15h00 : Madama Butterfly de Puccini par Etienne Kippelen
(compositeur et musicologue, maître de conférence à l’Université d’Aix-Marseille, Directeur artistique des Nocturnes Sainte-Victoire)
La conférence d’Etienne Kippelen présentera les aspects musicaux les plus remarquables de Puccini, mis en perspective avec les thèmes de l’opéra, le choc des civilisations et la trahison amoureuse.
Découvrez les interprètes de Cio-Cio San et Pinkerton
La forza del destino : G Verdi – Pace, pace mio Dio’ par Sunyoung Seo
Tosca G. Puccini : E lucevan le stelle par Edgaras Montvidas
17h00 : Le Festival d’été de Châteauvallon-Liberté, Scène Nationale par Maud Jacquier
(Chargée des relations avec le public et des actions culturelles)
Départ en Bus à 12h15, Place de la liberté à Toulon.
Festival au Château de Peynier
PROGRAMME
14h Conférence « L’humour en musique » par Etienne Kippelen musicologue
Visite du château – Nadine Poulain Exposition dans la galerie du Château
16h30 visite du domaine viticole Terre de Mistral, dégustation et collation
19h30 Récital du répertoire du XIXe siècle ponctué d’improvisations par Jean Baptiste Doulcet, Pianiste et improvisateur.
Tarif :69 €uros (Bus, visites, Concert et collation)
diplômé du CNSMDP à l’âge de 17 ans en improvisation au clavier dans la classe de J-F. Zygel, T. Escaich, P. Lefevre et C. Lehn. Jean-Baptiste y entre aussi en classe supérieure d’écriture (chez Yves Henry et Cyrille Lehn) et de musique de chambre (avec Jean Sulem et Haruko Ueda).
Il réintègre le CNSMDP en piano chez Claire Désert, ainsi qu’en Master dans sa classe de musique de chambre aux côtés du violoncelliste Noé Natorp.
Parallèlement à cette voie musicale faite de nombreux concerts (on a pu l’entendre au Festival de Nohant, La Roque d’Anthéron, lors des Nuits des Caraïbes, au Cabaret Classique de Jean-François Zygel, au Festival 1001 Notes en tant que compositeur en résidence et improvisateur ou encore aux Lisztomanias de Châteauroux dont il est devenu le directeur de l’Académie d’Improvisation), il travaille professionnellement pour la critique écrite et radiophonique du 7e art et la composition de musique de films.
Cette alchimie entre deux passions l’amène régulièrement à accompagner au piano des films muets dont il refait la bande sonore en direct (Forum des Images, Rue de Rivoli, Le Balzac, Musée des Invalides…).
Sa vision artistique est multiple ; tournée vers la danse, la photographie et le cinéma, arts auxquels il a su associer son travail de musicien, Jean-Baptiste Doulcet mène une carrière d’improvisateur-concertiste et chambriste mais, avant tout, de compositeur ; depuis sa Sonate pour piano écrite à l’âge de 16 ans, il aura écrit pas moins de quinze nouvelles œuvres, de la mélodie pour voix et piano jusqu’au quatuor à cordes. Jérôme Pernoo lui commande notamment une œuvre pour douze violoncelles autour du Werther de Goethe.
Cette rencontre donnera lieu, en 2012, à la commande d’un Quatuor à cordes pour le Festival Les vacances de Monsieur Haydn, puis en 2014 à compléter la Trilogie de la Passion de Goethe (créée au Festival de Jérôme Pernoo en 2014, mais aussi interprétée deux ans plus tard par Raphaël Pidoux), dont Réconciliation, le finale, lui a valu d’être invité aux micros de Frédéric Lodéon sur France Musique.
Ses multiples facettes de musicien lui permettent ainsi de se produire aussi bien à Los Angeles qu’à la Salle Pleyel ou à la Salle Gaveau, auprès d’artistes tels que Raphaël Pidoux, Jérôme Pernoo, François-René Duchâble, Baptiste Trotignon, Gérard Caussé, Gary Hoffman, Jean-François Zygel, Carol Wincenc ou encore Jérôme Ducros.
Il a aussi à son actif deux Sonates pour violoncelle, une Sonate pour violon, un Quintette avec piano ainsi que diverses pièces miniatures pour piano seul ou pour voix (mélodies tirées, notamment, de la littérature anglophone, allant de poèmes de John Keats à Henry Charles Bukowski).
OPÉRA DE TOULON – Saison « hors les murs » Concerts symphoniquesPALAIS NEPTUNE / TOULON1re Cat 29€ / 2e Cat 15€ / 3e Cat 5€
-30 ans 1re Cat 16€ / 2e Cat 9€ / 3e Cat 5€Délices et tourments
Orchestre de l’Opéra de Toulon
DirectionVictorien Vanoosten – FlûteMathieu DufourPiotr Ilitch Tchaïkovski Roméo et Juliette Ouverture fantaisie
Symphonie n°6, Op. 74 « Pathétique »Jacques Ibert Concerto pour flûte
Combats de rue (furieux allegro avec coups de sabre) et délices de l’amour (passion de Roméo, tendresse de Juliette) sont enchâssés dans un choral religieux presque orthodoxe: c’est Vérone sur la Moskova! Vive, virevoltante, la flûte d’Ibert babille en bondissant, s’épanche dans l’élégie ou dans de folles courses, légères et pimpantes qui feront paraître la Symphonie «Pathétique» une confession désespérée. Comme un ballet pour danseur seul et chorégraphie de l’âme, elle accumule obsessions morbides, marches au supplice et acceptation tourmentée de l’inéluctable pour la plus grande gloire d’un orchestre flamboyant.
Durée du spectacle : 1h55 (entracte Compris)
Opéra de Marseille Jeudi 7 mai
Das Rheingold (L’Or du Rhin) de Richard Wagner
Prologue en 4 scènes à la Tétralogie Der Ring des Nibelungen
Orchestre et Choeurs de l’Opéra de Marseille
Direction musicale Michele Spotti Mise en scène Charles Roubaud
Départ en car 17h Place de La Liberté Orch & 1erBalcon 92€ / 2e Balcon 62€
OPÉRA DE TOULON – Saison « hors les murs » SOIRÉES LYRIQUESLe Liberté, ToulonVen 24 avr 2026 20h
Dim 26 avr 2026 14h30
Mar 28 avr 2026 20h
1reCat 71€ / 2eCat 35€
3eCat 9€
-30 ans
1reCat 39€ / 2eCat 20€
3eCat 5€
Putting It Together Création française
Comédie musicale de Stephen SondheimComplexité musicale, psychologique et narrative qui renouvelle le genre
Orchestre de l’Opéra de Toulon
DirectionThierry Boulanger – Mise en scèneOlivier Bénézech
ChorégraphieJohan Nus
ARTICLE VAR-MATIN DU 19 AVRIL
(cliquez sur l’image)
Jasmine RoyOlivier BreitmanKelly MathiesonJosh St ClairSinan Bertrand
Voyage à Gênes, du Vendredi 17 au Samedi 18 Avril 2026 -TOSCA- Giacomo Puccini, Teatro Carlo Felice, Gênes. ( Complet..réservation sur liste d’attente)
Teatro Carlo Felice
Tosca mélodrame en 3 actes de Giacomo Puccini
Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica
D’après le drame de
La Tosca de Victorien Sardou
Opéra mythique – Le pouvoir, la liberté, l’amour, la mort au chœur du drame.
