Les Conférences d’Opéravenir par Jean-François Principiano – Opéravenir https://www.operavenir.com Culture Nouvelle Thu, 09 Mar 2023 22:03:04 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.3 La Comédie Musicale américaine dévoilée par JF Principiano Jeudi 9 mars https://www.operavenir.com/la-comedie-musicale-americaine-devoilee-par-jf-principiano-jeudi-9-mars/ Thu, 09 Mar 2023 22:03:04 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3101 (Lire la suite)]]> Toulon : Conférence-présentation de la comédie musicale américaine

By TV83.info -Mar 9, 20230

Wonderful Town de Léonard Bernstein

Jeudi 9 mars 15h  Maison de la méditerranée Toulon Port Marchand. Entrée libre

Présentation de l’œuvre de Leonard Bernstein, par la Camerata les amis de l’Opéra de Toulon en partenariat avec OpéravenirJean François Principiano évoquera le contexte historique qui a présidé à sa création ainsi que les grandes caractéristiques de la partition.

Bernstein chef d’orchestre

Plusieurs influences musicales
L’œuvre sera donnée les 24, 25 et 26 mars à l’Opéra de Toulon par des chanteurs spécialisés dans cette esthétique musicale, mélange de plusieurs sources et influences, le jazz, les danses populaires de l’Europe centrale, le classique, les rythmes latinos et les danses yiddish polonaises ou roumaines.

Inspiré d’un roman à succès et d’un film qui  raconte avec humour  l’arrivée à New York de deux jeunes filles du fin fond de leur Ohio natal, la  comédie musicale est une explosion scénique de couleurs et de paillettes. C’est aussi  toute une palette de sentiments et d’émotions, d’illusion, rêves, découvertes, émerveillements, tricheries, naïvetés, duperies et finalement acceptation du destin de la part de jeunes filles ambitieuses et téméraires.

La joie de vivre et le rythme
Le sens de cette œuvre sera évoqué à travers de nombreux extraits. Ils  dégagent tous une joie de vivre et de gagner, typiquement américaine. Il y a beaucoup de rythmes trépidants et de danses dans cette partition de Bernstein !  On a pu parler d’une ébauche de  West Side Story. Le discours sous-jacent est très net. A New York tout est désormais possible, malgré la crise des années trente. Du travail, de la chance et un peu d’amour pour que tout s’offre aux deux protagonistes.  Chacune au bout de l’aventure découvrira le bonheur. C’est une invitation à l’espérance pour tous. Et c’est  dans cette force de persuasion que réside l’esprit de cette œuvre.  Et aussi c’est la raison pour laquelle, elle nous parle toujours !

Camerata de Toulon et Opéravenir Réunion à la salle de la Méditerranée rue du  Commandant Infernet. « Splendeurs et mystères de la Comédie Musicale  américaine. » par Jean François Principiano jeudi 9 mars 15h. New-York drink a l’issue de la conférence.

Infos Elya Weismann Operavenir   06 11 81 54 73  eweismann@hotmail.fr

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Les femmes! les Femmes! 8 mars Toutes en fêtes! https://www.operavenir.com/les-femmes-les-femmes-8-mars-toutes-en-fetes/ Wed, 08 Mar 2023 14:48:10 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3099 (Lire la suite)]]> La place des femmes dans l’histoire

By TV83.info -Mar 8, 20230

Une  trop lente progression vers l’égalité
En cette journée d’hommage aux femmes profitons-en pour faire le point historique sur la place de la moitié de l’humanité au cœur de l’histoire. Le plus objectivement possible.

Pourquoi cette inégalité ?
De la Préhistoire on ne peut rien dire avec certitude. Mais les femmes devaient sans doute subir les contraintes que l’on retrouve chez les grands primates. Faible espérance de vie, grossesses nombreuses, violences diverses. L’homme devait, lui aussi, être plus une proie qu’un chasseur et sans doute la survie de l’espèce était une obsession constante de l’humanité en ces temps obscurs de violences totales.

Les premières civilisations mésopotamiennes voient apparaître les premières différenciations  du visage féminin qui  s’épanouiront sous les égyptiens. Les grecs les cantonnent dans les Gynécées et les grands philosophes se demandent si elles ont une âme. Avec les romains les choses changent un peu, sous l’influence des Étrusques, la mater familias concurrence le père de famille ; les matrones romaines entrent modestement dans le droit et le mari n’a plus le pouvoir de les exécuter pour  adultère. La loi  s’impose peu à peu aux coutumes.

Pourquoi  une évolution féministe ?
Jésus demande que celui qui est sans faute lui jette la première pierre. Saint Paul a hésité et finalement il admet quelles sont nos sœurs sous la bienveillance de notre père. Le Bouddhisme de l’autre côté du monde leur accorde une reconnaissance que l’Afrique a déjà admise dans ses coutumes.

8 mars – moyen age

Au Moyen-Age européen l’amour courtois lui ouvre les portes du respect masculin (surtout dans la noblesse) Les chevaliers se meurent d’amour pour elles. La loi salique pourtant les éloigne du pouvoir comme des héritages. Toujours tout pour les hommes, les frères, les époux !

Pourquoi les femmes entrent dans l’Histoire du monde ?
La Renaissance est un peu plus égalitaire, Michelet évoque des personnalités féminines de premier plan, Jeanne d’Arc, Margueritte de Navarre, Louise Labé… Elles s’instruisent et  se mettent aux arts majeurs, peintures, littératures, philosophies, théâtres. La Chine  et l’Inde également se piquent de féminisme avec l’apparition des cours princières. La Musique africaine signale des exemples de chanteuses et poétesses.

8 mars -XVII siécle

En Europe le XVIIème siècle est celui de la  femme instruite et Molière s’en moque dans les Précieuses ridicules. Des grandes reine tiennent le Monde Elisabeth en Angleterre, Catherine en Russie. Mais dans les campagnes et les villes rien ne change vraiment !

Au XVIII°, cas unique dans l’histoire, les mœurs évoluent plus vite que les lois. L’Ancien régime leur accorde presque ce que la Révolution Française leur interdira en guillotinant Olympe de Gouges. Au XIX siècle les femmes peuvent compter sur les romantiques qui les placent au centre (mais toujours sans représentation légale) Hugo, Berlioz, Verdi en font des héroïnes solaires. L’Opéra les adore. Wagner en fait les compagnes des héros morts à la guerre, les Walkyries.

8 mars au XX siécle

Pourquoi le XXeme siècle ?
Pourtant c’est le XXeme siècle qui verra les premières lois favorables aux femmes dans le monde entier. D’abord en Angleterre puis en France, Italie, Allemagne. Le reste suivra au-delà de l’Atlantique. Au XXe siècle, les femmes occidentales ont massivement abandonné la ferme ou l’atelier familial pour travailler dans le salariat, non plus subordonnées à leur père ou leur époux mais à un patron ou un contremaître, à rang égal avec leurs frères ou leur époux. Elles ont aussi vu leur statut progresser comme jamais auparavant : égalité des droits, moyens contraceptifs etc. Ces opportunités ont changé pour de bon les rapports entre hommes et femmes, du moins dans les sociétés occidentales.

Pourquoi Simone de Beauvoir ?
Simone de Beauvoir écrit  Le Deuxième sexe en 1949. Cet ouvrage est rapidement devenu le livre de référence pour le mouvement féministe mondial. Dans cet essai, Simone de Beauvoir refuse l’infériorité naturelle de la femme. Selon elle, « on ne naît pas femme, on le devient». Elle définit également ce qu’est le genre féminin, tel que décrit dans les différentes théories scientifiques et sociales. Elle dresse ensuite la liste des obstacles qui se dressent dans la vie des femmes. La solution, pour cette philosophe féministe, se trouve dans le travail : « C’est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c’est le travail qui peut lui garantir une liberté concrète ».

