlix Le SauxValentine Lemercier et de Nathalie Perez qui incarna avec charme Frasquinella.

L’orchestre et les chœurs  de l’Opéra de Toulon
En petite formation classique, l’orchestre toulonnais a été un des artisans du succès de la soirée par sa ductilité et son aisance rythmique. De belles interventions dans la petite harmonie, prestations impeccables aux flûtes, hautbois, clarinettes, mais  également aux premiers violons  et aux violoncelles (l’instrument cher à Offenbach) ont ponctué les moments forts de la direction de Laurent Campellone, un chef inspiré à la battue précise et souple.  Les chœurs bien préparés à cette prestation scénique  trépidante par Christophe Bernollin ont été judicieusement intégrés à l’aventure théâtrale malgré quelques  décalages et problèmes de mesure qui pourront être corrigés lors les représentations à venir.

Un climat onirique 
On a pu apprécier la qualité des lumières de Michel Le Borgne réalisées par Sarah Eger. Elles ont nimbé les scènes d’ensemble d’un éclat festif et rayonnant tout en préservant l’individualisation des protagonistes principaux. Ce sont elles qui ont suivi et souligné l’évolution de l’œuvre, passant tour à tour de la fête  débridée à la nostalgie méditative puis à la révolte contre le destin avant l’éblouissant final.

On sait qu’Offenbach, en dépit de  sa musique apparemment joyeuse, avait un penchant au pessimisme et  qu’il pressentait l’évolution du public parisien. Dans une lettre retrouvée lors de la création de la version en trois actes à Paris au Théâtre des Variétés, le 25 avril 1874, il écrit : « Je sens bien que ce n’est plus mon  moment ! ». En effet, la France venait de perdre la Guerre de 1870. Paris avait connu un long siège et la Commune s’était terminée dans un bain de sang. Le pays amputé de l’Alsace Lorraine. Le temps n’était plus à la rigolade !

Aujourd’hui, l’œuvre porte une autre problématique, bien au goût du jour. Laurent Pelly  propose le portrait d’une jeune femme éprise de liberté ; une petite Carmen des rues en somme ! car si son  parcours présente une tragique image de la condition des artistes d’alors, La Périchole, envers et contre tous, défend sa liberté de femme et d’artiste !

Prochaines représentations de la Périchole d’Offenbach 30 et 31 décembre 20h Opéra de Toulon. 04 94 92 70 78 et https://www.operadetoulon.fr/

Jean François Principiano

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Le Quatuor Con Fuoco en concert Dvorak et Komitas https://www.operavenir.com/le-quatuor-con-fuoco-en-concert-dvorak-et-komitas/ https://www.operavenir.com/le-quatuor-con-fuoco-en-concert-dvorak-et-komitas/#respond Mon, 19 Dec 2022 23:20:22 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2847 (Lire la suite)]]> Sanary : Con fuoco en concert l’exigence et la qualité

By TV83.info -Déc 19, 20220

Le Quatuor Con Fuoco  en italien avec flamme ! propose un concert au Temple Protestant de  Sanary le 21 décembre à 19h. Ce sympathique ensemble classique a été formé  en 2015 par des artistes professionnels, actuellement membres de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon :  Sylvie Bonet 1er Violon, Hélène Clément 2eme violon, Alain Pelissier Alto, Manuel Cartigny violoncelle.

quatuor con fuoco

Un programme exigeant
Les musiciens  interpréteront  entr’autre une pièce majeure du répertoire pour quatuor à cordes, le Quatuor dit « Américain » de Dvorak une des œuvres les plus connues du compositeur tchèque et date de sa période heureuse lorsqu’il était invité aux états unis

Ce Quatuor à cordes no 12 en fa majeur, B. 179 (op. 96) dit « Américain », écrit pendant les vacances d’été de 1893 dans l’Iowa, dans les grandes plaines peuplées d’une importante colonie tchèque, notamment des agriculteurs immigrés devenus cowboys qui appréciaient avec nostalgie la musique de Dvorak à l’église, est l’une des œuvres de musique de chambre les plus  célèbres du répertoire.

Dans mon île déserte.
Ce n’est pas seulement l’Amérique qui est évoquée, mais également l’Europe centrale. Les quatre mouvements (respectivement Allegro ma non troppo, Lento, Molto vivace et Finale vivace ma non troppo) furent esquissés en moins d’une semaine et la composition de l’ensemble prit à peine quinze jours. Dvorak travailla donc dans un sentiment d’euphorie, sinon de facilité. Comme si les impressions exotiques des espaces américains s’étaient accordées idéalement, pendant ce beau mois de juin 1893, avec son tempérament tchèque.

Cette synthèse pleine de lumière est perceptible dans les gammes pentatoniques du premier mouvement, dans le lyrisme rêveur du Lento, et dans les trilles d’une fauvette que Dvorak entendit dans son jardin et dont il reproduisit le chant à la fin de l’œuvre. Pourtant le charme incomparable de la partition (une des rares que j’emporterais dans mon île déserte) demeure la nostalgie du pays natal, que souligne la beauté lumineuse des ultimes mesures après l’imitation, ou plutôt la transfiguration, d’un gospel song dont la mélancolie traverse le dernier mouvement, imprégné tout entier d’un rythme jubilatoire. Quelle musique !

Komitas le chantre de l’Arménie
Autre bonne surprise du programme, les Miniatures de Komitas pour quatuor. Ce sont des petits croquis musicaux plein de charme et de poésie. Prêtre et  compositeur Komitas  a été le  défenseur et re découvreur de la tradition musicale arménienne  en tant que musicologue. Comme Bartok il a collecté plus de trois mille chants de la tradition populaire, arménienne ou autre. Chanteur admiré de son vivant, pianiste accompli et familier de différentes sortes d’instruments, c’est un compositeur et poète au service d’une foi mystique qui rapproche le cœur des hommes  de celui de la nature. Ses concerts choraux et ses conférences pédagogiques lui ont servi à illustrer l’emploi de la technique vocale occidentale à l’interprétation de la monodie traditionnelle. Cette double œuvre, de conservateur et de créateur artistique, est à l’origine à la fois de la sauvegarde et du renouveau de la musique arménienne. Ami de la France ou il s’était réfugié, il est mort en 1935  prés de Paris entouré de ses fidèles et admirateurs. Son style d’écriture est une heureuse synthèse entre la modernité et la tradition harmonique caucasienne et arménienne.

On le voit le Quatuor Con Fuoco a   choisi l’originalité et la qualité, à la mesure du talent de ses interprètes. Nous y serons !

Temple Protestant de Sanary  mercredi 21 décembre  19h  participation 12 euros

Renseignements  06 84 13 34 43 Concert de Noël de  l’Association  Art et Rencontres

Jean François Principiano

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