Orchestre, Chœurs et Chœurs de Voix Blanches de l’Opéra Carlo Felice
Direction Giuseppe Finzi
Mise en scène Alessandro Talevi
Carmen Giannattasio – Giorgio Berrugi – Lucas Meachem
Palazzo Ducale – Visite de l’exposition « Van Dyck, l’Européen.
Le voyage d’un génie d’Anvers à Gênes et Londres »
Via Garibaldi – Les Palais des « Rolli »
Porto Antico – Visite de l’Aquario et de la Biosphère de Gênes
Prix 505 €/pers, en chambre double – Sup single 85 € – 2 jours
1 nuit hôtel, Bristol Palace – 2 repas – Places 1eCat
Conférences-présentations – Assemblée
Mardi 7 avril 2026 20h Mercredi 8 avril 2026 20h Tarifs associatifs 20 € / -30 ans 15 € / -18 ans 10 €
La Leçon Cette pièce totalement absurde est l’une des plus célèbres d’Eugène Ionesco. L’auteur y interroge le principe de transmission. Comment partager ses connaissances sans user d’autorité ? Plus de soixante-dix ans après sa création, elle n’a pas pris une ride.
Robin Renucci, acteur et metteur en scène s’en empare. Et c’est réjouissant ! Eugène Ionesco – Robin RenucciUn délire langagier réjouissant. Comment partager ses connaissances sans user d’autorité Dans un jardin, un professeur réfractaire à tout esprit critique, accueille sa nouvelle élève. Arithmétique, philologie comparée, langues, tout y passe sans que l’adolescente ait son mot à dire. Le prétendu savant aime entretenir la confusion jusqu’au moment où il dérape. Comique de situation, de langage ou de pur jeu théâtral, ici l’humour est au service du drame. Une manière astucieuse de critiquer la domination des hommes.
Texte Eugène Ionesco Mise en scène Robin Renucci Avec Robin Renucci (le professeur), Inès Valarcher (l’élève), et Christine Pignet (la bonne Marie) Dramaturgie Louise Vignaud Scénographie Samuel Poncet Création lumière Sarah Marcotte Création son Orane Duclos Costumes Jean-Bernard Scotto
Production Théâtre national de Marseille – La Criée Coproductions Châteauvallon-Liberté scène nationale / Le Préau – CDN de Vire (en cours)
Camille Delaforge Ensemble Il Caravaggio/Accentus
GTP Aix en Provence
Contralto Marie-Nicole Lemieux
Départ en car 17h Place de La Liberté 1reCat 98€ / 2eCat 88€ / 3eCat 78€
complet, inscription sur liste d’attente !
La traditionnelle Passion de Bach sous la direction de Camille Delaforge, révélée lors de sa résidence aux côtés d’Emmanuelle Haïm au Festival d’Aix 2024.
Le monde musical ne tarit pas d’éloges à propos de sa direction qualifiée d’« étincelante » (Le Figaro) ou de « remarquable » (Forum Opéra), et il y a fort à parier qu’elle est à l’orée d’une carrière exceptionnelle. Camille Delaforge est familière de la Passion selon saint Jean dont elle vient de donner une interprétation saluée par le public et la critique au Festival de Saint-Denis.
Pour ce rendez-vous attendu, elle prend la tête d’Il Caravaggio, son ensemble sur instruments d’époque, et s’adjoint le concours des chanteurs et chanteuses d’accentus, marquant leur retour dans ce répertoire après la toute première Passion, au Festival de Pâques 2013, dirigée également par une cheffe : Laurence Equilbey !
contre-alto : Marie-Nicole Lemieux
Palais Neptune, ToulonMer 1er avril 202618h
26€ / -30 ans 17€Nuit du piano 10e édition« Dans les jardins d’Espagne »
Orchestre de l’Opéra de Toulon
Étudiants-Musiciens de l’IESM
DirectionVictorien VanoostenFrançois Dumontpiano – Jérémie MoreaupianoDavid Moreauviolon
15h Hommage à Pierre AUDI directeur de Festival d’Aix en Provence jusqu’au 3 mars 2025
Pierre Audi, un humaniste qui, en alliant audace, imagination, esthétisme et en combinant musique, arts visuels et théâtre musical, a influencé durablement la scène lyrique internationale dans le plus grand respect des œuvres et des artistes.
15h45 Opéravenir au Festival d’Aix en Provence 2026
-Le Requiem et la Flûte enchantée de Mozart, des « œuvres océanes » selon le metteur en scène Roméo Castellucci, que l’on ne finit jamais de découvrir et qui ouvrent des perspectives inattendues et bouleversantes sur des récits universels.-Avec Accabadora, personnage mythologique, on est invité à une plongée dans la société sarde du milieu du XXe siècle, avec ses coutumes, ses rituels et sa puissance de cohésion pour interroger des notions essentielles de la société d’aujourd’hui, comme le sens de la filiation ou celui de l’autodétermination face à la fin de vie.
16h45 Putting it together de Stephen Sondheim
Par Jasmine Roy Interprète de la Comédie Musicale américaine
À l’occasion de la création française de la pièce musicale « Putting It Together » par l’ Opéra de Toulon, à travers vidéos, anecdotes et chansons, Jasmine Roy nous fera découvrir celui qu’ on surnomme « Dieu » à Broadway : Stephen Sondheim.
18h Apéritif convivial par l’Atelier gourmandise d’ Opéravenir
RÉSERVATIONS URGENTES tarifs associatifs
Conférence sur Putting it together de Stephen Sondheim, par Jasmine Roy, interprète de la comédie musicale américaine.
Départ en car 17 h00 Place de La Liberté Orch & 1erBalcon 92€ / 2e Balcon 62€
OPÉRA EN 3 ACTES Les Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc Opéra en trois actes et douze tableaux reliés par de brefs interludes.Texte de la pièce de Georges Bernanos porté à l’Opéra avec l’autorisation de Emmet Lavery et inspiré par la nouvelle de Gertrude von Le Fort, La dernière à l’échafaud (1937). Création en italien auTeatro alla Scala à Milan, le 26 janvier 1957.
Première représentation en version française à l’Opéra de Paris, le 21 juin 1957 sous la direction de Pierre Dervaux, avec Denise Duval (Blanche), « la seule Blanche selon mon cœur », dira Francis Poulenc, Régine Crespin (la Nouvelle Prieure), Rita Gorr (Mère Marie) et Liliane Berton (Constance), entre autres interprètes.
NOUVELLE PRODUCTIONOrchestre et Chœur de l’Opéra de MarseilleDirection musicale Debora WALDMAN
Mise en scène Louis DÉSIRÉ
Décors et costumes Diego MÉNDEZ-CASARIEGO
Lumières Patrick MÉÉÜS
Blanche de la Force Hélène CARPENTIER
Madame de Croissy Lucie ROCHE
Madame Lidoine Angélique BOUDEVILLE
Sœur Constance Ana ESCUDERO
Mère Marie de l’Incarnation Eugénie JONEAU
Mère Jeanne Laurence JANOT
Le Marquis de la Force Marc BARRARD
Le Chevalier de la Force Léo VERMOT-DESROCHES
L’Aumônier Kaëlig BOCHÉ
Le Geôlier Gilen GOICOECHEA
Le 1er Commissaire Yan BUA
Le 2ème Commissaire / L’Officier Frédéric CORNILLE
Thierry Thomas DEAR
L’œuvre.
Sans doute le plus grand opéra français du XXe siècle. Le plus fort, le plus émouvant. Francis Poulenc y a mis toute son âme.