Toutefois, l’Histoire nous enseigne que rien n’est jamais acquis…

Pourquoi le 8 mars ?
La Journée internationale des droits des femmes trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle, en Europe et aux États-Unis, réclamant des meilleures conditions de travail et le droit de vote. C’est en 1975, lors de l’Année internationale de la femme, que l’Organisation des Nations Unies a commencé à célébrer la Journée internationale des femmes le 8 mars.

Le 8 mars est une journée de rassemblements à travers le monde et l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement les groupes et associations de femmes militantes préparent des événements partout dans le monde pour : fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, améliorer la situation des femmes

C’est aussi l’occasion de mobiliser en faveur des droits des femmes et de leur participation à la vie politique et économique.

Les Nations Unies définissent chaque année une thématique différente. Pour l’édition 2023 ce thème est : « Pour un monde digital inclusif : innovation et technologies pour l’égalité des sexes »  Ce thème est associé au thème prioritaire de la 67e session de la Commission de la condition de la femme (CSW-67), à savoir « L’innovation, le changement technologique et l’éducation à l’ère du numérique pour réaliser l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles« .

Dont acte ! Bonne journée à toutes ! Vite sur  les ordinateurs ! Il y a encore des Bastilles à prendre !

Jean François Principiano

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Wonderful Town https://www.operavenir.com/wonderful-town/ Sun, 05 Mar 2023 19:54:04 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3087 (Lire la suite)]]> le rêve de réussite américain

Wonderful Town de Bernstein

Splendeurs et secrets de la comédie musicale américaine

Reprise à l’Opéra de Toulon de la Comédie musicale américaine Wonderful Town  de Leonard Bernstein (1918-1990) sur un livret de Jérôme Chodorov et Joseph Fields avec des  Lyrics de Betty Comden et Adolph Green. La Création a eu lieu à  Broadway, au Winter Garden Théâtre, le 25 février 1953. La création française à Toulon a été un événement musical en 2018. Les représentations  de la production de Toulon auront lieu  les vendredi 24 mars 20h, samedi 25 mars 20h et dimanche 26 mars 14h 30.

L’œuvre sera chantée en anglais avec sonorisation et surtitrage sous la direction musicale de Larry Blank. Mise en scène d’Olivier Bénézech a qui l’on doit ce beau travail de redécouverte. La Chorégraphie est de  Johan Nus. Scénographie : Luc Londiveau. Costumes : Frédéric Olivier. Orchestre et Choeurs de l’Opéra de Toulon. Avec des interprètes spécialistes de cette esthétique musicale et  théâtrale : Jasmine Roy, Rafaëlle Cohen, Dalia Constantin, Van Kempen, Maxime de Toledo, Thomas Boutilier, Franck Lopez, Jacques Verzier, Scott Emerson, Sinan Bertrand et Julien Salvia.

L’intrigue sur fond d’émigration intérieure lors de  la crise des années 30

L’action se déroule durant l’été 1935, à New York, dans le quartier de Greenwich Village. Les deux sœurs Sherwood, Ruth et sa cadette Eileen, s’y installent, débarquant de leur Ohio natal, afin de « conquérir » la ville. La première ambitionne de devenir écrivain ; la seconde désire être actrice. Ruth se présente dans les bureaux d’un magazine, éditeur d’histoires courtes, et rencontre Robert ‘Bob’ Baker qui tombe amoureux d’elle.  De son côté, Eileen fait la connaissance de Frank Lippencott…

Le découpage  cinématographique de l’œuvre

Acte 1 Ouverture (orchestre) Christopher Street (un guide, les villageois)

Ohio (Ruth, Eileen) Conquering New York (Ruth, Eileen, un cadet, Violet, les villageois)

One Hundred Easy Ways (Ruth) What A Waste (Robert, les éditeurs)

A Little Bit in Love (Eileen) Pass the Football (Wreck, les villageois)

Conversation Piece (Ruth, Eileen, Frank, Robert, Chick) A Quiet Girl (Robert) Conga ! (Ruth, danseurs)

Acte 2

Entr’acte (orchestre) My Darlin’ Eileen (Eileen, un ivrogne, un policier)

Swing ! (Ruth, les villageois) Ohio (reprise : Ruth, Eileen) It’s Love (Robert, les villageois) Ballet at the Village Vortex (danseurs ; orchestre) Wrong Note Rag (Ruth, Eileen, les villageois) It’s Love (reprise : ensemble)

Le sens de l’œuvre

À travers les improbables pérégrinations de deux sœurs qui débarquent du fin fond de l’Ohio pour tenter leur chance à New York, Bernstein affirme son amour pour cette ville. Wonderful Town, avec ses épisodes chorégraphiques survoltés et sa somptueuse orchestration, est un prélude à West Side Story. L’atmosphère électrique des quartiers branchés de Greenwich Village et de Chelsea, est incroyablement décrite par des rythmes jazzy et latinos. Une histoire loufoque et dingue où tout finit par une seule attitude : « Swing ! ». Montrer au monde qu’à NY, si on  travaille et avec de la chance on peut réussir. Le rêve de la réussite individuelle s’offre à tous. Sauf pour les laissés-pour-compte  du libéralisme. What a waste ! chante le chœur, quel gâchis !

La partition synthèse de  jazz  et de classique, influence de Gershwin

Pour bien interpréter cette œuvre il faut : 4 trompettes, 3 trombones, percussions, piano (célesta optionnel), cordes. Détail de la nomenclature : Anches I : flûte, clarinette mib, clarinette sib, saxophone alto. Anches II : clarinette sib, clarinette basse, saxophone alto, saxophone baryton. Anches III : hautbois, cor anglais, clarinette sib, saxophone ténor. Anches IV : flûte piccolo, flûte, clarinette sib, saxophone ténor. Anches V : clarinette sib, saxophone alto, saxophone basse, basson.  Il existe une version concert de cette œuvre. Comme pour  l’orchestration de Porgy and Bess, c’est un mélange réussi de Big Band de jazz très cuivré et d’orchestration ravélienne. A cela s’ajoute la touche latino qui plaisait tant à Bernstein. Comme il le  dit lui-même « c’est de la musique juive européenne exportée sur le continent américain avec trois influences  précises, le jazz, le classique et les rythmes tropicaux. ».

La vision d’Olivier Bénézech metteur en scène

Il dit : « Bernstein aura contribué à forger mon goût pour le Musical. Le vrai. Théâtre populaire intelligent, perfection des rapports texte/musique, engagement politique, Bernstein est le mythe fondateur du Musical contemporain. Sans lui le genre ne se serait pas développé de la même manière, et toute une génération de compositeurs, de Sondheim à Lin-Manuel Miranda, n’auraient pas reçu les mêmes forces créatrices. » Il ajoute : « Le livret de Wonderful Town provient d’un film des années 50, qui faisait se dérouler l’action en 1935. Cette histoire est du coup très surannée, sauf la musique bien entendu. Le fond de l’histoire c’est New York, une ville qui change perpétuellement. Donc l’évidence s’est faite rapidement : présenter une version d’aujourd’hui, un spectacle très contemporain, qui puisse rendre un hommage à la modernité de Big Apple. »

Un très bel exemple  de métissage artistique réussi, bien en accord avec la culture musicale nord-américaine, véritable melting pot d’influences porteuses de renouveau. A voir avec bonheur et plaisir. Le succès de la création française de Wonderful Town à l’Opéra de Toulon en 2018 a été confirmé par l’attribution du Grand Prix de l’Académie Charles Cros à son enregistrement DVD.

Jean François Principiano

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L’Egalité dans tous ses etats https://www.operavenir.com/legalite-dans-tous-ses-etats/ Sat, 04 Mar 2023 22:39:03 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3082 (Lire la suite)]]>

Conférence à l’UTD de Hyères Du bon usage de l’Égalité !

By TV83.info -Mar 2, 20230

L’Université du Temps disponible de Hyères propose lundi  6 mars  14h 30 au Park Hôtel une conférence historique animée par Jean François Principiano intitulée « Petite histoire de l’Égalité dans le monde. » Entrée libre.

Les hommes de l’égalité
Dans un premier temps les  différentes formes d’inégalités seront évoquées puis seront convoquées les principales figures  historiques des  idéologues du principe d’égalité.

De Solon à Mandela en passant par Spartacus, les Gracques, Campanella, D’Holbach, Rousseau Robespierre, Babeuf, Buonarotti, Proudhon, Fourrier, Marx, Jaurès, Lénine, Mao, Zapata et tant d’autres…C’est toute l’histoire du principe d’Egalité qui sera revisité.

Du bon usage de l’Égalité
L’Égalité est un principe à valeur constitutionnelle. L’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen française dispose que « la loi doit être la même pour tous ». Les personnes dans la même situation doivent être traitées de manière identique.

Le code pénal sanctionne les distinctions fondées sur l’origine, le sexe, la situation de famille, la grossesse, l’apparence physique, la vulnérabilité résultant de la situation économique, le nom, le lieu de résidence, l’état de santé, le handicap, l’orientation sexuelle. C’est l’égalité en droit.

Les lois de compensations sociales
La conférence montrera que le  principe d’égalité en droit, lui-même, ne s’applique pas de façon stricte dans tous les domaines.  Quelques rares démocraties s’efforcent d’y tendre. Des différences de traitements sont admises pour rééquilibrer une égalité insuffisante. Ainsi des dispositifs éducatifs, économiques ou sociaux existent pour « compenser un handicap individuel, social ou géographique » : bourses d’études, exonérations d’impôt, par exemple.

La difficile égalité sociale
Si l’égalité en droit a été progressivement acquise, en principe, et semble sur la planète une valeur universellement reconnue, il n’en est rien au contraire de l’égalité sociale.

Dans l’ensemble le monde  libéral capitaliste reste attaché à l’inégalité. Et avec la crise de l’énergie et la guerre, se creuse l’écart entre les nantis et les pauvres. Le capitalisme épuise la nature et les hommes. « Il divise aussi et attise les violences ». (Jaurès)

Les évolutions récentes
Mais depuis une décennie les choses changent. Jadis fondée sur les idéologies, les combats pour l’égalité selon des principes se transforment en prise de conscience selon des nécessités.

À partir d’exemples concrets la conférence tentera de démontrer que l’égalité est un principe fédérateur pour un futur planétaire apaisé. L’humanité doit aller vers le partage des ressources, des espaces, des richesses et des  enjeux dans son intérêt même.

Un monde de plus en plus inégalitaire irait à la catastrophe.
Comment se feront ces  évolutions ? Se feront elles  dans un consensus planétaire accepté par tous ? ou au cours de crises de plus en plus violentes, mettant en péril notre avenir commun ?

UTD Lundi 6 mars 14h 30 en partenariat avec Operavenir Petite histoire de l’Egalité par Jean François Principiano historien, Park Hôtel. Hyères. Entrée Libre.

UTD – Hôtel de Ville – Bureau 318 (rez-de-chaussée) inscriptions et réservations

Tél : 04 94 00 78 78 – Postes 7030, 7170 et 7654.   utd@mairie-hyeres.com

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Conférence sur Rabelais par Jean François Principiano Historien Samedi 4 mars 11h association « A » de Toulon 9 rue Fougassière Toulon entrée libre. https://www.operavenir.com/conference-sur-rabelais-par-jean-francois-principiano-historien-samedi-4-mars-11h-association-a-de-toulon-9-rue-fougassiere-toulon-entree-libre/ Fri, 24 Feb 2023 10:49:22 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3049 (Lire la suite)]]> François Rabelais, le rire de la Renaissance Française

By TV83.info -Fév 24, 20230

Conférence de Jean François Principiano samedi 4 mars
L’Association A des anciens professeurs et élèves de Toulon invite, en ses locaux, rue  Fougassiére, a une conférence  consacrée à l’écrivain humaniste et philosose  François Rabelais.

François Rabelais

Témoignant d’un don prodigieux pour l’invention verbale dans ses romans parodiques Gargantua et Pantagruel, François Rabelais, 1493-1553, a donné à la langue française ses lettres de noblesse. « Guerre picrocholine  », « moutons de Panurge », « abbaye de Thélème », « Dive Bouteille » et « substantifique moelle » sont autant de traces que les aventures de ses géants ont laissées dans la langue.

Contemporain de François Ier, premier monarque de la Renaissance française, et des premières tensions avec la religion réformée naissante, Rabelais est un écrivain humaniste à la curiosité pétillante. Son rire paillard d’érudit bon vivant résonne encore.,

De l’obscurité à la lumière
Ce fut d’abord un Obscur moine franciscain, puis il devint le médecin le plus réputé de son temps. D’origine modeste, il fréquenta les papes, fut le protégé d’un cardinal et l’auteur favori du roi François Ier. Croyant sincère, il écrivit des livres dont la truculence et l’audace de pensée lui valurent les foudres de la Sorbonne. Célèbre dans toute l’Europe, il acheva sa vie dans un quasi-dénuement, au service des humbles, à Saint-Maur près de Paris…

Un  des géants méconnus de la littérature
Génie libre et tonitruant il sut créer avec les mots de la rue et les légendes d’almanachs une des œuvres les plus puissantes de son temps. Il libéra la langue française et  l’esprit de ses contemporains sans céder à la facilité. Rabelais exploite le recul de l’Église pour poser la question du bonheur terrestre et pour inviter les individus à se réconcilier avec l’existence quotidienne.

Une vie d’engagements
Dans ses deux œuvres majeures, « Pantagruel » et « Gargantua », il fait preuve d’un style hors du commun, d’une richesse de vocabulaire exceptionnelle et associe des opinions éclairées sur l’éducation, l’extension des savoirs ou la guerre, à une technique littéraire où le récit historique se mêle aux inventions fantastiques. La conférence évoquera le contexte historique de cette création inégalable dans la vie littéraire.

Rabelais par Gustave Doré

Virtuose du langage
Il écrivit une suite à son diptyque de « Pantagruel » et de « Gargantua », le « Tiers Livre » et le « Le Quart Livre ». Par ailleurs, le « Cinquième Livre », qui paraît à titre posthume a été un sujet de doute concernant son authenticité. Son style libre aurait pu être celui de la langue française mais on lui préféra le langage bien policé de Amyot, une langue de traducteur regrettait Louis Ferdinand Céline dans un pamphlet célèbre.