Comment arriver à dépasser sa peur de la mort en lui donnant le sens sacré d’un sacrifice collectif ?
À l’origine.
La romancière catholique allemande, Gertrud von Le Fort (1876-1971) s’intéresse la première à l’histoire des Carmélites de Compiègne, ville rebaptisée Marat-sur-Oise par les patriotes sans-culottes durant la Révolution. Sa nouvelle, intitulée La Dernière à l’échafaud (1931), s’inspire d’un fait historique réel.
Le 17 juillet 1794, sur la place de la Révolution, devenue aujourd’hui place de la Concorde, seize Carmélites sont guillotinées après un procès des plus sommaires.
En juin 1794, le Comité Révolutionnaire et de Salut Public, « Considérant… que ces filles (les carmélites) existent toujours en communauté ; qu’elles vivent toujours soumises au régime fanatique de leur ci-devant cloître ; qu’il peut exister entre ces ci-devant religieuses et les fanatiques de Paris une correspondance criminelle », décide de perquisitionner à leurs domiciles. Les dragons alors dépêchés penseront y avoir trouvé des papiers subversifs car tendant au rétablissement de la royauté.
Seize des carmélites, sur les dix-neuf que comptait le Carmel, seront arrêtées, le 22 juin 1794 et exécutées, le 17 juillet 1794, dix jours trop tôt. En effet, le 9 thermidor, soit le 27 juillet 1794, Robespierre est renversé, fait marquant la fin de la Grande Terreur. En 1906, ces seize carmélites seront béatifiées par suite de la publication du témoignage d’une survivante du Carmel de Compiègne, Sœur Marie de l’Incarnation, en visite à Paris au moment de l’arrestation pour effectuer la liquidation d’une rente sur l’État en son nom civil de Françoise-Geneviève Philippe.
Gertrud von Le Fort s’est basée sur le récit de Sœur Marie de l’Incarnation, en y ajoutant un personnage né de son imagination, celui de Blanche de la Force dont le nom renvoie assez clairement au sien. « Ce personnage m’est venu comme l’emblème d’une époque à l’agonie travaillant à sa propre ruine », dira-t-elle.
Qu’il s’agisse du roman de Bernanos ou de l’Opéra de Poulenc, Blanche de la Force, héroïne malgré elle, sera au centre des Dialogues des Carmélites. C’est son parcours initiatique, de la peur de la vie à l’acceptation de la mort dans le choix héroïque du martyre, que développe Francis Poulenc. Car au-delà de la peinture d’une communauté religieuse victime de la Terreur, c’est bien la mort, la peur qu’elle inspire et le chemin vers la grâce, le véritable sujet des Dialogues.
La genèse de l’œuvre.
C’est ainsi qu’en 1957, Francis Poulenc présente la genèse de cette œuvre :
« Comment j’ai composé les Dialogues des Carmélites.Mon Cher Administrateur,
Vous me demandez la chose la plus difficile qui soit : parler à vos lecteurs des Dialogues des Carmélites. Dans ce genre d’aventure on risque également la complaisance et la fausse modestie. Je pense que la seule façon de m’en tirer c’est de raconter, tout simplement, l’histoire de cet opéra. J’ai toujours adoré le chant et, mes premiers grands souvenirs musicaux, c’est à Don Juan, Pelléas, Boris et Rigoletto que je les dois. Il est donc très naturel que les noms de Debussy, Moussorgski, Verdi, figurent dans la dédicace des Carmélites. Si le nom de Mozart en est absent c’est que, décemment, on ne peut rien dédier à Dieu-le-Père. Très jeune, mes parents m’ont conduit à l’Opéra et à l’Opéra-Comique. J’ai été élevé sur les genoux du ténor Edmond Clément et, à 10 ans, Carmen, La Bohème, Manon étaient sans secret pour moi. Dès que j’ai commencé à composer, j’ai rêvé d’écrire un opéra. Hélas, il y a toujours cette terrible question du livret.
Ajoutez à cela que, littéralement parlant, je suis follement snob. Si, dans le domaine de la mélodie, Éluard, Max Jacob, Aragon, Louise de Vilmorin, Apollinaire m’ont exalté, si grâce à ce dernier, j’ai pu écrire Les Mamelles de Tirésias, que j’ai la faiblesse de chérir tout spécialement, il a fallu un hasard et une intervention étrangère pour que je découvre le livret dont je rêvais depuis des années. Je devais, aux alentours de 1953, écrire un ballet pour la Scala de Milan. J’avais vaguement pensé à un sujet mi-profane mi-sacré sur Sainte Marguerite de Cortone mais je n’arrivais pas à donner corps à mon projet, (j’ai toujours écrit l’argument de mes ballets). J’en étais là lorsque, au cours d’une tournée avec le violoncelliste Pierre Fournier, je passai par Milan, en mars 1953.J’exposai à Monsieur Valcarenghi, directeur des Éditions Ricordi, qui m’avait commandé le ballet, mon peu d’enthousiasme pour ce projet.
– Ah ! Ajoutai-je au cours d’un charmant déjeuner, pourquoi ne me demandez-vous pas un opéra ?
– Qu’à cela ne tienne, je vous le commande tout de suite répondit mon hôte.
– Mais le livret ?
– Puisque vous cherchez un sujet mystique, pourquoi ne feriez-vous pas un opéra avec les Dialogues des Carmélites de Bernanos ?Je restais super stupéfait par cette proposition. Que dirait-on d’un opéra sans intrigue amoureuse ? Ayant toujours fait crédit au sens théâtral, inné, des Italiens, j’écartais cette objection mais demandai à réfléchir… oh ! combien ! Je connaissais, bien entendu, la pièce de Bernanos que j’avais lue, relue et vue deux fois mais je n’avais aucune idée de son rythme verbal, détail capital pour moi. J’étais décidé à examiner la chose plus tard, à mon retour à Paris, lorsque, le surlendemain, en plein milieu de la vitrine d’un libraire de Rome, je découvris les Dialogues qui semblaient m’attendre. J’étais sorti de bonne humeur de mon hôtel, pour flâner, d’église en église, comme j’aime le faire lorsque je suis à Rome. Il faisait si beau que je ne pensais à rien d’autre qu’à savourer les délices d’une matinée de printemps et voici que, malgré moi, j’étais ramené à cette grande aventure qui devait me hanter pendant trois ans.J’achetai le livre et décidai de le relire. Pour cela, je m’installais Piazza Navone, à la terrasse du café Tre Scalini. Il était dix heures du matin. À midi, j’y étais encore, ayant dégusté un café, une glace, un jus d’orange et une bouteille d’eau de Fiuggi pour faire excuser ma longue station. À midi et demi, j’étais ivre d’enthousiasme mais restait l’épreuve décisive : trouverais-je la musique d’un tel texte ? J’ouvris au hasard le livre en m’obligeant, instantanément, à traduire, musicalement, les premières phrases que je lisais.Le hasard ne m’épargna pas. Juger un peu :La prieure : « N’allez pas croire que ce fauteuil est un privilège de ma charge comme le tabouret des duchesses ! Hélas, par charité pour mes chères filles qui en prennent si grand soin, je voudrais m’y sentir à mon aise mais il n’est pas facile de retrouver d’anciennes habitudes depuis trop longtemps perdues et je vois bien que ce qui devrait être un agrément ne sera jamais plus pour moi qu’une humiliante nécessité. » Aussi incroyable que cela puisse paraître je trouvais immédiatement la courbe mélodique de cette longue réplique !Le sort en était jeté. À deux heures, je télégraphiai à Monsieur Valcarenghi, véritable sourcier, que j’écrirais les Dialogues. Je ruminai longuement mon découpage puis, en juin 1953, entre Paris et Brive, je le réalisai dans le train.La partition commencée en août 1953, a été achevée fin juin 1956.Nombreux sont ceux qu’un tel choix a surpris. Évidemment, il y a loin des Mamelles aux Carmélites mais c’est mal me connaître que de s’étonner de ma collaboration avec Bernanos. Sa conception spirituelle est exactement la mienne et sa violence répond parfaitement à un côté total de ma nature, qu’il s’agisse du divertissement ou de l’ascèse.