La liberté de pensée
Virtuose du langage et grand créateur de mots, polémiste, savant, précurseur dans de nombreux domaines, François Rabelais réalise donc la synthèse entre la tradition comique carnavalesque du Moyen Age et les nouveaux savoirs de la Renaissance. Sa vie et son œuvre polymorphe, qui donnent à rire et à penser, qui échappent à tout classement, sont le triomphe de la liberté d’esprit.

Samedi 4 mars 10h 30  dans les locaux de l’association « A » de Toulon rue Fougassière  conférence François Rabelais le rire de la Renaissance française par Jf Principiano. Entrée libre  Infos et réservations  9 Rue Fougassière 06 88 28 577

http://www.adetoulon.org/contact.htm

alain.beslant@free.fr

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Doktor Faustus de Ferruccio Busoni le 21 février à l’Opéra du Maggio Fiorentino lors du Voyage à Florence.Présentation de l’oeuvre. https://www.operavenir.com/doktor-faustus-de-ferruccio-busoni-le-21-fevrier-a-lopera-du-maggio-fiorentino/ https://www.operavenir.com/doktor-faustus-de-ferruccio-busoni-le-21-fevrier-a-lopera-du-maggio-fiorentino/#respond Sun, 05 Feb 2023 21:18:36 +0000 http://www.operavenir.com/?p=3001 (Lire la suite)]]>

Doktor Faust de Ferruccio Busoni 

Du souffre sur Florence

Opéravenir a le plaisir de vous inviter à découvrir une œuvre majeure de l’histoire de la musique à travers cette rencontre virtuelle.

Busoni un Musicien complet

Musicien de génie, pédagogue, pianiste virtuose, Busoni fut aussi un critique redoutable, un théoricien et un professeur portant vers les sonorités avant-garde. Il est aujourd’hui davantage connu pour ses transcriptions de J.S. Bach que pour ses propres œuvres. Il écrivit pour tous les genres et sa musique est l’une des seules qui ne doit rien à Wagner ou Debussy. Ses affinités musicales partent du Classicisme de Bach, Mozart, et Liszt mais vont jusqu’à la porte du dodécaphonisme schönbergien sans y adhérer. Parmi ses élèves, citons Kurt Weill ou Edgar Varèse. Depuis quelques années ses œuvres suscitent un regain d’intérêt de la part des directeurs d’Opéras et en particulier son chef d’œuvre Doktor Faust de 1925.

Un italien en exil

Ferruccio Busoni 1866-1924 est né en Toscane, près de Florence dans le village d’Empoli. Fils d’une famille de musiciens, Busoni possède une double culture de par sa mère italienne (pianiste) et de son père allemand (clarinettiste). Toute sa vie, il gardera cette ambivalence culturelle : italien de cœur et allemand de choix. Dès l’âge de dix ans, la famille Busoni s’installe en Autriche, à Graz.

Un enfant prodige

Ferruccio est un enfant prodige : il donne son premier concert en tant que pianiste à l’âge de huit ans et dirige son propre Stabat Mater à l’âge de douze ans. Lors d’un concert à Vienne, il reçoit même une critique élogieuse de la part du redoutable Hanslick.  Il intègre le Conservatoire de Leipzig en 1886 pour une durée de trois ans. Il y rencontrera Tchaïkovski, Grieg, Mahler ou Delius et compose son premier Quatuor en ré mineur op.26. Dès 1888, il commence son travail de transcription des œuvres pour piano  de J.S. Bach. En 1890, sa réputation de pianiste virtuose est définitivement établie. Il commence sa carrière de pédagogue dès 1889, en enseignant aux Conservatoires d’Helsinki puis de Moscou. On note une brève interruption de son activité de professeur pour une tournée de virtuose aux Etats-Unis.

Pianiste et transcripteur

A son retour, il s’installe à Berlin, qu’il ne quittera que très peu, mis à part une pause à Zurich pendant la Première Guerre Mondiale. A Berlin, il organise de nombreux concerts de musique contemporaine, dirigeant lui-même les œuvres de Bartók, Sibelius, Debussy (première audition en Allemagne du Prélude à l’après-midi d’un faune) ou Fauré.Au public, il fera aussi découvrir Bach mais aussi Mozart, jouant de très belles cadences dans les Concertos pour piano, et Liszt (déjà tombé dans l’oubli); il donna en 1911 une série de six récitals retraçant dans la quasi intégralité l’œuvre de son émule pianistique. Ferruccio était l’un des plus grands pianistes de son temps. Parmi les témoignages : « Le jeu de Ferruccio est ce que l’on peut entendre de plus complet et de plus parfait » (Chantavoine), « Il jouait très simplement et toujours de très près, sans articulations exagérées, sans se balancer et sans grands gestes inutiles (…) Ses interprétations des Etudes de Chopin, des œuvres de Liszt, des Variations sur un thème de Paganini de Brahms, étaient d’une perfection vraiment incomparable » (Irène Baumme).

Busoni compositeur

Busoni est un pianiste de renom, il a donc composé pour cet instrument. Mais pour le piano, il est davantage connu pour son travail de transcriptions sur les œuvres de J.S. Bach (Edition Bach-Busoni, publiée chez Breitkopf et Härtel), mais aussi de Liszt, Brahms et Beethoven.

Ses œuvres pour piano sont d’une virtuosité sans commune mesure, comme son Concerto pour piano op.39 (1904), dont le dernier des cinq mouvements se compose d’un chœur d’hommes.

Pour orchestre, il compose une douzaine de pièces, un Concerto pour violon op.35 (1897), un Divertimento op.52 pour flûte et orchestre (1920).

Dans le domaine de la musique vocale, il laisse quelques cantates et œuvres chorales. Mais surtout, il est l’auteur de quatre opéras, dont le fameux Turandot et le posthume Doktor Faust, qui fut terminé par son élève Philippe Jarnach et créé à Dresde en 1925. Fait exemplaire, il est l’auteur des livrets de ses quatre ouvrages dramatiques.

Son style entre  innovation et tradition

Musicalement, Ferruccio était un défenseur du Classicisme mais également un novateur. Il s’explique notamment dans le Projet d’une nouvelle esthétique musicale (1907), un traité anticonformiste dans lequel il conteste le recours à la forme sonate, aux modes majeur et mineur… et prône toutes les innovations à venir durant la première moitié du XX° siècle : emploi de modes anciens, polytonalité, et même de l’électronique (de sa tournée américaine, il avait ramené le dynamophone du Docteur Cahill, permettant de produire des sons inédits) !

En accord avec toutes ses idées, il écrit la Fantaisie indienne op.44 (1913), Romanza e Scherzoso op.54 (1921) et surtout dix Sonatines pour piano (1910-1920). Dans ces sonates, la forme traditionnelle est dépassée : il n’y a plus de formule d’écriture ni langage stéréotypé. Busoni enchaine les idées musicales les unes aux autres, présentant des audaces, des dissonances ou des consonances de façon insolite. Bien que proche de l’Ecole de Vienne dans ses idées, il n’adhèrera jamais au dodécaphonisme.

« La technique classique arrivera à épuisement au bout d’une étape dont elle a déjà couvert la plus grande partie. Où va mener l’étape suivante ? A mon avis, elle nous conduira aux sonorités abstraites, à une technique sans entraves, à une liberté tonale illimitée. Il faut reprendre tout à zéro en repartant d’une virginité absolue. »

Ferruccio Busoni meurt à Berlin en 1924, à l’âge de cinquante-huit ans officiellement d’une insuffisance cardiaque, et rénale  le surmenage a dû également contribuer à sa mort. Doktor Faust est resté inachevé à sa mort et a été créé à titre posthume à Berlin en 1925.

Doktor Faust avant Goethe

Le livret est inspiré du mythe médiéval

Faust est Professeur et Recteur dans la petite ville de Wittenberg. Il est malheureux et déprimé. Trois étudiants de Cracovie sur ordre de Méphistophélès, offre a Faust un livre de magie, le Clavis Astartis Magica,  qui va l’aider à «contraindre ceux qui l’ont broyé», exaucer sans délai tous ses ordres, et d’abord payer ou écarter ses créanciers, supprimer ses ennemis un soldat, frère d’une femme qu’il a séduite, l’Eglise qui veut aussi se saisir de lui et le brûler. Malgré sa répugnance, Faust accepte ces terribles services, prix de sa liberté, bien suprême qu’il appelle de ses vœux. Son  enfer, comme il le dit, commence, et aussi, pour quelques années, une vie de plaisirs, de manipulations et d’étrange gaîté.

Au deuxième acte avec l’aide de Méphistophélès, le docteur se divertit à conjurer des esprits, dont celui d’Hélène, à tromper et ridiculiser le Duc de Parme, à séduire la Duchesse, qu’il abandonne bientôt, et à se vanter de ses mauvais tours sous les applaudissements d’un parterre de disciples ravis. Il se plaît, à provoquer puis à éteindre, au nom «   du vin, des femmes, de l’art et de l’amour », une sotte rixe entre étudiants catholiques et réformés. Et Méphisto, jamais loin, rappelle le sort misérable de la Duchesse abandonnée et fait paraître à l’affolement général l’enfant mort.

Au troisième acte les mêmes visiteurs mystérieux de Cracovie qui lui avaient apporté le livre magique au cours du prologue annoncent à Faust, dans le dernier tableau, sa fin pour le soir même.

C’est alors la scène ultime, par une nuit d’hiver, dans la même ville de Wittenberg où son destin s’était scellé. Cette fois, Faust est seul, malade, dans la rue. Il a froid. Alors que Wagner, son ami et confident, occupe maintenant, non sans superbe, sa place et sa fonction, un veilleur de nuit, égrène les heures : c’est Méphisto. Faust, qui revoit en hallucination la Duchesse mendiante et le petit cadavre, tente de prier, en vain, et accepte finalement son sort, défiant dieu et diable. Dans le brouillard un jeune enfant apparaît. Dans un suprême effort  et sur un beau motif musical  d’une large ampleur lyrique Faust fait le bilan de sa vie et de ses  espérances de pureté. Il lègue sa vie à son enfant : « … qu’en toi je me perpétue  moi Faust, volonté éternelle. » Il meurt dans un decrescendo glacial de tout l’orchestre.

Le sens de l’œuvre l’espoir de la réincarnation

Faust ne meurt pas en héros. Il ne meurt pas davantage en lâche, ou en apostat ; tout simplement, son temps est passé. De manière fort goethéenne, il renvoie, le spectateur au destin  de chacun  Il meurt seul dans le froid et la nuit.

Pourtant il ne se dégage de cette fin aucun désespoir. Elle résume les efforts de la condition humaine. Très expressive, elle souligne l’admiration devant un destin hors du commun, l’appel aux sortilèges, la fidélité sublimée au désir têtu de vivre, l’amour des plaisirs purs, à quoi s’opposent, inexorables, ironiques, écrasantes, les disgrâces du temps, les compromissions et la pesanteur de l’âge.

Quel est le  message? Pour Busoni, on le sait, l’art « représente  et englobe la philosophie, il prend en charge la religion, la spiritualité et les engagements  c’est par lui seul que peut se sauver notre destinée. » L’illusion qu’il crée sur la scène de son Doktor Faust par l’esprit transcendant du jeu et de la musique n’est pas chez lui un procédé théâtral mais un dépassement, le retour accompli, grâce à la lanterne magique de Faust, à ce que d’autres appelleraient le  temps perdu. L’inspiration musicale  de l’orchestration confère à l’œuvre sa qualité native de rêve, de terreur enfantine revisitée, d’émotion contenue et d’imagination – jusqu’à la fin trop humaine qui nous attend tous à l’appel de « notre karma ».

Au-delà de ses déceptions de ses espérances de ses maux et de ses faiblesses Faust  cherche toujours quelque chose. C’est pourquoi, dans cette solitude dernière, au dernier tableau, un enfant apparait comme dans Lohengrin tandis qu’une voix off donne le sens de l’œuvre : tout homme doit retrouver avant de mourir la pureté de son enfance dans l’espérance d’une renaissance.

Jean François Principiano

Nouvelle production du Maggio Fiorentino Direction musicale  Cornelius Meister Mise en scène  Davide Livermore Costumes Mariana Fracasso Coro e Orchestra del Maggio Musicale Fiorentino Maestro del Coro Lorenzo Fratini Doktor Faust Dietrich Henschel Wagner Wilhelm Schwinghammer Mephistopheles Daniel Brenna Duc de Parme Joseph Dahdah Duchesse de  Parme  Olga Bezsmertna

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Bartók et Brahms au Maggio Fiorentino lors du Voyage d’Opéravenir à Florence du 18 au 22 février. https://www.operavenir.com/bartok-et-brahms-au-maggio-fiorentino-lors-du-voyage-doperavenir/ https://www.operavenir.com/bartok-et-brahms-au-maggio-fiorentino-lors-du-voyage-doperavenir/#respond Sun, 05 Feb 2023 20:51:55 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2990 (Lire la suite)]]> Zubin Mehta et Yefim Bronfman

Puissance et virtuosité

Le Maggio Fiorentino propose le 18 février à 20h à la Nuova Sala del Maggio un grand concert symphonique avec deux stars de la musique classique le pianiste Yefim Bronfman et le chef d’orchestre Zubin Mehta

Le concerto n° 2 pour piano de Bela Bartok

Le Concerto pour piano no 2  date des années (1930-1931) C’est l’une des partitions  les plus accessibles du compositeur, et cependant l’un des concertos pour piano les plus difficiles du répertoire. Il a été  créé le 23 janvier 1933 à Francfort sous la direction de Hans Rosbaud  avec Bartok au piano- un événement particulièrement notable, puisque ceci a marqué sa dernière apparition en  l’Allemagne Bartok. Fraicheur de l’inspiration, lyrisme de la partie pianistique rythme et élan caractérisent l’œuvre.

La structure est symétrique – rapide-lent-rapide-lent-rapide – dans la manière de Bartók qui utilise une forme en arche. Le premier mouvement, indiqué allegro, offre un pianisme martelant et  ponctuant. L’allure rythmique et le mouvement de gammes fragmentées suggèrent l’influence d’Igor Stravinsky, et du ballet Petrouchka (1910-1911) en particulier. L’instrumentation trahit pareillement l’affinité de Bartók avec Stravinsky. Les cordes font leur entrée au début de l’adagio du deuxième mouvement. Nettement différent du précédent, ce mouvement central commence par un lent choral indiqué par les cordes dans des quintes parfaites empilées. Après cette première section de choral, le piano entre, accompagné seulement par les timbales – un martèlement instrumental peu commun, qui illustre à la perfection l’emploi fréquent par Bartók du piano comme prolongation de la famille des percussions. La section centrale de ce mouvement, signalée par un changement de tempo devenant un Presto, est extrêmement rapide  sautillante et légère. Le mouvement s’achève en boucle par un retour au tempo lent initial et la réapparition des motifs du début du mouvement. Le troisième mouvement est une variation libre sur le premier, auquel il ressemble de par la cadence et sa forme mélodique. Il se dégage de l’œuvre une impression de passion et de force vitale extraordinaire. L’implication du soliste doit être  totale.