J’ai écrit en exergue, sur la première page de la partition d’orchestre, cette phrase brûlante de Sainte-Thérèse : « Que Dieu m’éloigne des Saints mornes. »
C’est indiquer clairement le ton que j’ai cherché tout au long de mon œuvre. Des sentiments terriblement humains : la peur, l’orgueil, sont à la base de cette tragique et véridique histoire.
C’est en partant de cette source que Bernanos a eu l’idée géniale d’établir entre la première prieure et Blanche, l’héroïne, ce transfert de la grâce, cette communion des saints qui, tout à coup, élève si haut l’action. La grande difficulté technique c’était de sauvegarder l’unité de ton, tout en évitant la monotonie. C’est pourquoi mes cinq grands rôles féminins sont écrits pour des emplois nettement définis. C’est, si l’on veut, côte à côte : Amneris, Desdémone, Kundry, Thaïs et Zerline.À l’exception du frère de Blanche, un ténor mozartien, les rôles masculins ne sont qu’épisodiques, mais très hauts en couleurs. Les chœurs n’interviennent que dans le dernier tableau (l’exécution des Carmélites). Bernanos n’ayant pas écrit de texte pour la foule, j’ai traité la masse chorale de façon tout instrumentale.
Sur cette immense rumeur, s’élève le Salve Regina des Carmélites, montant à l’échafaud. Ce Salve est original et non le Salve liturgique.
L’orchestration, absolument normale, est celle d’un opéra de Verdi. Presque pas de batterie, aucun instrument spécial.Voici, mon cher Administrateur, tout ce que je trouve à vous dire.
C’est maintenant au public de deviner le reste. »
-Texte paru dans L’Opéra de Paris, journal de la Réunion des Théâtres lyriques nationaux, deuxième trimestre 1957. Cité dans le programme de l’Opéra de Lyon (2013)-
Personnages et argument, éléments….
Au-delà de sa dimension historique et religieuse, au-delà de son caractère universel par les thèmes qu’elle illustre, la peur, la mort, le sacrifice…, cette œuvre nous bouleverse car elle est d’une profonde humanité et que sa musique atteint à certains moments, comme avec les Interludes ou le Salve Regina, une rare pureté.
Le livret de Poulenc reste proche du texte de Bernanos tant du point de vue de la construction dramatique de la pièce que de sa puissance émotionnelle.
L’action se déroule à Paris et au Couvent des Carmélites de Compiègne. Elle commence pendant les émeutes de Réveillon (26-28 avril 1789), révolte ouvrière, signe avant-coureur de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, et plus largement de la Révolution française, pour se terminer durant l’été 1794, quelques jours avant la fin de la Terreur.
On suit le destin de Blanche de la Force, jeune aristocrate de dix-neuf ans qui souhaite entrer au Carmel pour « l’attrait d’une vie héroïque » dira-t-elle, mais aussi pour conjurer ses angoisses de vie et de mort et se sacrifier à Dieu. Le parcours de Blanche, de la peur de la vie à l’acceptation de la mort, se construit essentiellement dans ses rencontres avec chacun des personnages du Carmel. Dans ce parcours initiatique, c’est toute l’ambiguïté de l’appel à Dieu qui s’y déroule, dans ce qu’il n’oublie pas le monde et mêle orgueil et humilité, angoisses personnelles et don de soi pour un sacrifice collectif.
Un personnage clef dans le parcours vers la grâce de Blanche, Madame de Croissy, première Prieure. C’est elle qui est chargée de sonder la foi profonde de Blanche et de lui présenter ce qui fait l’essence du Carmel, « Notre Règle n’est pas un refuge. Ce n’est pas la Règle qui nous garde, ma fille, c’est nous qui gardons la Règle. », élevant par-là la conscience de la jeune novice, en montrant un sens aigu de la responsabilité humaine devant Dieu, au-delà du simple refuge monastique. Sa longue vie de dureté et de commandement ne l’a pas rendue insensible aux peurs exprimées de Blanche. Le choix de cette dernière de s’appeler « Sœur Blanche de l’Agonie du Christ », nom jadis envisagé par la Prieure comme pouvant être le sien mais auquel elle renoncera, participe de la construction d’un lien mystérieux entre les deux femmes, Blanche pouvant alors se substituer moralement à la Prieure.
Ainsi à la fin du premier acte, on peut voir dans l’agonie tragique et désespérée de la prieure, marquée par le doute, la peur et la souffrance, une image en négatif de ce que sera la mort sereine et apaisée de Blanche sur l’échafaud ; mort déjà envisagée par Sœur Constance de Saint-Denis dans une intuition prémonitoire de la fin du Carmel sous la Terreur.
« Ça veut dire que cette autre,
Lorsque viendra l’heure de la mort,
S’étonnera d’y entrer si facilement,
Et de s’y sentir confortable.
On ne meurt pas chacun pour soi,
Mais les uns pour les autres,
Ou même les uns à la place des autres,
Qui sait ? » (Constance, Acte II)
Sœur Constance de Saint-Denis est le sourire du Carmel, formant un contraste saisissant avec la peur et l’angoisse de Blanche de la Force. Poulenc lui donne une musique fraîche et aérienne, soulignant son rôle de respiration humaine et spirituelle au milieu des tensions. Sa prémonition contient sans nul doute, les idées les plus profondes de toute l’œuvre. C’est elle qui saura exprimer dès le premier acte avec ses mots simples et juvéniles que le transfert de la grâce va ici jusqu’à un échange de destinées et de mort.
La mort de la Prieure est certes tragique mais c’est avant tout un sacrifice, nécessaire pour que Blanche puisse retrouver sérénité et apaisement dans la sienne ; l’angoisse de son agonie n’est pas vraiment la sienne mais bien celle d’une autre, celle de Sœur Blanche. Constance tissera un lien d’amitié profonde avec Blanche et toutes les deux se retrouveront ensemble sur l’échafaud, chacune, comme les autres Sœurs de la communauté, ayant prononcé le vœu du martyre, témoignage d’un engagement à affronter la mort pour leur foi en conférant un sens sacré à ce sacrifice collectif.
« Mère Marie
Mes filles, Je propose que nous fassions ensemble
Le vœu du martyre pour mériter le maintien du Carmel,
Et le salut de notre patrie.
Je me félicite de vous voir accueillir cette proposition
Aussi froidement que le Seigneur
M’inspire de le faire. …. J’ai toujours pensé que le principe et l’opportunité d’un tel voeu
Devaient être reconnus par toutes. » (Acte III, Premier tableau)
La nouvelle Prieure, Madame Lidoine, Mère Henriette de Jésus, jouera un rôle central de guidespirituel et unificateur après la mort de la première Prieure, Madame de Croissy. Elle stabilisera la communauté face à la Révolution française, incarnant une autorité sereine et maternelle et facilitant le chemin de Blanche vers l’acceptation du martyre. Après son élection, son monologue dans le deuxième acte est fondateur. Il s’agit de recentrer la communauté sur les vertus fondamentales du Carmel, la patience, la modestie et la prière en limitant une exaltation prématurée face à la révolution. Elle montrera des réserves sur le martyre collectif, proposé par Mère Marie et décidé en son absence, en tant que ce martyre relève d’une démarche humaine et non d’un don divin. N’affirme-t-elle pas
« Méfions-nous de tout ce qui pourrait nous détourner de la prière, méfions-nous même du martyre. La prière est un devoir, le martyre est une récompense. » (Acte II, Deuxième tableau)
Face à l’incarcération des Carmélites et à leur certaine condamnation à mort, elle assumera ensuite ce vœu du martyre, en tant qu’acceptation providentielle.
La sous-prieure, Mère Marie de l’Incarnation, personnage complexe, femme d’action et de commandement, est chargé de veiller sur Blanche par Madame de Croissy. À la fois maternelle et exigeante, c’est une figure d’autorité protectrice pour la jeune novice. Malgré ses efforts, elle échouera cependant comme elle le souhaitait, à protéger Blanche de la guillotine.
Dans son rapport aux membres du Carmel, elle oscille entre obéissance absolue et initiative personnelle. Elle n’hésitera pas à s’opposer à l’avis de la seconde prieure en poussant la communauté à voter le vœu de martyre en l’absence de cette dernière. Personnage ambigüe, elle ne se soumettra pas au vœu de martyre qu’elle aura contribué à faire voter. Elle échappera à l’échafaud, survivant pour transmettre l’histoire du Carmel. Son rôle est l’un des plus exigeants, tant sur le plan théâtral que musical.
La musique.
En dédicace des Dialogues des Carmélites, Poulenc écrira,
« À la mémoire de ma mère, qui m’a révélé la musique, de Claude Debussy, qui m’a donné le goût d’en écrire, de Claudio Monteverdi, de Giuseppe Verdi, et de Modeste Moussorgski qui m’ont servi ici de modèles… »
On dira de Poulenc que c’est un homme de théâtre mais aussi et surtout, un homme de la voix et un excellent mélodiste.
Le compositeur sera particulièrement attentif à accorder l’expression musicale de son œuvre à sa puissance dramatique. Ainsi, la voix n’est jamais couverte par la puissance de l’orchestre et épouse les moindres inflexions de la sensibilité des personnages. Pour le compositeur, il s’agit de « faire entendre » le texte littéraire. Mettre le texte en musique, c’est en éclairer le contenu et la signification. Paul Éluard ne disait-il pas dans sa correspondance, « Francis je ne m’écoutais pas – Francis je te dois de m’entendre. » Le compositeur utilise toutes les possibilités de la voix humaine sans rupture, du récitatif à l’arioso, en passant par les « silences » pour accroître la force de l’émotion. Il dira à propos de la composition des Dialogues des Carmélites, « Je me suis servi, tout spontanément d’ailleurs, d’un moyen qui me paraît assez rare, c’est-à-dire du silence comme un agent d’expression et peut-être la seule façon de faire valoir l’émotion d’une phrase. »
Des silences qui s’apparentent moins à des moments de vide sonore qu’à des moments de suspension dramatique souvent construits par Poulenc autour de la parole, du retrait de l’orchestre et de la disparition progressive du chant. On retrouvera notamment ces « silences » particuliers dans les interludes musicaux, moments de transition discrète entre les scènes plutôt que de développements symphoniques imposants, dans les scènes où Blanche est confronté à sa peur face à la prieure Madame de Croissy, sa déclamation étant proche de la prose, avec de nombreux petits vides que l’orchestre ne comble pas.
L’agonie de la Prieure, décrite comme un moment d’angoisse et de révolte : les changements de climat, les ruptures de ligne vocale et les suspensions créent eux aussi des quasi‑silences chargés de tension. Sans oublier la violence du silence final, qui peut être analysé comme « la dernière parole » de l’opéra. Les Carmélites montent une à une à l’échafaud en chantant le Salve Regina. À chaque coup de guillotine, une voix disparaît, le chœur se raréfie, la texture sonore se vide peu à peu, jusqu’à ce que la dernière voix s’éteigne.
La musique de Poulenc se caractérise aussi par l’utilisation de leitmotive ou plutôt de thèmes musicaux sobres illustrant les différents personnages, les émotions et les idées spirituelles rencontrées dans l’œuvre, comme la Peur, l’Anxiété, la Crainte, la Mort, l’Apaisement, l’Abandon, l’Espoir, le Grâce….Ces leitmotive évoluent au gré de l’évolution de la psychologie des personnages et de celle de la dramaturgie, vers l’apaisement et la grâce. Le thème de Blanche, d’abord fragile et chromatique aux cordes perd de sa dissonance au fur et à mesure que Blanche accepte son martyre. Le thème de la Mort, strident et descendant (timbales et cuivres) lors de l’agonie de la Prieure, se fondra avec le thème de la Grâce dans le final.
Régine Crespin, à l’origine du rôle de la nouvelle Prieure, Madame Lidoine, prendra celui de la première Prieure, Madame de Croissy, en 1977 au Metropolitan Opera de New-York, soit vingt ans après sa première prise de rôle. Elle soulignera,
« À partir du jour où j’ai interprété le rôle de la Première Prieure, j’ai complètement intégré l’univers de Poulenc. Je crois bien que c’est même à ce moment précis seulement que je me suis mise à « entendre » cet opéra ; que j’ai découvert sa beauté, sa profondeur, sa modernité, également, que l’on trouve surtout au chœur de la partie orchestrale avec ses accords rapides qui peuvent avoir l’air de non-musique….Une fois qu’on a pénétré à l’intérieur de cette œuvre, on ne peut plus en discuter une seule seconde, un seul silence, un seul soupir… »
Avant-Scène Opéra n°52, mai 1983, p107.
Extraits musicaux.
Chœur et Orchestre du Théâtre National de Paris, Direction Pierre Dervaux, EMI Classic 1958
Acte II, Deuxième tableau, « Mes chères filles, j’ai encore à vous dire », Madame Lidoine, deuxième Prieure. L’émouvante interprétation de Régine Crespin dans cet instant fondateur de la vie du Carmel
Orchestre National de France, Chœur du Théâtre des Champs-Élysées, DirectionJérémie Rhorer, Mise en scène Olivier Py, 2018 Acte II, Troisième tableau, Le Chevalier de la Force (Stanislas de Barbeyrac) tente de convaincre sa sœur Blanche (Patricia Petibon) de quitter le Carmel
Orchestre et Chœur du Teatro alla Scala de Milan, Direction Ricardo Muti, Mise en scène Robert Carsen, 2004
Acte III, Quatrième tableau, Puissance dramatique du « Salve Regina »
OPÉRA DE TOULON – Saison « hors les murs » Concerts symphoniques
Palais Neptune, Toulon
Jeu 19 mars 2026 à 20h1re Cat 29€ / 2e Cat 15€ / 3e Cat 5€
-30 ans 1re Cat 16€ / 2e Cat 9€ / 3e Cat 5€Jardin d’enfants
Orchestre de l’Opéra de Toulon
DirectionVictorien Vanoosten – Violon Svetlin RoussevAlbert RousselLe Festin de l’araignée, Op. 17
Ernest ChaussonPoème pour violon et orchestre, Op. 25
Maurice RavelTzigane – Ma mère l’Oye (version 1912)
La métamorphose de la laideur de la Bête en Prince au cœur de Ma Mère l’Oye est, pour l’initié du monde de l’enfance Maurice Ravel, la porte d’entrée d’un jardin qui nous transporte au ciel. Sur terre, son Tzigane, même aux relents du pastiche, dit la stature inquiétante et charmeuse du personnage qui fascine les enfants… qui sont à la bonne hauteur pour le micro-cosmos où l’araignée de Roussel tisse sa toile. Pour son Poème, débarrassé d’un premier argument littéraire, Chausson nous joue le tour de l’improvisation pour mieux envoûter l’auditeur.