Yefim Bronfman

Yefim Bronfman est né le 10 avril 1958) à Tachkent (Ouzbékistan), citoyen israélien depuis l’âge de 15 ans et américain depuis 1989.

Formé par Serkin, Fleischer et Firkusny, Yefim Bronfman est, à 64 ans, une star dans le monde entier. En France, il est trop rare. Un rien austère chez les « classiques », il déclenche des tsunamis pianistiques chez Rachmaninov ou Prokofiev.

Yefim Bronfman compte parmi les virtuoses actuels les plus talentueux. Son impressionnante technique et son don lyrique exceptionnel lui ont permis d’être acclamé par la critique et de toucher une audience enthousiaste dans le monde entier, notamment grâce à ses récitals, ses collaborations avec des orchestres prestigieux, et son large catalogue d’enregistrements.

En Amérique du Nord, il a travaillé avec le Metropolitan Opera Orchestra au cours de l’une de ses fréquentes visites à Carnegie Hall, dirigé par Fabio Luisi.  Il travaille aussi régulièrement avec de célèbres chefs-d ‘orchestre tels que Daniel Barenboim, Herbert Blomstedt, Christoph von Dohnányi, Charles Dutoit, Christoph Eschenbach, Valery Gergiev, Mariss Jansons, Lorin Maazel, Kurt Masur, Zubin Mehta, Esa-Pekka Salonen, Yuri Temirkanov, Franz Welser-Möst et David Zinman. « Bronfman le brontosaure ! » et « un homme qui a la stature de celui qui va déménager le piano, plutôt que d’en jouer ». C’est en ces termes que Philip Roth décrit le pianiste Yefim Bronfman dans son ouvrage The Human Stain. Mais les apparences sont parfois trompeuses. Bronfman a de la puissance à revendre, mais lorsqu’il le faut, il est capable de faire preuve d’une surprenante légèreté. Preuve en est ce concert.

La 4 ème symphonie de Brahms

Après une intense année de concerts dans lesquels il dirige ses œuvres, Johannes Brahms part se reposer en Italie puis s’installe au calme pour l’été 1884 dans les montagnes d’Autriche. Il y compose de nombreuses pièces vocales (lieder, romances). À l’automne, il rentre à Vienne où sa Symphonie n° 4 voit rapidement le jour. Johannes Brahms, représentant de la dernière période du romantisme allemand, donne à entendre avec cette quatrième et dernière symphonie une œuvre pathétique au matériau thématique dense. En effet, le compositeur produit des œuvres amples en partant d’une idée simple. C’est ce que l’on appelle en musique la technique du développement, technique à la base d’une grande part de la musique savante occidentale. Mais une telle œuvre nous place face au crépuscule de cette tradition, et l’aube du XXe siècle verra naître une révolution du langage musical.

Les premier et dernier mouvements sont particulièrement soumis à cette logique de germination musicale : d’une graine (l’idée initiale : un court motif mélodico-rythmique) naît un arbre (un mouvement entier voire une symphonie entière).

Dans le premier mouvement, au tempo allant mais au caractère contenu, tout se joue avant la fin de la deuxième mesure. Sont déjà présents, en germe, les développements mélodiques et harmoniques ultérieurs, autrement dit les dimensions horizontale et verticale de la partition. Deux éléments sont à repérer : deux intervalles qui sont la tierce descendante et la sixte ascendante. Ainsi, la mélodie, cette phrase que l’on retient et que l’on peut fredonner ou siffler, progresse de manière disjointe, par sauts entrecoupés de silence. S’en dégage une impression de soupirs mélancoliques, renforcée par les échos renvoyés par les bois aux violons.

Le second groupe thématique, où l’intervention des vents tient de la fanfare, est contrastant par rapport à l’ambiance tamisée et pathétique des premières mesures.

Cette dualité dans les nuances, le caractère propre à chaque groupe ainsi que la logique de transformation permanente des énoncés mélodiques servent de dynamique, de moteur au mouvement. L’auditeur progresse avec l’orchestre vers un sommet qui, dans la partie terminale de ce premier mouvement qu’on nomme coda, scelle la prééminence du premier thème sur le second et l’atmosphère générale de la symphonie, à savoir le pathétique.

Le deuxième mouvement ne répond pas à la même logique compositionnelle : pas de développement ici mais une alternance de deux thèmes à l’allure différente. Le premier est solennel, présenté successivement par les cors, puis les bassons et hautbois, et enfin les flûtes. Les pizzicatos des cordes nous emmènent ensuite dans plus d’intimité.

Le second thème, quant à lui, est plus doux : il suspend le temps, chanté par les violoncelles au son velouté dans le registre aigu.

Faisant suite à une longue première page sentimentale empreinte de tristesse, ce mouvement apporte un moment de repos, refusant le déploiement des idées sombres du premier, préférant l’exposé simple de deux idées musicales qui dialoguent sans heurt. La mélancolie s’exprime ici sur le ton paisible de l’évocation de souvenirs heureux.

Le troisième mouvement, aux sections très contrastées, se présente comme un divertissement enlevé. Si cette musique est toujours sérieuse, elle n’en évoque pas moins la musique populaire. Le premier thème, joué tutti, nous place immédiatement dans une atmosphère joyeuse.

Le deuxième thème, emmené par les violons, apporte un moment d’alanguissement avant le retour de la fête. Au sein de l’orchestre, l’utilisation de la flûte piccolo, très aiguë, et du triangle, instrument à percussion au son aigu et cristallin, contribue à créer une ambiance de fête. Le mouvement se termine dans une grande joie, emportée par les interventions percutantes des timbales et du triangle.

C’est la première et dernière expression de joie pleine et entière avant l’éclatement sombre et tragique de la voix du compositeur dans le quatrième et dernier mouvement.

Plus de triangle dans ce finale mais trois trombones dont le timbre est propice à suggérer une ambiance sinistre. Brahms reprend la technique d’écriture utilisée dans le premier mouvement. Cette fois, le point de départ musical est une ligne mélodique conjointe de huit mesures empruntée à Jean-Sébastien Bach. Cette mélodie est énoncée en valeurs longues par tous les instruments à vent à l’unisson, ce qui provoque un effet saisissant.

Au fil du mouvement, ce thème sera joué et répété inlassablement trente fois ! Malgré un fort sentiment de permanence évoquant le caractère implacable du destin, le renouvellement de la mélodie est constant grâce au jeu de variations sur l’orchestration et le rythme, qui contribue à façonner des ambiances diverses. De plus, les intervention des timbales permettent de suivre le déroulement du mouvement en ponctuant ses différents épisodes, ménageant suspens et sommets dramatiques.

Il se dégage de l’œuvre un sentiment de puissance maîtrisée et de montée  vers une ampleur rayonnante  irrésistible.

Zubin Mehta

Zubin Mehta naît à Bombay le 29 avril 1936 dans une famille de grands musiciens (son père est violoniste, fondateur et chef de l’Orchestre symphonique de Bombay). Il abandonne des études de médecine pour se consacrer à la musique à Vienne, ville dans laquelle il fait ses débuts de chef d’orchestre en 1958.Sa carrière est ensuite fulgurante : à 24 ans, Zubin Mehta est nommé directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal, et deux ans plus tard aux mêmes fonctions prestigieuses à Los Angeles (1962-1978). Dès 1961, alors seulement âgé de 25 ans, Zubin Mehta remplace au pied levé le chef de l’Orchestre Philharmonique d’Israël, Eugene Ormandy, victime d’une maladie. ZubinMehta fait ses débuts de chef à l’opéra avec Tosca (Puccini) à Montréal en 1963. Cette collaboration réussie et son prestige l’amènent à diriger son premier opéra au Met en 1965, un Aïda de Verdi (avec des interprètes de tout premier plan, tels que Gabriella Tucci, Franco Corelli mais aussi Rita Gorr). Les plus grands théâtres font dès lors appel à ses services. Ce jeune au talent fou impressionne au point que l’Orchestre Philharmonique d’Israël le nomme Conseiller musical en 1969, puis directeur artistique en 1977 (un poste qu’il se voit réserver à vie, dès 1981). En 1979, il dirige à Florence le Ring de Wagner (une Tétralogie qu’il reprend à Munich en 1999, puis entre 2007 et 2009 avec le Festival annuel del Mediterrani à Valence qu’il préside de 2006 à 2014). Ses tournées mondiales sont remarquées, notamment les voyages qui lui tiennent à cœur dans son pays indien natal avec l’Orchestre philharmonique de New York en 1984, et 10 ans plus tard avec l’Orchestre philharmonique d’Israël. En 1990, Zubin Mehta dirige aussi le traditionnel concert du Nouvel An de Vienne (il y revient en 1995, 1998, 2007 et 2015). Il dirige à Rome le premier concert des trois ténors (Plácido Domingo, José Carreras et Luciano Pavarotti) avec l’Orchestre del Maggio Musicale de Florence et l’Orchestre de l’Opéra de Rome.

Jean François Principiano

6 photos

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La science et les italiens https://www.operavenir.com/la-science-et-les-italiens/ https://www.operavenir.com/la-science-et-les-italiens/#respond Mon, 30 Jan 2023 12:18:56 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2957 (Lire la suite)]]> L’Italie et la Science au Relais Peiresc de Toulon

By TV83.info -Jan 30, 20230

Un autre visage de l’Italie
L’Italie est bien connue pour ses nombreux artistes, peintres, architectes, sculpteurs, musiciens de l’antiquité jusqu’à nos jours, c’est d’ailleurs le pays qui a le plus de sites répertoriés au patrimoine mondial de l’Unesco, mais on connaît moins les savants, chercheurs, mathématiciens physiciens, chimistes qui ont enrichi les connaissances techniques ou médicales mondiales. Conférence historique de Jean François Principiano mercredi 1er Février 17h 45 au Relais Peiresc de Toulon.

L’Italie n’a pas inventé que le Proseco !
Alors que de nombreuses publications concernant l’Italie portent sur des points d’histoire ou sur des problèmes d’actualité, la mafia, toujours la mafia ou sur les secrets de la cuisine italienne… le public français ignore généralement l’apport de la péninsule dans le domaine scientifique. Quelques grands noms lui sont familiers – Galilée, Volta, Fermi – mais beaucoup d’autres restent des inconnus en de ça des Alpes.

Dans des domaines aussi divers que la technologie, la radio, l’automobile ou la physique nucléaire, la chimie, la biologie ou l’anatomie, la péninsule, et notamment le sud, a  donné naissance à une multitude de  savants de renommée internationale et de prix Nobel qu’il est bon de rappeler à la mémoire européenne de l’honnête citoyen. Quelques exemples ?

La grande tradition du mécénat
Prenons l’exemple des Médicis à Florence. Ils  protégèrent autant les artistes que  les savants les plus novateurs. Ainsi, en 1633, Cosme II soutint Galilée contre l’Église. Ils financèrent des universités où ils invitèrent les plus prestigieux professeurs, devenant ainsi les moteurs d’une révolution scientifique et technique. S’enthousiasmant pour la botanique, l’archéologie ou encore la chimie, ils permirent l’éclosion de dizaines d’inventions. C’est par exemple grâce au patronage de Ferdinand II et de son frère Léopold que le physicien Torricelli mit au point le baromètre et que le mathématicien Viviani calcula la vitesse du son.

De nombreux inconnus

La science et les italiens

Deuxième exemple. Qui connaît vraiment Paolo Toscanelli ? Médecin, mathématicien, géomètre, astronome, linguiste, conservateur de la prestigieuse bibliothèque de Niccolo Niccoli, le conseiller de Cosme l’Ancien, Toscanelli, est sans doute le savant le plus polyvalent de son temps. Son apport à l’astronomie est considérable. Non seulement il a su calculer avec une précision remarquable la position de certaines comètes, mais il a posé les bases de la navigation astronomique. En 1475, à l’âge de 78 ans, il fabrique le plus grand cadran solaire du monde dans la cathédrale de Florence. Une plaque de bronze percée d’un trou est scellée dans le dôme, permettant à un rayon de soleil de se réfléchir sur le sol. Grâce à cet ouvrage, il calcule avec précision la position des astres, pour les années 1475-1506. Sans les tables de Toscanelli et sa carte du monde connu, Christophe Colomb n’aurait sans doute pas pu entreprendre sa traversée de l’Atlantique comme le souligne le magazine Géo qui lui consacra un bien trop rare numéro spécial.

Dans ce sens, le Relais Peiresc de Toulon et l’association partenaire Opéravenir ont proposé à Jean François Principiano, professeur d’Histoire, de brosser un panorama des apports de la culture scientifique ou technique des italiens à travers  une conférence illustrée qui aura lieu mercredi 1er Février à 17h 45 au Relais Peiresc de Toulon.

La Conférence  évoquera ainsi les nombreux domaines scientifiques  d’excellence de la culture italienne découvrant  un autre visage de l’Italie loin des clichés et des lieux communs. L’Italie n’est pas uniquement le pays des pizzas, de la mafia, et des joueurs de mandoline !

Entrée libre et Gratuite  par le boulevard de Strasbourg

Réservation préalable obligatoire par téléphone au 09 51 06 66 20 ou u 07 82 14 62 08

Un contrôle sera effectué à l’entrée sur présentation d’une pièce d’identité.

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Conférence à Hyères Les grands penseurs du Vème siècle avant JC https://www.operavenir.com/conference-a-hyeres-les-grands-penseurs-du-veme-siecle-avant-jc/ Wed, 25 Jan 2023 19:20:27 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2946 (Lire la suite)]]> Hyères : La Ceinture spirituelle du Vème Siècle avant JC

By TV83.info -Jan 25, 20230

Conférence à Hyères : La Ceinture spirituelle du Vème Siècle avant JC

Que s’est il passé tout autour de la Terre au Vème siècle avant JC ?
Sans se connaître, sans entrer en contact, sans peut être même savoir si les autres existaient, sept grands penseurs de cette époque  ont marqué l’humanité jusqu’à nos jours de leur empreinte et de leurs intuitions. Ils ont légué des valeurs toujours bien vivantes que l’on aurait tort d’oublier. Il s’agit du grec Socrate, du juif Esaïe, de l’égéen Pythagore, de l’indien Bouddha, de l’iranien Zarathoustra et des chinois Confucius et Lao Tseu.

En partenariat avec l’UTD de Hyères Jean François Principiano évoquera cette étrange moment de l’histoire du monde dans une conférence qui sera donnée dans le cadre des lundis de la culture, salle Benoite Groult  au Park Hotel de Hyères (entrée libre) lundi 30 janvier 14h30.

À chacun sa vérité
Pour Socrate l’homme est naturellement bon et c’est grâce à la critique impitoyable des opinions humaines qu’il progresse vers le bien. Cette idée va devenir un modèle pour toute la pensée occidentale.