Durée du spectacle : 1h40 (entracte Compris)
Jeudi 12 Mars, Vendredi 13 Mars à 19h Samedi 14 Mars 2026 à 18h -PORTRAIT DE FAMILLE-une histoire des Atrides de Jean-François Sivadier , Le Liberté: Toulon.
Le Liberté
Jeu 12 mars 2026 19h
Ven 13 mars 2026 19h
Sam 14 mars 2026 18h-tarif adhérent: 20 €uros -moins de 30 ans: 15 €uros -moins de 18 ans: 10 €uros
Texte et mise en scène Jean-François Sivadier
Collaboration artistique Rachid Zanouda
Avec une partie de la promotion 2023 du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique – PSL :Cindy Almeida de Brito, Walid Caïd, Elena El Ghaoui, Rodolphe Fichera, Marine Gramond, Mohamed Guerbi, Olek Guillaume, Olivia Jubin, Sébastien Lefebvre, Manon Leguay, Arthur Louis-Calixte, Aristote Luyindula, Alexandre Patlajean et Marcel Yildiz
Lumière et régie lumière Jean-Jacques Beaudouin
Scénographie Étudiant·es en 4ème année à l’École des Arts Décoratifs de Paris : Xavi Ambroise, Martin Huot et Violette Rivière
Costumes Valérie Montagu
Son, régie générale et régie son Jean-Louis Imbert
Régie plateau Marion Le Roy
Habillage Yann Pagès
Administration et diffusion François Le Pillouer
Texte publié aux éditions Solitaires Intempestifs
Coproduction Théâtre et Auditorium de Poitiers, scène nationale / L’Azimut, Antony – Châtenay-Malabry
En partenariat avec le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique – PSL et l’École des Arts Décoratifs – Paris
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
Avant-premières au Théâtre du Conservatoire du 16 au 20 décembre 2023
Le spectacle a été créé à la Cité européenne du théâtre – Domaine d’O – Montpellier | Printemps des Comédiens 31 mai au 2 juin 2024
La compagnie Italienne avec Orchestre est soutenue par le ministère de la Culture / Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France, au titre de l’aide aux compagnies
Portrait de famille une histoire des AtridesJean-François Sivadier
Au plateau, quatorze jeunes talents incarnent les membres de la lignée des Atrides qui ne font jamais dans la dentelle. « Œil pour œil. Sang pour sang ». Tous les coups sont permis. Pour cette troupe, la mythologie grecque est une matière inépuisable, essentielle. Dans un rare plaisir de jeu, Jean-François Sivadier et les comédien·nes font de cette épopée un grand moment de théâtre tragi-comique.
« Une » histoire c’est-à-dire notre version. Celle que nous réinventons aujourd’hui, comme une suite de variations inspirées des textes d’Euripide, d’Eschyle, de Sophocle, de Racine, de Sénèque… La matière considérable et proprement délirante qu’offre la mythologie grecque est l’occasion d’un théâtre à géométrie variable, où, dans l’éternel affrontement des hommes et des Dieux, se confondent le fantastique, le politique, l’intime et l’universel, le plausible et l’invraisemblable…
Portrait de famille se propose de traverser l’histoire épique et tragi-comique d’une famille d’enfer, celle des Atrides, qui pour laver son linge sale, ne fait jamais dans le détail : « œil pour œil. Sang pour sang ». Entre les crimes passés et les crimes à venir, dans un monde dominé par un Olympe surpeuplé de divinités, toujours prêtes à exiger un sacrifice pour relancer la machine, chaque protagoniste s’avance sur scène dans l’angoisse d’être le prochain sur la liste.
Les Atrides se mènent une guerre interminable, dont chaque combattant ne cesse de redéfinir l’origine, en déclinant, jusqu’à l’absurde, le syndrome du « c’est pas moi qui ai commencé ». Sacrifices humains, infanticides, viols, incestes, trahisons, cannibalisme, tous les coups sont permis.
Portrait de famille est un matériau taillé sur mesure pour une équipe de quatorze jeunes acteurs et actrices, un chantier chaotique qui revisite avec ludisme, un catalogue de contes pour adultes qui n’en finit pas de s’écrire, comme un tableau éternellement recommencé et à jamais inachevé.
Jean-François Sivadier, décembre 2023De Thyeste à Électre, une plongée dans la mythologie grecque
Temple de ToulonMardi 10 mars 202620h
26€ / -30 ans 17€En partenariat avec le festival Mars en baroque et dans le cadre d’un projet pédagogique avec le lycée Bonaparte« Pierre Gaultier et la naissance de l’opéra en Provence »
Se souvient-on que c’est en 1685 que Pierre Gaultier obtint de Lully la permission de créer le premier opéra de province, « Le Triomphe de la Paix » ? À partir de cette date, l’opéra deviendra une institution marseillaise, centre de la vie musicale et culturelle de toute une région
En l’articulant sur des œuvres instrumentales de Gaultier, Concerto Soave a construit un programme autour de l’opéra français à la fin du XVIIème et au début du XVIIIème siècle. Lully y est évidemment présent, mais aussi Campra et Mouret, immenses compositeurs d’opéras nés dans notre région.
Pierre Gautier (1642-1696) Air
Jean-Baptiste Lully (1632-1687) Alceste tragédie mise en musique : Acte I, scène 4, Céphise et Straton : « Dans ce beau jour »
Pierre Gautier Chaconne
*****
Pierre Gautier Ouverture / Sarabande
Jean-Baptiste Lully : Alceste tragédie mise en musique : Acte II, scène 1, Céphise et Straton : « Alceste ne vient point »
Pierre Gautier Bourrée / Fantaisie
*****
Pierre Gautier Ouverture
Jean-Baptiste Lully Alceste tragédie mise en musique : Acte II, scène 8, Alceste et Admete : « Je meurs, charmante Alceste »
Pierre Gautier Sommeil / Passacaille
*****
Jean Joseph Mouret (1682-1738) La Provençale, entrée (extraits) : Ritournelle, Récit,
Air « Mer paisible », Entrée pour les Matelots, Aria « E ben folle chi non ama », Tambourin, Choeur « Jeune beauté »
*****
André Campra (1660-1744) Les Festes Vénitiennes, Ballet en musique /
Les Sérénades et les Joueurs (extraits) : Air « Les voiles de la Nuit », Cantate « Suivez-moi, venez tous », Marche, Chœur des joueurs « Fortune, tu nous favorises »
OPÉRA DE TOULON – Saison « hors les murs » SOIRÉES LYRIQUESLe Liberté, ToulonMer 4 mars 2026 20h
Ven 6 mars 2026 20h
Dim 8 mars 2026 14h30
1reCat 71€ / 2eCat 35€
3eCat 9€
-30 ans
1reCat 39€ / 2eCat 20€
3eCat 5€
Le Barbier de SévilleOpéra bouffe en deux actes de Gioachino Rossini
Livret de Cesare Sterbini d’après Beaumarchais
Adaptation pour ensemble de chambre
Des marionnettes pour des couleurs bariolées du théâtre de fête foraine
Orchestre & Chœurs de l’Opéra de Toulon
Direction Hélio Vida – Mise en scèneNikolaus Habjan
D’après Il barbiere di Siviglia de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais
Opéra bouffe en deux actes de Gioachino Rossini
Direction musicale Hélio Vida
Mise en scène Nikolaus Habjan
Avec Ronan Caillet (Le Comte Almaviva), Josef Jeongmeen Ahn (Figaro), Juliette Mey (Rosina), Diego Savini (Bartolo), Antoine Foulon (Basilio), Inna Fedorii (Berta), Giacomo Nanni (Florello) et l’Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon
Décors Jakob Brossmann
Costumes Denise Heschl
Lumières Vassilios Chassapakis
Marionnettes Manuela Linshalm
Dramaturgie Meret Kündig
Production Hessisches Staatstheater Wiesbaden
Création de la production au Theater Basel
« Chers amis, Jean François Principiano avait réalisé cette rencontre virtuelle en 2020. Si le reconfinement n’est heureusement plus d’actualité, le climat d’inquétude est toujours bien présent et nous espérons que cette nouvelle lecture éclaire votre journée. » Elya Weismann.
RENCONTRE VIRTUELLE DE 2020, PAR JEAN FRANCOIS PRINCIPIANO
Dans cette période de reconfinement et ce climat d’inquiétude, il nous a semblé bon qu’Opéravenir propose une œuvre aux confins de la joie de vivre, du bonheur musical et de la légèreté tourbillonnante. Le Barbier de Séville de Rossini Le bonheur en Musique
« Monsieur Rossini faites-nous toujours des Barbier de Séville ! » L.V Beethoven
Un compositeur de 23 ans !
Gioacchino Rossini (1792-1868) alors âgé de vingt-trois ans à peine, commence à gagner en notoriété à travers toute l’Italie en composant opéras buffa et opéras seria. Avec ses partitions La Scala di seta (L’échelle de soie), Tancrède ou encore L’Italienne à Alger il engrange les succès. Pourtant c’est avec Le Barbier de Séville en 1816 (Il Barbiere di Siviglia), son dix-septième opéra qu’il gagnera l’immortalité.
La comédie de Beaumarchais avait déjà fait l’objet de plusieurs adaptations à l’opéra, parmi lesquelles la plus récente et la plus populaire était celle de Paisiello, suscitant une certaine attente du public pour comparer les deux ouvrages.
Une création problématique
Lors de la création à Rome, un grand nombre de rivaux de Rossini interrompent de manière intempestive le spectacle, déjà perturbé par un enchaînement d’incidents impliquant les chanteurs sur scène (un chat noir qui traverse la scène, la guitare du Comte Almaviva qui perd une corde, Figaro qui rate son entrée sous les fous rires du public…) Bref, dès la fin du premier acte l’opéra est sanctionné par les cris et les sifflets, c’est un fiasco !
La deuxième représentation connaît un accueil beaucoup plus favorable, et l’opéra gagne en popularité au fil des représentations jusqu’à devenir le plus grand succès du jeune compositeur italien.
Une comédie brillante de Beaumarchais (1732-1799)
La comédie de Beaumarchais créée en 1775, Le Barbier de Séville, fait la satire d’une société établie sur les privilèges de naissance. A Séville, au XVIIIe siècle le joyeux barbier Figaro aide le Comte Almaviva à conquérir la belle Rosine. Mais Rosine, qui n’est pas restée indifférente aux sérénades de son mystérieux soupirant, est jalousement gardée par le vieux Docteur Bartholo, qui compte bien, aidé du sinistre Don Basilio, épouser sa pupille au plus vite…
Que faire pour contrer les projets du vieux barbon ? Figaro n’est pas à court d’idées. Toutefois la première tentative échoue, et le Comte Almaviva, déguisé en « Lindor », un étudiant sans le sou, repartira penaud de la demeure de Bartholo ; la seconde escapade, elle, réussira, et au terme d’échanges de billets, de déguisements et de situations abracadabrantesques savamment réglées, l’amour de la belle Rosine et du Comte Almaviva, enfin rendu à sa véritable identité, finira par triompher.
Le Livret de l’opéra
Rossini compose l’opéra sur un livret en deux actes de Cesare Sterbini (1784-1831) qui édulcore un peu la critique sociale d’une société basée sur les privilèges de la noblesse. Par contre, il permet au compositeur, par son efficacité théâtrale, de développer son sens du comique en musique.
Acte 1 1er tableau : Un coin de rue à Séville. Le jeune comte Almaviva (ténor léger rossinien) est tombé amoureux de Rosina (mezzo-soprano coloratura), la pupille du docteur Bartolo (baryton basse) qui la séquestre et veut l’épouser. Sous le nom de Lindoro, il donne des sérénades à Rosina. Mais voici qu’il rencontre Figaro (baryton), qui était autrefois à son service et s’est finalement établi comme barbier à Séville. Par bonheur, Figaro a ses entrées chez Bartolo. Son esprit inventif cherche un moyen d’introduire le jeune comte Almaviva auprès de Rosina.
2ème tableau : Dans les appartements du docteur Bartolo. Rosina, qui répond à l’amour de Lindoro (Almaviva), lui écrit une lettre et la remet à Figaro. Un fourbe, don Basilio (basse), maître à chanter de Rosina, révèle à Bartolo les projets d’Almaviva. Lindoro, déguisé en soldat, se présente chez Bartolo et parvient à glisser une lettre à Rosina. Mais Bartolo s’en aperçoit. Il exige de voir la lettre, mais Rosina feint l’indignation et parle de s’enfuir, sur quoi Bartolo va fermer la porte. Mettant à profit cet instant d’inattention, elle retourne la situation et se joue de Bartolo en comédienne accomplie. L’acte se termine sur un crescendo endiablé (Guarda un po Bartolo)
Acte 2 1er tableau : chez Bartolo Le comte Almaviva se présente sous un nouveau déguisement, celui d’un élève de Basilio qui serait malade et l’aurait chargé de le remplacer pour la leçon de musique de Rosina.
Pendant la leçon de musique, les jeunes gens tentent d’échapper quelques instants à la surveillance du tuteur pendant qu’il se fait raser par Figaro. Coup de théâtre, Basilio arrive ! Figaro lui annonce qu’il a la fièvre scarlatine et qu’il doit immédiatement aller se coucher. C’est le maître en fourberie et en calomnie qui joue alors le rôle du ridicule, et le spectateur est ravi de voir son ahurissement croissant. Mais, en définitive, Bartolo est berné plus encore que Basilio. Le comte parvient à glisser un billet de rendez-vous à Rosina.
2ème tableau : Devant la Porte d’entrée de la maison de Bartolo. Figaro et le comte se sont introduits dans la maison grâce à la clé dérobée. Rosina repousse le comte, mais celui-ci n’a pas de mal, en dévoilant son identité, à la convaincre. Ils se préparent à s’enfuir discrètement.
Requis pour le contrat de mariage, Basilio et le notaire arrivent et produisent le document que signent Rosina… et Almaviva bien sûr ! Un pistolet et un bijou de prix convainquent Basilio d’accepter d’être témoin. Et Bartolo ne peut que s’incliner, et constater l’inutilité de ses précautions. L’inutile precauzione est d’ailleurs le sous-titre de l’œuvre.