Chez l’indien Bouddha  le but est d’échapper à la douleur et au mal. Le Bouddha a réinterprété dans un sens éthique les anciennes notions de karma et de renaissance, et affirmé notre responsabilité individuelle dans notre propre destinée. Il a insisté sur les valeurs positives de l’amour et de la compassion.

Pour le juif Esaïe (qui est en fait le deuxième, le Deutero Esaïe), l’idée est que l’homme se découvre dans la souffrance. C’est la souffrance qui grandit l’humanité. Plus pragmatique Zarathoustra dans ces textes, les Ghatas qui sont des hymnes de reconnaissance aux forces telluriques de la lumière Ahaura Mazda, dit que connaître le bien ne suffit pas, il faut s’engager pour combattre le mal dans les cohortes du Bien.

Pythagore

L’engagement dans les forces du Bien
C’est le combat pour le Bien qui est la vérité suprême pour Zarathoustra comme pour Socrate et non  la connaissance neutre. Pythagore lui n’a rien écrit comme Socrate mais ses disciples ont témoigné de sa recherche de vérité. Il affirme l’avoir trouvé dans les nombres et leurs lois. Le monde s’exprime par les nombres disait-il ! Lui aussi a tenté  en vain de changer le cœur des hommes. Les trois enseignements que Lao Tseu résume dans sa recherche éperdue  sont simplicité, patience et compassion. Pour entendre ces enseignements, il indique que l’unique chemin est celui du cœur. Le Tao Te King propose le détachement de l’ego comme cheminement vers le Tao, la présence, l’amour universel et la compassion naturelle.

Lao Tseu et Confucius

La Bienveillance pour tout l’univers
Le plus actuel de tous, avec le Bouddha, est sans doute Confucius qui imprègne la mentalité chinoise inconsciente de notre temps. Le concept central de la doctrine de Confucius est la bienveillance, avec comme norme la moralité. Son enseignement visait à former les futurs hommes de pouvoir, mais il était ouvert à tous. Selon Confucius, la soumission au père et au prince allait de soi garantissant ainsi une cohésion des familles et du pays.

Ponctuée d’exemples et d’extraits vidéos, cette conférence, exclusivement historique c’est-à-dire recherchant  l’objectivité, tentera de montrer l’universalité de ces sept pensée malgré les divers contextes et même leur  modernité à une époque ou l’humanité s’interroge sur son avenir  et cherche sa place dans un monde réconcilié.

Jean François Principiano

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? demandait le poète. Sans doute serait-il temps de changer maintenant que l’on commence à comprendre que la gestion agressive du système de gouvernance mondiale  épuise les hommes et la terre.

UTD de Hyères Conférence lundi 30 janvier 14h30 salle Benoîte Groult Park Hôtel de Hyères par Jean François Principiano. Entrée libre

Renseignements Operavenir eweismann@hotmail.fr

Alain Dépieds UTD – Hôtel de Ville – Bureau 318 (rez-de-chaussée) Tél : 04 94 00 78 78 – Postes 7030, 7170 et 7654 Email : utd@mairie-hyeres.com

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Qui veut tuer l’enseignement de la langue allemande? https://www.operavenir.com/qui-veut-tuer-lenseignement-e-la-langue-allemande/ Sun, 15 Jan 2023 01:55:52 +0000 http://www.operavenir.com/?p=2902 (Lire la suite)]]> Apprendrons-nous encore l’Allemand en France

By TV83.info -Jan 14, 20230

L’Allemand un enseignement en danger ?
Les professeurs d’allemand  du Var sont inquiets. Ils constatent que les menaces s’accumulent sur l’enseignement de la langue de Goethe en France. Ils réclament un état des lieux et invitent le ministère de l’Education Nationale et le Président de la République à réfléchir sur certaines réformes pénalisant et fragilisant cet enseignement.

Odile Chaumeton

Nous avons rencontré Odile Chaumeton professeur d’allemand dans le Var qui nous a fait part de ces inquiétudes qu’elle partage avec l’association pour le développement de  l’enseignement de la langue de Beethoven, Kant et Einstein. Edifiant !

La langue de l’amitié franco-allemande menacée
L’allemand est la langue de l’amitié franco-allemande ! A  la  veille  du  60eanniversaire  du  traité  de  l’Elysée,  en  dépit de l’importance des  engagements franco-allemands et du besoin reconnu de germanistes, la situation de l’allemand et des professeurs d’allemand n’a cessé de se dégrader après les récentes réformes qui ont eu des conséquences désastreuses:-en quantité–avec la baisse du nombre d’heures de cours, d’élèves et même d’enseignants,-en  qualité–avec  une  baisse  de  niveau inévitable en raison du nombre d’heures d’enseignement insuffisant.

Achtung ! Danger !
L’ADEAF (Association pour le développement de l’enseignement de l’allemand en France) dénonce : La fermeture  de  nombreuses  sections qui  a  pour  conséquence qu’il  n’est  plus  possible  d’apprendre l’allemand partout.

Les regroupements   aberrants   et   anti-pédagogiques qui épuisent   les   enseignants, freinent   les apprentissages des élèves et nuisent à l’image de la discipline

Les conditions  de  travail très difficiles de  nombreux  enseignants sans  compensation  horaire  ou salariale (sur  plusieurs  établissements  et sur tous  les  niveaux avec  la crainte constante de  fermeture des  sections)  qui  nuisent  à  l’attractivité  du  métier  et ont  pour conséquence  un  manque  criant  de professeurs d’allemand depuis plusieurs années (72% des postes du CAPES non pourvus en 2022 !)

L’ADEAF demande
Une politique linguistique nationale assumée   et   pérenne, un   véritable   plan   de relance   de l’apprentissage de l’allemand afin que son apprentissage soit accessible sur tout le territoire.

Un véritable parcours bilangue allemand-anglais, ouvert à tous, à parité horaire (3 h par langue !) de la 6e à la 3e, avec des moyens fléchés pour mettre un terme à des inégalités qui pénalisent l’allemand.

Des horaires suffisants qui  permettent aux  élèves de  progresser  tout  au  long  de leur scolarité : au moins 3h par semaine à tous les niveaux, au collège comme au lycée

Un enseignement  de  spécialité  LLCE (Langues, Littératures  et Cultures Etrangères) à deux  langues permettant d’approfondir l’allemand et l’anglais, au cycle terminal du lycée

Deux langues vivantes obligatoires dans tout le second   degré, y   compris   dans   les   voies professionnelles ainsi que dans toutes les classes postbac (Classes Préparatoires  aux Grandes Ecoles et BTS)

Une augmentation de l’attractivité du métier de professeur d’allemand par de meilleures conditions de travail, notamment un allégement de service pour les collègues sur plusieurs établissements…

Pour plus amples informations on peut contacter Thérèse Clerc, présidente de l’ADEAF
07 82 32 65 03

presidence@adeaf.nethttps://adeaf.netbureau@adeaf.nethttps://www.facebook.com/adeaf.frhttps://twitter.com/ADEAF_nationalehttps://www.instagram.com/adeaf_nationale/

Avec 100 millions de locuteurs natifs, l’allemand est la langue la plus parlée en Europe. 15,4 millions de personnes apprennent l’allemand comme langue étrangère. 15.7 % des Européens ont l’allemand comme langue maternelle, puis 12,9 % l’anglais, 12, 5 % l’italien et 12 % le français.

Jean François Principiano

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