Aisance, limpidité et insolence Le Barbier de Séville de Gioacchino Rossini cumule plusieurs records : composé en deux semaines, il est l’œuvre d’un compositeur de vingt-trois ans, qui en est déjà à son dix-septième opéra ! Et toute la musique jaillit là avec une aisance et une limpidité qui laissent pantois. Sérénades, duos et ensembles éclaboussent la comédie de leurs éblouissantes vocalises et des subtilités sonores de la langue italienne.
Pour autant, le génie de Rossini tient à l’art enivrant du crescendo, habile à faire monter la tension, jusqu’à ce que le public soit gagné par une euphorie trépidante.
D’ailleurs, l’ouverture de l’opéra suscite immédiatement la surprise : un tutti nous prévient que le spectacle commence, puis une délicieuse mélodie prend le relais, et de modulations en modulations enfle jusqu’au paroxysme. Ainsi, derrière le rire et les tempi qui s’emballent, c’est toute l’insolence de la pièce de Beaumarchais que Rossini transpose dans l’univers musical de l’Opéra Buffa.Le sens de l’œuvre
Il y a dans cette œuvre des effets de comique de caractère et des scènes qui vont bien au-delà des stéréotypes du genre et qui la rapprochent des ambitions de l’ « opera seria », ne serait-ce qu’en raison de l’approfondissement psychologique des personnages qui prennent une véritable dimension humaine archétypique.
Bartolo n’est pas seulement un ridicule barbon libidineux mais un homme âgé tourmenté par les affres du désir ; Rosine fait montre de revendications plus nobles que celles des habituelles jeunes amoureuses dans son air (Una voce poco fa) ou pointe une critique déjà affirmée de la condition féminine de son temps ; Basilio dans son air de la Calomnie (La calunnia è une venticello) souligne un des travers les plus communs de la société et Figaro (Largo al factotum) est davantage qu’un valet rusé qui monnaie ses services mais le représentant d’une classe nouvelle émergente, le « self made men » de la petite bourgeoisie entreprenante . Il faut sans doute y voir l’influence bénéfique du texte de Beaumarchais qui donna à Rossini la possibilité de mettre toute son invention musicale au service de personnages que le public connaissait déjà sous forme de stéréotypes dans la Commedia dell’arte.
Plus profondément, certains penseurs ont développé au sujet de cette œuvre l’idée stendhalienne du syndrome de la légèreté. Kierkegaard, Husserl, Heidegger et Nietzsche ont détaillé cette pensée existentialiste que l’on peut résumer ainsi : la légèreté et le sourire dévoilent davantage que l’analyse rhétorique et abstraite. Ils ont repris le mot de Husserl « La vérité de l’existence est à la surface du réel ».
En effet, nous sommes nos apparences, notre vie se perçoit existentiellement à travers nos actes et nos postures. Elle n’est perceptible que par ce que l’on montre. Il y aurait donc plus de vérité dans une comédie de mœurs réussie que dans un traité savant et sérieux. Par exemple pour Nietzsche Le Barbier de Séville de Rossini ou Carmen de Bizet sont plus « vrais » que Parsifalde Wagner…
En fait, Almaviva, Figaro et Rosine subirent plus d’une métamorphose au gré de leurs apparitions au théâtre ou à l’opéra que ce soit chez Beaumarchais, Mozart, Paisiello et bien d’autres. Mais seul Rossini sut insuffler à ses personnages une vie musicale dont la contagieuse allégresse leur permettrait de briller au firmament du théâtre lyrique en dépit du temps et des modes (et des mises en scène).
L’opéra complet, en audio (Représentation de 1955 à l’Opéra-Comique de l’opéra de Rossini inspiré de la pièce de Beaumarchais. Le livret est traduit en français par Castil Blaze. Jacques Jansen tient le rôle-titre, Renée Doria celui de Rosine. Jean Fournet dirige l’orchestre.)
Callas Gobi duo Rosine Figaro
Maria Callas & Tito Gobbi: Rossini – Il barbiere di Siviglia, ‘Dunque Io Son’
Maria Callas, Commendatore OMRI (Greek: Μαρία Κάλλας) (December 2, 1923 — September 16, 1977) was an American-born Greek soprano and one of the most renowned opera singers of the 20th century. She combined an impressive bel canto technique, a wide-ranging voice and great dramatic gifts. An extremely versatile singer, her repertoire …
D’éclat de rire en crescendonous vous souhaitons un confinement molto allegro, avec tout le bonheur appassionatissimo, et les plus grandes émotions tenerissime !
Le Barbier de Séville de Rossini par Olivier Braux,
Conseiller culturel de l’assocation des Amis du Festival d’Aix en Provence
Sous-titré La précaution inutile, parce que rien ne vaut contre les stratagèmes de l’intrigant Figaro – le cerveau le plus astucieux depuis Ulysse ! -, ce sommet inégalé de l’opera buffa est une grenade dégoupillée contre l’égoïsme et la misogynie et porte haut le triomphe de la jeunesse et de l’amour. Version pour orchestre de chambre et marionnettesAir de La Calomnie par Ruggero Raimondi – dir Claudio Abbado
Air de la calomnie en français par Thierry Le Luron
« Chers amis, Jean François Principiano avait réalisé cette rencontre virtuelle en 2020. Si le reconfinement n’est heureusement plus d’actualité, le climat d’inquétude est toujours bien présent et nous espérons que cette nouvelle lecture éclaire votre journée. » Elya Weismann.
RENCONTRE VIRTUELLE DE 2020, PAR JEAN FRANCOIS PRINCIPIANO
Dans cette période de reconfinement et ce climat d’inquiétude, il nous a semblé bon qu’Opéravenir propose une œuvre aux confins de la joie de vivre, du bonheur musical et de la légèreté tourbillonnante. Le Barbier de Séville de Rossini Le bonheur en Musique
« Monsieur Rossini faites-nous toujours des Barbier de Séville ! » L.V Beethoven
Un compositeur de 23 ans !
Gioacchino Rossini (1792-1868) alors âgé de vingt-trois ans à peine, commence à gagner en notoriété à travers toute l’Italie en composant opéras buffa et opéras seria. Avec ses partitions La Scala di seta (L’échelle de soie), Tancrède ou encore L’Italienne à Alger il engrange les succès. Pourtant c’est avec Le Barbier de Séville en 1816 (Il Barbiere di Siviglia), son dix-septième opéra qu’il gagnera l’immortalité.
La comédie de Beaumarchais avait déjà fait l’objet de plusieurs adaptations à l’opéra, parmi lesquelles la plus récente et la plus populaire était celle de Paisiello, suscitant une certaine attente du public pour comparer les deux ouvrages.
Une création problématique
Lors de la création à Rome, un grand nombre de rivaux de Rossini interrompent de manière intempestive le spectacle, déjà perturbé par un enchaînement d’incidents impliquant les chanteurs sur scène (un chat noir qui traverse la scène, la guitare du Comte Almaviva qui perd une corde, Figaro qui rate son entrée sous les fous rires du public…) Bref, dès la fin du premier acte l’opéra est sanctionné par les cris et les sifflets, c’est un fiasco !
La deuxième représentation connaît un accueil beaucoup plus favorable, et l’opéra gagne en popularité au fil des représentations jusqu’à devenir le plus grand succès du jeune compositeur italien.
Une comédie brillante de Beaumarchais (1732-1799)